Municipales à Montpellier : le Grand Oral zoome sur les programmes des candidats

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Les participants au Grand Oral : M. Delafosse, A. Larue, A. Doulain, M. Altrad, C. Mantion et P. Vignal
Les participants au Grand Oral : M. Delafosse, A. Larue, A. Doulain, M. Altrad, C. Mantion et P. Vignal (Crédits : Anthony Rey)
Le Grand Oral des Municipales de Montpellier, coorganisé par Voies Civiles, viàOccitanie et La Tribune, a réuni, le 25 février, six des candidats en lice. Face à 200 décideurs, ils ont passé en revue leurs propositions en matière d'attractivité, de transition écologique, ou encore de gouvernance.

Plus de 200 participants ont répondu à l'invitation de Voies Civiles, de viàOccitanie et de La Tribune pour le Grand Oral des Municipales de Montpellier, le 25 février au Domaine de Verchant. Animé par Olivier Roirand (viàOccitanie) et Jean-Claude Gallo (La Tribune), le débat a réuni sept des candidats en lice : Mohed Altrad (sans étiquette), Michael Delafosse (PS-PCF-PRG), Alenka Doulain (collectif Nous Sommes-LFI), Alex Larue (LR-UDI), Coralie Mantion (EELV), Olaf Rokvam (RN) et Patrick Vignal (LREM-Modem).

Philippe Saurel, qui a indiqué qu'il ne participera à aucun débat avant le 1er tour, n'était donc pas présent. Pour protester contre cette absence du maire sortant, Olaf Rokvam a choisi de quitter le Grand Oral dès l'entame du débat.

Les questions du foncier et de la fiscalité à la loupe

Après un mot d'introduction de Christophe Carniel, président du think tank Voies Civiles, la première séquence consacrée à l'attractivité du territoire s'est ouverte sur le sujet du foncier d'entreprise. Les candidats ont multiplié les propositions : "investir d'abord sur la sécurité et l'accessibilité pour améliorer l'attractivité du commerce de centre-ville" (Alex Larue), "stopper les projets surdimensionnés comme Ode à la Mer et miser sur un commerce de centre-ville à échelle humaine" (Coralie Mantion), "positionner les ZAC comme Pagezy dans l'Écusson pour redynamiser les quartiers, quitte à faire plus de bureaux et moins de logements" (Michael Delafosse), "favoriser les circuits courts - des commerces intenses en emplois - pour lutter contre la congestion urbaine liée à la consommation" (Alenka Doulain), "mieux traiter la question de l'attractivité, qui appartient aux sujets qui n'ont pas été réfléchis par le maire sortant" (Mohed Altrad), ou encore "sortir de la politique de ZAC voulue par Georges Frêche, qui pousse la ville vers la mer, en réenchantant le centre-ville, où il faut réimplanter des commerces et du logement" (Patrick Vignal).

Deuxième facteur d'attractivité, la fiscalité a aussi animé les débats, notamment autour de la cotisation foncière des entreprises (CFE) qui, à 36,58 %, est jugée par tous les candidats comme un frein à l'activité. Mohed Altrad veut "peupler la ville en industries vertes, commerces et services sur la base d'une incitation fiscale très forte autour de la CFE", Michael Delafosse prône "la stabilité fiscale, ce qui suppose une capacité à choisir entre les projets et à dire comment on va financer", Alenka Doulain milite "pour protéger le pouvoir d'achat des ménages, et pour actionner les budgets européens et toutes les aides existantes, ce qui a manqué dans ce mandat faute de vision", Coralie Mantion veut "supprimer les gaspillages liés au manque de coordination entre les collectivités, comme entre la Ville et le Département qui multiplient les théâtres", Alex Larue réclame de "mettre en place une meilleure gestion des finances publiques à travers une meilleure gestion du patrimoine municipal notamment", tandis que Patrick Vignal, à défaut de changer la CFE, veut "la création d'une agence économique, sportive et culturelle, dirigée par un entrepreneur chargé de vendre la ville à l'international, en coordination avec la Région".

"En terme de transition écologique, il faut arrêter de bétonner et d'artificialiser les sols. Il faut au contraire maintenir des ceintures vertes pour lutter contre les îlots de chaleur, et végétaliser en créant par exemple une forêt urbaine dans le quartier Cambacérès. Le réensauvagement de la ville est nécessaire quand on sait que 50 % des espèces animales ont disparu en 40 ans", note Coralie Mantion.

"Ce n'est pas en plantant des arbres qu'on mettra la ville à l'ombre. Certes, je proposerai de faire du parc de Montcalm le bois de Montcalm, mais pour qu'il y ait une réalité écologique, il faut d'abord une réalité économique et sociale. Si on relance l'économie, en soutenant l'apprentissage ou le développement d'une nouvelle culture entrepreneuriale, on relancera une dynamique écologique", estime Patrick Vignal.

"Comment va-t-on arroser tous ces arbres ? Où se situent les véritables urgences en matière d'écologie ? Je propose de lutter par exemple contre les taux de fuite dans nos réseaux d'eau, trop vétustes, de collecter les eaux de pluie, ou encore de trouver des revêtements pour la ville qui laisseront passer l'eau", imagine Alex Larue.

Vers une gouvernance plus participative ?

Point saillant de ces débats dans une ville en forte croissance démographique, la mobilité et les transports nourrissent aussi la réflexion des candidats. Avec quelles solutions ? "Finir le Contournement ouest de Montpellier, afin de sortir les 35 % de voitures qui n'ont rien à y faire, et travailler ensuite à recoutûrer la ville" (Patrick Vignal), "faire un plan d'urgence pour la vélo avec des voies express, créer des lignes de bus pour les ZAC encore mal desservies, de sorte à améliorer la qualité de vie des salariés" (Alenka Doulain), "faire de ce mandat celui de l'investissement sur les infrastructures de transport, avec cette proposition de rupture - la gratuité des transports en commun -, qui offrira une alternative à la voiture et redonnera du pouvoir d'achat" (Michael Delafosse), "donner à la ville le plan de circulation qu'elle n'a jamais eu, mais aussi trouver un modèle économique et social autre que celui où 75 000 voitures rentrent dans Montpellier tous les jours" (Mohed Altrad), "refaire le plan de mobilité afin de sortir du trafic de transit et développer une offre alternative à la voiture en investissement 100 M€ en six ans" (Coralie Mantion), "résoudre le problème de financement du Contournement ouest de Montpellier, en proposant par exemple une extension de six mois à Vinci" (Alex Larue), ou encore "faire un effort d'investissement sur le vélo et les bornes électriques, en gardant en tête ce principe de bon sens qui est que la gratuité de l'un est l'impôt de l'autre" (Patrick Vignal).

Dans quelle mesure les chefs d'entreprise et les acteurs économiques pourront-ils être associés à ces projets ? La nécessité d'ouvrir la gouvernance de la Métropole est un objectif largement partagé par les candidats, mais selon divers degrés d'appréciation : "mon projet d'agence économique sera autonome", assure Patrick Vignal ; "la transition écologique ne doit pas être punitive pour les entreprises, qui en seront un rouage intégral", rassure Coralie Mantion ; "les guichets pour recevoir les entreprises à la Région, au Département et à la Métropole sont trop nombreux, aussi faut-il résoudre ces problèmes concrets avant toute chose", préconise Mohed Altrad ; "nous devons mettre en oeuvre une politique d'expérimentation en coopération avec les entreprises : en les aidant à développer du made in Montpellier, nous pourrons ensuite exporter ce savoir-faire", ambitionne Michael Delafosse ; "il existe un grand nombre de structures et d'incubateurs, si bien que ce dispositif doit être plus lisible pour les entreprises", juge Alenka Doulain ; "on doit coopérer avec les organisations patronales et les fonds d'investissement pour aider nos pépites locales à grandir au-delà des 50 salariés, en s'appuyant sur l'expérience des investisseurs locaux eux-mêmes", rajoute Alex Larue.

"Nous vivons dans un contexte de grande défiance vis à vis des élites. Nous devons miser sur la démocratie de proximité à travers des comités de quartier, qui auront des mandats clairs pour gérer leurs budgets. Il faut aussi améliorer le dialogue entre la ville et les associations, à travers notamment une plate-forme associative pour favoriser la location de salles", analyse Alenka Doulain.

"La gouvernance doit être assise sur quelque chose de concret sinon la déception qui en découle peut être destructrice. Pour gouverner, il faut donc d'abord faire le tri entre les projets, pour déterminer ce qui est possible et finançable. Ici le maire doit rassembler tout le spectre des forces sociales dans la ville, car il aura besoin de toutes les bonnes volontés pour faire ce travail de vérité", prévient Mohed Altrad.

"Il faut stopper la gouvernance autocratique qui a traversé tout ce mandat, sans régler les problèmes, et créant des difficultés aux PME suspectées de sympathie pour la Région. Les politiques publiques doivent se construire avec une nouvelle méthode : définir les lieux stratégiques, mobiliser les entreprises et les associations, et ensuite trancher. De même, dans toutes les instances comme la Serm, ACM ou les offices du tourisme, nous ferons entrer des personnalités expérimentées pour éclairer la prise de décision", conclut Michael Delafosse.

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