Régionales 2015 : Louis Aliot s’impose en tête du 1er tour

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La participation s'affiche en légère hausse, à 52,2 %
La participation s'affiche en légère hausse, à 52,2 % (Crédits : DR)
Avec plus de 32 % des voix en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, Louis Aliot contribue à la forte poussée du FN au plan national lors de ces élections régionales, même si Carole Delga (PS) reste bien placée pour le 2nd tour. Dominique Reynié (LR) et Philippe Saurel (CdM) encaissent des scores sévères.

Au terme du 1er tour des élections régionales, le Front National finit en tête dans six régions, et le doit en partie à son vice-président et candidat en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, Louis Aliot, qui termine largement en pole position avec 32,4 % des voix. La tête de liste PS-PRG, Carole Delga, s'inscrit à rebours d'une soirée difficile pour son parti au plan national, avec 24,1 % des voix, alors que Dominique Reynié (LR) et Philippe Saurel (Citoyens du Midi) réalisent des scores très en deçà de leurs espérances, respectivement à 18,7 % et 4,9 %.

La dichotomie L-R/M-P

Profitant d'une dynamique positive déjà observée lors des élections départementales de mars dernier - malgré le grand chelem finalement réalisé par le PS -, le FN confirme son implantation et sa progression dans des départements tels que les Pyrénées-Orientales (41,7 %), l'Aude (37 %), l'Hérault (35,9 %) ou le Gard (40,6 %), avec une pointe à près de 60 % dans la commune de Beaucaire. Louis Aliot obtient même des scores inattendus en Midi-Pyrénées (35,6 % dans le Tarn-et-Garonne, 30,8 % dans le Tarn).

« Il faut que, rassemblés au-delà de nos appartenances politiques, nous transformions l'essai au 2nd tour, déclare-t-il. Battre le PS est possible, même salutaire pour l'avenir de notre jeunesse. Je dis aux électeurs : ne gaspillez pas votre voix avec un autre candidat. Nous sommes la seule alternance, la seule chance de changer la politique. »

Pour sa part, Carole Delga profite de la dichotomie assez nette qui se manifeste lors de ce 1er tour : si le Languedoc-Roussillon s'affiche comme une terre de plus en plus « frontiste », le Midi-Pyrénées semble confirmer son ancrage historique à gauche, pour une bonne part, et constitue un matelas de voix suffisant pour que la candidate PS atteigne 24,1 %. En effet, Carole Delga fait nettement mieux que sa moyenne régionale sur des territoires tels que les Hautes-Pyrénées (32,3 %), le Gers (30,2 %), l'Ariège (31,3 %) ou le Lot (31,7 %), mais ne s'impose sur aucun département languedocien. Les reports des voix de gauche, sur l'ensemble de la nouvelle région, lui semblent néanmoins favorables en vue de la victoire au 2nd tour.

« Les résultats nationaux démontrent que le populisme gagne du terrain, car son terreau, c'est la peur, le malheur, souligne-t-elle. Je le dis ce soir avec gravité : l'extrême droite à la tête de notre Languedoc Roussillon Midi Pyrénées serait un immense gâchis et une insulte à notre Histoire. Ma première responsabilité est d'appeler et de réaliser au rassemblement le plus large. Je m'y engage solennellement. Ma deuxième responsabilité, et j'en suis bien consciente, sera de mener, une fois élue présidente, une politique nouvelle tant dans ses pratiques au quotidien que dans son action et dans sa vision. »

Le sort de Dominique Reynié en suspens ?

Dominique Reynié, qui promettait lors de la campagne qu'il serait roue dans roue avec Louis Aliot, ne réalise que 18,7 %, ne finissant en tête qu'en Lozère (27,1 %) et sur sa terre natale, en Aveyron (30,5 %). Il fait moins bien que ses rivaux du FN ou du PS partout ailleurs en Midi-Pyrénées. Visiblement déçu lors de sa prise de parole dans la soirée, le politologue a assuré qu'il suivrait les consignes données par Nicolas Sarkozy, président de Les Républicains, et maintiendrait sa liste au 2nd tour, sans fusionner avec celles de gauche, ou se désister en leur faveur.

« Ce soir, une nouvelle élection commence, affirme-t-il. J'aborde avec détermination et confiance la semaine qui vient. Je mènerai ce combat pour nos familles, pour nos entrepreneurs, pour nos agriculteurs, pour toutes celles et ceux qui travaillent et qui se heurtent à des obstacles de plus en plus nombreux. Nous allons redoubler d'effort et de courage pour aller à la victoire dimanche prochain afin de bâtir ensemble une région prospère, généreuse, forte et fière. »

Néanmoins, tard dans la soirée, l'ex-ministre et conseiller politique de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, indiquait que la question du maintien de la liste Reynié serait abordée lors du bureau politique de Les Républicains prévu lundi 7 décembre. Certaines voix à droite et au centre, notamment celles de l'UDI, poussent déjà pour son retrait au regard du front républicain mis en place par le PS et ses alliés en PACA, en Picardie/Nord Pas-de-Calais et, depuis lundi 7 décembre au matin, dans le Grand Est.

Saurel et Onesta amers

Désireux de prolonger la dynamique citoyenne qui l'avait conduit à la victoire lors élections municipales de mars 2014 à Montpellier, Philippe Saurel (CdM) doit constater, avec seulement 4,9 %, que sa démarche a cette fois-ci rencontré peu d'écho, notamment en Midi-Pyrénées où il est laminé. Avec un score de 17,3 %, il est même nettement devancé sur le territoire de la Métropole (hors Montpellier) par Louis Aliot (31,9 %). Philippe Saurel sauve toutefois les meubles dans sa ville, où il s'impose avec 24 %. Tout en se félicitant de ce dernier score (« L'équipe municipale est renforcée sur Montpellier avec le score de la liste Citoyens du Midi »), Philippe Saurel a regretté que les petites listes aient eu du mal à s'exprimer dans les médias à la suite des attentats du 13 novembre à Paris.

Arrivé en 4e position avec 10 %, et jouissant donc de la possibilité de se maintenir au 2nd tour, Gérard Onesta (EELV-FG) semble néanmoins favorable, comme il l'avait laissé entendre au cours de la campagne, à un rapprochement, sous condition, avec Carole Delga.

« Notre pays est en ruine, s'alarme-t-il. Il faut s'interroger sur ce qui fait le lit du FN. Oui à une alliance au 2nd tour qui respecte nos électeurs : proportionnelle. Nous avons montré la voie car nous sommes les seuls en position de nous maintenir. »

Une participation en légère hausse

Le reste des dépouillements font apparaître les scores de 1,7 % pour Christophe Cavard (Le Bien Commun), de 0,7 % pour Yvan Hirimiris (UPR), et 0,7 % pour Gilles Fabre (Nouvelle Donne).

La participation dans la nouvelle région s'élève à 52,2 %, en légère hausse par rapport aux élections régionales de 2010 en Languedoc-Roussillon (49,7 %), et en Midi-Pyrénées (51,7 %).

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Commentaires
a écrit le 10/12/2015 à 18:19 :
Tient c'est bizarre, trois jours avant les élections, le gasoil diminue à la pompe. Peut-être que la Turquie, nous a envoyé du pétrole, que poutine surveillait, surtout que ce ne soit pas du pétrole, venant de ces voyous, qui font peur. Au monde civilisé, aujourd'hui il ne faut plus s'étonner de rien. Du moment que c'est de l'argent. Cela va payer peut-être, Certaines campagnes électorales. Qu’on ne sait pas,
a écrit le 08/12/2015 à 15:37 :
"le populisme gagne du terrain, car son terreau, c'est la peur, le malheur..." Comment ne pas voir que le peuple a besoin de liberté pour entreprendre et rejette le socialisme rampant et peureux qui instaure l'état d'urgence. Plus encore il rejette ces élites politiciennes et aveugles qui travaillent depuis trente ans dans le court terme et l'urgence au mépris idéologique des intérêts élémentaires de la France.

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