Départementales : le Front national en forte progression

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L'Hôtel du Département de l'Hérault
L'Hôtel du Département de l'Hérault (Crédits : Edouard Hannoteaux)
Au terme du 1er tour des départementales, le 22 mars, le PS semble résister mieux que prévu dans certains sondages, alors que le FN enregistre un de ses meilleurs scores au plan national. Le parti de Marine Le Pen passe la barre des 30 %, voire des 40 % dans l'Hérault.

Hérault : forte poussée du FN, mais le PS résiste bien

C'est dans l'Hérault, département dominé par la gauche depuis 1945, que le FN enregistre l'une de ses plus fortes percées sur le plan national. Il passe la barre des 40 % sur les cantons de Lunel (41,1 %), Frontignan (40,9 %), Cazouls-les-Béziers (41 %) et surtout à Béziers (46,8 %), par le biais des candidats présentés par Robert Ménard. Il la frôle aussi à Agde (39,8 %). Il crée la surprise à Sète, avec 31,5 % face au Front de Gauche à 25,3 %, alors que la droite est éliminée. Avec près de 32 % dans l'Hérault, le parti de Marine Le Pen devance le PS (16,7 %). Il peut se maintenir dans 20 des 25 cantons que compte le département. Le PS résiste bien et termine notamment en tête sur les deux cantons le plus riches en communes : Saint-Pons, à 31,8 % (contre 29 % au FN), et Lodève, à 36,3 % (FN : 29 %). À Montpellier, la gauche se présentait très divisée, suite au divorce entre Philippe Saurel et la Fédération PS de l'Hérault. Les candidats présentés par le maire de la Ville s'imposent dans quatre des cinq cantons, alors que le PS n'arrive en tête que sur le 2e canton, grâce à Michael Delafosse. La gauche est, à l'échelon départemental, en position de se maintenir dans plus de 20 cantons. L'union de la droite termine à moins de 13 %.

Pyrénées Orientales : le Front national vire en tête
 
Avec plus de 31,4 % des suffrages exprimés sur l'ensemble des 17 cantons des Pyrénées-Orientales, le FN arrive en tête du premier tour des élections départementales. Le parti de Marine Le Pen fait presque carton plein, pouvant se maintenir dans 16 cantons, et réalisant notamment une forte poussée sur ceux de Perpignan. Le FN arrive en tête 7 cantons  parmi lesquels la Côte Vermeille (29,2 %), Plaine d'Illibéris (32,2 %) ou encore Perpignan 5 (35,6%). La majorité de gauche sortante héritière de Christian Bourquin, emmenée par la socialiste Hermeline Malherbe, a recueilli 24,1% des voix et se maintient dans 12 cantons. Elle est talonnée par l'union de droite (23,6%) du maire UMP de Prades, Jean Castex qui se maintient également dans 12 cantons. Sept triangulaires auront lieu au second tour, dans un contexte qui voit la majorité PS sortante tenir mieux le choc que prévu. L'UMP ne voit que son leader Jean Castex en ballotage favorable, à 42,7 % dans les Pyrénées Catalanes. Le taux de participation a été de 55,72 %.

Gard : pole position pour le FN avec 35,54 % des voix

23 cantons, 46 conseillers départementaux à élire, 99 binômes listés. Dans le Gard, historiquement ancré à gauche et actuellement dirigé par le socialiste Jean Denat* (33 conseillers contre 13 à droite), le scrutin s'annonçait épineux, avec une gauche divisée dans quasiment tous les cantons, une droite unie (UMP-UDI) ambitieuse, et un Front National conquérant qui a présenté des candidats dans les 23 cantons et a affiché des ambitions sur les cantons de Beaucaire, Nîmes 2, Roquemaure et Marguerittes. L'histoire des scrutins a déjà prouvé que le parti pouvait faire de belles percées : Charles de Chambrun, député en 1986 puis premier maire FN de France à Saint-Gilles en 1989, Gilbert Collard élu député Rassemblement Bleu Marine en 2012, et Julien Sanchez élu maire de Beaucaire en 2014. Le Gard est aussi le seul département à avoir placé Marine Le Pen en tête du 1er tour de la Présidentielle en 2012 (25,51 %). En 2014, les Européennes s'étaient soldées par un taux de 32,88 % pour la liste « Bleu Marine ». « Nous sommes en capacité de remporter le département », a clamé en campagne Yoann Gillet, 27 ans, secrétaire départemental du FN dans le Gard, candidat avec Viviane Tisseur sur le canton de Marguerittes. Le 1er tour place le FN en 1ère position, avec 35,54 % des voix, suivi de l'Union de la Droite (22,20 %), le PS (9,32 %), les Divers Gauche (9 %), le Parti communiste (7,11 %), l'Union de la Gauche (6,45 %), le Front de Gauche (4,66 %), les Divers Droite (2,39 %), Divers (1,61 %), Debout la France (1,09 %) et EELV (0,62 %). Les seuls élus du 1er tour sont Patrick Malavieille et Isabelle Fardoux-Jouve (Parti communiste) sur le canton de La Grand-Combe, avec 53,03 % des voix devant le FN (29,27 %). Le FN, arrivé en tête sur 13 cantons, se maintient dans les 22 cantons du 2nd tour. La gauche dans 14. À Vauvert, canton-test emblématique puisque c'est celui de Jean Denat, le candidat sortant (30,82 %) se retrouvera au 2nd tour en ballotage avec le FN (42,69 %). À Marguerittes, Yoann Gillet et Viviane Tisseur sont arrivés en tête (42,48 %) et affronteront le binôme Divers Droite (22,78 %). À Nîmes, l'Union de la Droite est en 1ère position sur 3 cantons. Le 2nd tour comptera xix triangulaires : Alès 1, Le Vigan, Nîmes 2, Rousson, Saint-Gilles et Uzès. « Le FN est une imposture, il n'a pas de programme pour le territoire, a commenté Jean Denat. Demain, les électeurs auront le choix entre l'expérience et l'illusion... Il faut barrer la route au Front National. »
 
* Élu en octobre 2014, suite au décès de Christian Bourquin, président du Conseil régional Languedoc-Roussillon, et à l'élection de Damien Alary à sa succession.

Aude : le FN dans tous les cantons au second tour

L'Aude, qui battait le record de participation nationale dimanche midi avec 27,84 % de votes (contre 18 % en France), reste fief socialiste (32,13 % des voix). Mais l'hégémonie est moindre, contrariée par l'arrivée en force de l'extrême droite qui avec 33,66 % des voix, est présente dans 18 cantons sur les 19 que compte désormais ce département. En dehors de Bram, remporté dès le premier tour par le président socialiste du département, André Viola, candidat à sa réélection (50,9 % des voix avec Marie-Christine Bourrel), l'équilibre des forces est incertain sur le département avec 12 duels PS/FN attendus, un duel UMP/FN à Sigean et des triangulaires sur les deux principales villes du département, détenues par la droite : principalement à Carcassonne 1 (FN 31,8%/UMP 30,5%/PS 26,1%), Carcassonne 2 (FN 34,6%/PS 32%/DVD 23,8%) Narbonne 2 (FN 30,94%/DVD 29,42%/PS27,99%) et Narbonne 3 (PS 30%/FN 29,9%/DVD 27,4%).

Une possible exception lozérienne ?

Au terme d'une soirée électorale difficile pour la majorité présidentielle, la Lozère offre cette curiosité : le département pourrait être un des rares à basculer à gauche. Les candidats divers droite arrivent en tête avec 35,2 %, suivis par le Front de Gauche (16,7 %) et les divers gauche (12,1 %). À la faveur d'une dynamique positive (un FN très bas à 11 %, et un des plus forts taux de participation, à plus de 66 %) et par le jeu des triangulaires, la gauche pourrait faire la différence. La Lozère enregistre deux binômes élus dès le 1er tour, sur le canton de Collet-de-Dèze pour le Front de Gauche-EELV (72,7 %) et à Aumont-Aubrac pour les divers droite (72,7 %). Le président UMP sortant, Jean-Pierre Pourquier, arrive en tête sur le canton de la Canourgue (42,6 %), face au Modem (27,2 %) et s'en tire plutôt bien. Le député Pierre Morel à L'Huissier (UMP) semble en ballotage moins favorable, arrivé deuxième (32,4 %) face aux divers gauche (35,1 %) sur le canton de Chirac.

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Commentaires
a écrit le 24/03/2015 à 9:17 :
Merci pour cet article qui présente une analyse statistique complète et objective. En ce sens, vous continuez à remplir votre mission d'information. Ce n'est nullement le cas de votre principal Confrère "le grand quotidien régional". Il importe en effet peu d'afficher des jugements de valeurs. Chacun est libre de juger et d'apprécier. Les citoyens ne sont pas des imbéciles. Un grand merci également pour votre engagement au service de l'économie régionale. Vos Conférences sont toujours exceptionnellement motivantes. Les plateaux en sont complets et équilibrés. C'est en nous rassemblant que nous répondrons aux challenges qui nous attendent.
a écrit le 23/03/2015 à 10:49 :
Les partis ne représentent plus personne , leurs consignes ne sont plus suivies . Il y a trop de groupuscules inaudibles: EELV , F. D. G. , "frondeurs" , Modem , UDI . Chez les "clas-
siques " on est toujours dans le scrutin d'après . Alors , dans toutes les consultations ( hors présidentielle ) , les abstentionnistes sont vainqueurs , avec accessoirement le FN .

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