Municipales à Montpellier : EELV prive Clothilde Ollier de son investiture

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(Crédits : Anthony REY)
Le bureau exécutif d'Europe Écologie Les Verts a décidé, le 18 janvier, de retirer provisoirement l'investiture accordée à Clothilde Ollier pour les municipales de Montpellier. Une nouvelle stratégie électorale doit être définie lors d'une assemblée générale prévue sous peu.

Mise à jour du 19 janvier, à 12h30 : Le secrétaire national d'EELV, Julien Bayou, apporte sur Twitter des précisions sur la décision du bureau exécutif, qu'il préside, de retirer son investiture à Clothilde Ollier : cible d'une défiance grandissante au sein du groupe d'animation montpelliérain, celle-ci aurait fait l'objet d'une demande de "destitution" qui devait être examinée le 2 février. Le bureau exécutif, avant cette date, est intervenu dans une mission de médiation pour faire infléchir Clothilde Ollier quant à ses options de campagne. "Les demandes n'étaient pas énormes : partager la direction de campagne avec des écologistes, remettre candidat-es et propositions écologistes en avant. Même cela n'a pas été accepté. La décision unanime est donc le retrait du soutien d'EELV à Clothilde Ollier", écrit-il.

S'il ne ferme pas la porte à la poursuite d'une candidature de Clothilde Ollier (hors EELV, selon toute hypothèse), Julien Bayou se montre sévère à son encontre : "Une ambition individuelle ne peut s'affranchir du collectif. Et encore moins aujourd'hui qu'hier, nous ne pouvons soutenir des candidat-es qui nous décrédibiliseraient. C'est aussi un message envoyé aux électeurs et électrices : il ne s'agit pas de gagner des élections à n'importe quel prix. Il s'agit de transformer nos villes. C'est un message essentiel sur l'éthique et le respect du collectif".

Article d'origine paru le 19 janvier, à 10h15 : Coup de théâtre dans la campagne des élections municipales à Montpellier : Clothilde Ollier a été déchue provisoirement de son investiture EELV, . Celle-ci ne peut plus "utiliser le logo sur son matériel de campagne municipale, ni se prévaloir du soutien d'EELV dans le cadre de la campagne, ni s'exprimer au nom d'EELV", selon le communiqué diffusé après le bureau exécutif tenu le 18 janvier.

Plusieurs motifs pourraient expliquer cette décision, mais le principal est que la stratégie électorale arrêtée par Clothilde Ollier était de plus en plus contestée en interne : la candidate avait opté pour une ligne très à gauche en s'alliant avec le collectif Confluence, un groupe de sympathisants et d'élus de La France Insoumise constitué autour de la députée Muriel Ressiguier, candidate aux municipales de Montpellier en 2014. Cette stratégie était notamment contestée, selon certaines sources, par Manu Reynaud, directeur de campagne de Clothilde Ollier, débarqué de ce poste et remplacé, le 13 janvier, par l'universitaire Jean-Yves Dormagen.

Les bons sondages de Clothilde Ollier n'auront donc pas pesé dans la décision du bureau politique d'EELV : après un premier sondage, publié en septembre 2019 par La Tribune, et donnant la tête de liste écologiste entre 21 et 23 % d'intentions de vote au 1er tour, devant le maire sortant Philippe Saurel dans une hypothèse testée, Clothile Ollier avait enchaîné les bons scores dans les enquêtes d'opinion suivantes. Dans le dernier sondage en date (commandé par EELV), publié le 16 janvier, elle était créditée de 19 % d'intentions de vote au 1er tour, toujours devant Philippe Saurel (18 %).

Selon le communiqué d'EELV, il revient désormais au groupe d'animation de Montpellier, assisté par le bureau exécutif régional du parti écologiste, de définir une nouvelle stratégie électorale. S'il est décidé de choisir une nouvelle tête de liste, Manu Reynaud aurait la préférence des instances nationales, d'après une source contactée par La Tribune.

Reste aussi à déterminer comment ces péripéties impacteront les chances d'EELV de l'emporter : Montpellier figure, avec Bordeaux ou Rouen, parmi les grandes villes susceptibles de voir la victoire d'un candidat écologiste le 22 mars. Or le parti est désormais très divisé localement. Clothilde Ollier, qui n'a pas encore réagi à la décision du bureau politique, peut se prévaloir d'avoir remporté la primaire citoyenne organisée à Montpellier le 12 octobre 2019. Par ailleurs, l'ex-député et ex-candidat écologiste aux municipales de 2008, Jean-Louis Roumégas, conteste depuis le début la désignation de Clothilde Ollier et s'est aussi lancé dans la campagne des municipales depuis le mois de décembre.

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