Montpellier 2020 : les confessions de Delafosse, un binôme à EELV, une tête de liste au RN

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Michaël Delafosse (PS) joue la transparence à fond dans le cadre des municipales
Michaël Delafosse (PS) joue la transparence à fond dans le cadre des municipales (Crédits : Cécile Chaigneau)
Alors que notre sondage exclusif BVA-La Tribune, paru le 20 septembre, électrise la campagne des municipales 2020 à Montpellier, les candidats officiels et les partis en lice affinent leur stratégie : Michaël Delafosse (PS) joue la carte de l'absolue transparence, un binôme Ollier/Reynaud se forme chez EELV, et le Rassemblement National choisit sa tête de liste.
  • Michaël Delafosse joue l'absolue transparence

Il pousse l'exercice de la transparence et de la probité jusqu'à son paroxysme : le 19 septembre, Michaël Delafosse, candidat socialiste aux élections municipales de Montpellier, a présenté à la presse son casier judiciaire (vierge), l'état de son patrimoine, ses déclarations de revenus, et même son bilan de santé. « Nous sommes dans un contexte qui impose des changements, souligne-t-il en préambule. La défiance des citoyens s'accroit. J'entends être un candidat et un maire qui ne dépend de rien ni de personne, un homme libre. La démocratie n'est forte que s'il existe de la confiance entre ceux qui aspirent à prendre en main le destin d'une ville et les citoyens... Je crois à la loi, à la règle, et je n'aime pas beaucoup les stéréotypes, il n'y a pas les Latins d'un côté et les Scandinaves de l'autre. Mais je préfère une démocratie qui fonctionne à la suédoise. »

Michaël Delafosse évoque ainsi son âge (42 ans), sa situation personnelle (marié), ou encore la maison qu'il a achetée avec son épouse et le niveau de leur épargne. Sur ses revenus, le candidat indique qu'en 2018, il a perçu 21 628 € au titre de professeur de collège, 31 463 € d'indemnités en qualité d'élu au Conseil départemental de l'Hérault (délégué aux finances et aux marchés publics), et 2 298 € pour son mandat de conseiller (dans l'opposition) à la Ville de Montpellier. Les informations qu'il délivre seront également mises en ligne sur son site internet de campagne, précise-t-il, ajoutant qu'il exigera « la même transparence de la part de chacun de ses colistiers ». « Je dois aussi une transparence sur ma santé, ajoute le candidat. Je n'ai ni addiction, ni problème de santé. »

Interrogé sur l'absence de revendication d'un parti (en l'occurrence le PS) dans sa candidature, Michaël Delafosse répond : « Tout le monde sait que je suis comme un homme de gauche, je ne me perds plus dans la conjecture des étiquettes ! Je veux être jugé sur mes idées et mon projet « La gauche qui rassemble ». Attachons-nous aux idées, pas aux étiquettes. Les discussions sur les appareils et les Politburo, ça n'intéresse plus personne ! ». Le candidat promet un programme pour bientôt, vraisemblablement en fin d'année. Pour l'heure, il a formalisé une idée forte, celle de la gratuité des transports en commun pour les habitants de la métropole : « Je veux que sur ce sujet, on parle de Dunkerque (qui a instauré la gratuité des transports en octobre 2018, NDLR) et de Montpellier ! ».

  • EELV : Clothilde Ollier et Manu Reynaud font alliance

Europe Écologie-Les Verts (EELV) a tenu un point presse express, le 20 septembre, alors que paraît notre sondage exclusif BVA-La Tribune qui place le parti écologiste au coude-à-coude avec Philippe Saurel dans les intentions de vote. "Les écologistes arrivent en tête de ce sondage alors que le nom de notre futur candidat n'est pas connu, c'est bien la preuve que l'écologie est au coeur des préoccupations des gens. C'est une lame de fond. Aujourd'hui, le match c'est clairement "les écologistes ou Philippe Saurel", assure Manu Reynaud, porte-parole d'EELV.

Ce dernier annonce que le parti écologiste organisera sa primaire le 13 ou 14 octobre prochains, pour désigner son candidat tête de liste et présenter son programme. Il inaugurera un processus inédit : tout Montpelliérain(e) inscrit(e) sur les listes électorales qui se sera aussi inscrit(e) sur le site de campagne d'EELV Montpellier pourra y participer. Côté candidats à l'investiture, pourront concourir ceux qui recueilleront de 50 à 100 parrainages de personnes pouvant voter.

Manu Reynaud, qui était candidat à l'investiture jusqu'ici, en profite pour annoncer, dans le cadre de ces primaires, la formation d'un binôme avec la future ex-maire de Murles (34), Clothilde Ollier. En cas de victoire, celle-ci confirme qu'elle sera bien tête de liste pour le fauteuil de maire (mais refuse d'évoquer la Métropole). Première maire de l'Hérault à avoir déposé, le 3 septembre, un arrêté en préfecture pour interdire les pesticides, Clothilde Ollier déclare : "Ce sondage montre que qu'il n'est plus possible de faire de l'écologie à petits pas, avec 100 m de pistes cyclables quand on fait 23 km d'autoroute. Il faut y aller à fond. Je ne suis contre personne, je suis pour l'écologie. Tout le monde voit ce qui se passe, tout le monde a ressenti le record de température de 45° cet été. C'est une responsabilité que l'on porte tous, d'où ce binôme, ce travail d'équipe".

Dans notre sondage, Manu Reynaud est crédité d'un taux de notoriété de 8 % (Clothilde Ollier n'a pas pu être testée au vu de la période d'enquête terrain). Autre candidat à l'investiture EELV et ex-candidat aux municipales, Jean-Louis Roumégas est connu, pour sa part, de 47 % des sondés. Ce dernier n'a pas participé à ce point presse mais, selon Manu Reynaud, a accepté le principe de cette primaire.

  • Olaf Rokvam désigné tête de liste du Rassemblement National

Le Rassemblement National (RN) a dévoilé, le 20 septembre, 18 candidats pour le département de l'Hérault. À Montpellier, c'est Olaf Rokvam, courtier en crédit immobilier installé dans la ville depuis 2014, qui a été choisi comme tête de liste. Interrogé en amont de cette conférence de presse, ce dernier indique : "Avec 12,8 % de chômage contre 10,7 % en France, il nous faut une dynamique économique plus forte. Aucune nouvelle industrie ne s'est installée ici dans les cinq dernières années. Il est bon d'attirer les étudiants et les seniors, mais il faut se soucier d'abord de convaincre plus d'entreprises". Parmi ses propositions : la création d'une Cité des vins, "qui n'existe toujours pas alors que nous sommes une des premières régions viticoles". À noter que le sigle et le nom du RN n'apparaîtront sur aucune profession de foi, dans une logique d'ouverture politique qu'endosse Olaf Rokvam : "Si l'on n'est pas à l'écoute, on n'arrivera à rien. Ce qu'il faut à une Métropole, c'est plus d'écoute, c'est une capacité à déléguer un peu plus, y compris dans le champs laissé à l'opposition". À Béziers, le RN a confirmé qu'il ne présentera pas de candidat face au maire sortant, Robert Ménard.

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