Montpellier : André Deljarry se positionne en vue des municipales

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André Deljarry, aux côtés de Mohamed Afennich, nouveau directeur général de la CCI Hérault
André Deljarry, aux côtés de Mohamed Afennich, nouveau directeur général de la CCI Hérault (Crédits : Anthony Rey)
Candidat potentiel aux élections municipales de mars 2020 à Montpellier, André Deljarry, président de la CCI Hérault, refuse de confirmer les rumeurs mais révèle qu'il s'est inscrit, le 18 juin, sur les listes électorales de Montpellier après être resté inscrit 34 ans à Juvignac. Déterminé à peser sur l'échéance, il indique qu'il finalise le dossier d'un fonds de revitalisation du commerce de centre-ville avec le maire Philippe Saurel, après l'impact économique de la crise des gilets jaunes.

Après 34 ans d'inscription sur les listes électorales de Juvignac (34), André Deljarry, président de la CCI Hérault, révèle qu'il vient de s'inscrire, au matin du 18 juin, sur celles de Montpellier. Le prélude à une éventuelle candidature aux élections municipales de mars 2020, comme le dit de longue date la rumeur à son sujet ? S'il ne confirme pas sa décision - "mais je l'ai prise", indique-t-il aussitôt -, André Deljarry entend de toute évidence prendre la tête d'une forte initiative venue du monde économique en vue de cette échéance.

"J'ai de gros dossiers en cours à Montpellier, dont la future Montpellier Business School, et je tiens à être un acteur de ma cité. Les entrepreneurs doivent tous être acteurs de leur histoire économique. A ceux qui se plaignent souvent, je réponds : "Si vous voulez exister économiquement à Montpellier, votez à Montpellier". Les entrepreneurs doivent pouvoir voter pour un projet et pouvoir l'amender. Moi, je me suis mis au cœur du réacteur. Mais si on me demande si je suis candidat, ma réponse est non. Pour le moment, chacun doit rester à sa place, et je ne suis qu'à mi-mandat de ma présidence à la CCI Hérault."

L'ombre de Mohed Altrad

Ce qui n'empêche pas André Deljarry de lister les thèmes qui devraient, selon lui,  ponctuer la prochaine campagne électorale - l'accessibilité de Montpellier, la propreté, l'investissement pour l'activité économique - ou certains dossiers précis, comme son projet de Cité de l'automobile (visant à regrouper certains concessionnaires installés et à venir), en stand-by faute d'accord trouvé avec la Métropole et la Ville de Lattes (34). "C'est un excellent projet de campagne électorale", rajoute André Deljarry.

La prise de position d'André Deljarry évoque la démarche d'un autre chef d'entreprise : Mohed Altrad, président du groupe industriel éponyme, auquel la rumeur prête aussi la volonté de se présenter aux municipales 2020. Alors que ce dernier devrait annoncer ses intentions à la mi-septembre, André Deljarry précise qu'il en tiendra compte, sans dire comment. Dans tous les cas, les deux hommes se parlent : le président de la CCI Hérault indique qu'il a été le premier décideur économique entendu par Les Montpelliérains, le think-tank créé et présidé par Mohed Altrad, qui rassemble des analyses "pour faire de Montpellier une métropole de nouveau plus forte et attractive".

"Je ne dépends ni de Mohed Altrad, ni de personne. Ce que je peux dire, c'est qu'il ne pourra pas y avoir deux candidats issus du monde économique", estime André Deljarry, qui rajoute : "La CCI Hérault est l'acteur économique majeur de ce territoire, et nous comptons peser sur les élections municipales à venir".

300 000 € débloqués pour le commerce de centre-ville ?

Il y a au moins un dossier sur lequel André Deljarry semble s'entendre avec Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de la Métropole (toujours pas candidat à ce jour) : la création d'un fonds de revitalisation du commerce de centre-ville, visant à compenser l'impact économique de la crise des gilets jaunes.

Dans une lettre ouverte à Philippe Saurel publiée le 21 mai, Patrick Vignal, député (LREM) de l'Hérault (et candidat aux municipales), s'était ému que la Ville de Montpellier n'ait pas sollicité, dans les temps impartis (avant la date du 31 mars), le fonds d'urgence mis en place par le ministère de l'Economie sur ce sujet, à la différence de 34 autres villes. Philippe Saurel avait riposté en indiquant n'avoir été saisi d'aucun projet en ce sens par la CCI Hérault, comme l'exigeait selon lui la procédure ("Je lui ai fait neuf courriers à ce sujet", glisse André Deljarry).

De l'eau ayant visiblement coulé sous les ponts, la CCI Hérault et la Ville de Montpellier sont en passe de finaliser, lors d'une réunion prévue jeudi 19 juin, le dossier que Philippe Saurel veut déposer en personne au ministère. André Deljarry espère que le fonds de revitalisation activé pour Montpellier s'élèvera à 300 000 €. Sur ce montant, la CCI donnera 114 000 €, la Chambre des métiers de l'Hérault de 16 000 à 20 000 €, tandis que Philippe Saurel devrait aller largement au-delà du montant prévu pour une commune et une intercommunalité (10 % chacune), en prévoyant de débloquer, toujours selon André Deljarry, "de 1 à 1,5 million d'euros".

A noter que le fonds se compose de financements pour des "animations" destinées à stimuler le commerce de centre-ville, et non pas d'aides directes aux commerçants eux-mêmes. Il pourrait s'agir, notamment, de trois mois de parking gratuit ou d'un dégrèvement des droits des terrasses de la même durée.

Mais le dossier sera-t-il accepté ? "C'est un dossier de rattrapage car nous avons dépassé la date limite de dépôt, mais nous nous appuyons sur les dégradations qui ont continué à Montpellier au-delà de cette date, le 1er mai et le 15 juin par exemple. La ville a cette particularité d'avoir été touchée dès le début d'année 2019, pendant 30 semaines, avec des pertes de chiffres d'affaires de 40 % en moyenne, pouvant monter à 60 % certains samedis. Nous comptons insister là dessus, et d'après nos réunions préparatoires avec le cabinet de Bruno Le Maire (ministre de l'Economie, ndlr), nous devrions être entendus", espère André Deljarry.

Le détail de ce dossier de candidature sera dévoilé par Philippe Saurel ce vendredi 20 juin.

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Commentaires
a écrit le 21/06/2019 à 18:38 :
Après "nid d'espions au Caire", voilà "nid de "frangins" à Montpellier" avec André Deljarry dans le rôle de Jean Dujardin. Propriétaire lui même de très nombreuses surfaces commerciales sur la ville on peut être sûr que notre "grand orientaliste" fera tout pour limiter l'extension des nouvelles enseignes. Quand à notre ami Mohad (contraction de Mohamed) Altrad, il devra se méfier de ces vautours aux visages avenants et aux discours faussement rassembleurs.
a écrit le 20/06/2019 à 5:58 :
Jeux de mains, jeux de "frangins". Montpellier n'en sortira pas...
Réponse de le 20/06/2019 à 14:20 :
Tout à fait d'accord avec vous... Ça promet s'il est élu !

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