Elections départementales (1/2) : quels enjeux pour le Gard, l’Hérault et la Lozère ?

ELECTIONS DEPARTEMENTALES (1/2) - Les 20 et 27 juin prochain, les Français éliront (également) leurs conseillers départementaux pour les sept prochaines années. Dans le Gard, l'Hérault et la Lozère, les socialistes ont la main mise sur les Conseil départementaux. Vont-ils se maintenir dans cette nouvelle élection face à un Rassemblement National de plus en plus offensif et une droite qui maintient ces ambitions ?

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Les élections départementales se dérouleront en même temps que les élections régionales, les 20 et 27 juin 2021.
Les élections départementales se dérouleront en même temps que les élections régionales, les 20 et 27 juin 2021. (Crédits : DR)

Hérault

Kléber Mesquida (PS) candidat pour un second mandat, le Rassemblement National en ordre de bataille pour le détrôner

Pour rester président du Département de l'Hérault, le socialiste Kléber Mesquida devra d'abord se faire réélire conseiller départemental et garder sa majorité de gauche (de 38 conseillers actuellement sur les 50 sièges de l'assemblée). Il se présente sur son canton historique de Saint-Pons-de-Thomières, dans l'ouest Hérault. Ce canton, 24ème sur les 25 que compte le département, est le plus vaste, avec 35.000 habitants.

Solidement ancré à gauche, le canton verra s'affronter le 20 juin prochain trois listes, dont celle portée par Kléber Mesquida avec Marie-Pierre Pons, son actuelle vice-présidente. Élu depuis vingt-sept ans, Kléber Mesquida, 76 ans, entend bien faire un nouveau mandat à la tête du département.

Son élection, et dans l'hypothèse où la présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, serait elle aussi réélue, viendrait entériner le triptyque socialiste à l'œuvre dans l'Hérault, complété par le président de la Métropole de Montpellier, Michaël Delafosse.

Des ambitions fortes pour la majorité de gauche, qui pourraient être contrariées par les candidats du Rassemblement National. Le parti présente en effet des binômes dans 22 cantons, les trois autres (Béziers-1, Béziers-2 et Béziers-3) étant couverts par des candidats soutenus par le maire de Béziers, Robert Ménard.

« Nous devons nous mobiliser contre l'extrême-droite. Les amis de M. Ménard sont très organisés et mobilisés pour cette élection. Il faut parler projets, mais aussi, bien identifier qui nous ne voulons pas voir gagner », avait déclaré Michaël Delafosse lors de la présentation des candidats de la majorité départementale de gauche, le 7 mai dernier.

Ces candidats, issus d'un « large spectre de la droite », sont décidés à profiter d'une
« conjoncture favorable », selon Bruno Lerognon, délégué départemental du parti de Marine Le Pen. L'objectif est donc de faire mieux qu'en 2015, où les élections avaient permis à six candidats FN d'entrer à l'assemblée départementale.

Lozère

Vers un 2e mandat pour la socialiste Sophie Pantel ?

Département historiquement acquis à la droite, la Lozère élisait une présidente de Département de gauche pour la première fois de son histoire en 2015... Pour ces élections 2021, Sophie Pantel entend renouveler l'exploit et met en avant son bilan dans une interview avec France 3 régions.

« Si je me représente, c'est parce qu'avec mon équipe, nous avons une vraie ambition pour la Lozère, déclare-t-elle. Nous voulons travailler en priorité sur le bien-vivre ensemble, la jeunesse et l'anticipation des changements environnementaux. »

La Lozérienne se présente sur le canton de Saint-Etienne-du-Valdonnez, 13e et dernier canton du département. Elle sera face à la liste RN menée par Danièle Michallet et Jean-François Pardigon, seul binôme d'extrême-droite à se lancer sur le département.

Mais sur les terres de Jacques Blanc, ancien président de la Région Languedoc-Roussillon et homme fort de la droite sur le territoire, la gauche gagne petit à petit du terrain avec l'élection de Sophie Pantel en 2015, mais aussi celle de Laurent Suau, maire de Mende depuis 2016.

Les récents déboires juridiques de Pierre Morel-à-l'Huissier, député UDI de la Lozère, ont aussi terni l'image de la droite.

Sept binômes issus d'une union Divers Droite, LR et UDI se lancent quand même dans la course, espérant faire élire le plus de représentants possible dans cette assemblée de 25 sièges.

A noter que Sophie Pantel est assurée de voir ses soutiens Robert Aigoin et Michèle Manoa réélus dans le canton de Collet-de-Dèze, où ils sont le seul binôme en lice.

Gard

Une union de la gauche pour faire face à la percée de l'extrême-droite

Sur le Gard, la majorité de gauche avait été conservée de justesse aux élections départementales de 2015 (avec une avance de deux sièges sur une assemblée de 46). Pour 2021, elle a initié une inédite union de dix mouvements de gauche, réunis pour faire à nouveau gagner la majorité. Si elle y parvient, l'assemblée départementale pourrait bien réélire à sa tête Françoise Laurent-Perrigot, élue en novembre dernier suite à la démission de Denis Bouad.

La majorité présente donc des binômes d'union dans 22 cantons du Gard, mais ne parvient pas à concrétiser cet accord dans le canton de Quissac. Il s'agit ironiquement de celui où se présente la présidente sortante, Françoise Laurent-Perrigot. Le point d'achoppement ? La candidature de son binôme, Olivier Gaillard, maire de Sauve et surtout ex-député LREM (il a démissionné en 2020). Sur ce canton, la France Insoumise s'oppose à la présence de cet ex-membre du parti présidentiel et présente une liste concurrente.

Cette union sacrée permettra-t-elle tout de même à la majorité de conserver sa courte avance, face à la droite et à un RN déterminé ? Le parti de Marine Le Pen avait d'ailleurs envoyé quatre conseillers à l'assemblée sur les dernières départementales, élus sur les cantons de Beaucaire et de Vauvert. Pour le 20 juin prochain, le porte-parole local et maire de Beaucaire Julien Sanchez, est optimiste : les candidats RN présents sur les 23 cantons peuvent faire basculer l'élection.

« Nous avons une bonne implantation et beaucoup de cantons avec entre 40 et 50 % des voix », déclare-t-il à Objectif Gard.

Quant à l'union de la droite et du centre, elle ne présente pas de candidats sur quatre cantons (Bagnols, Quissac, Rousson et Le Vigan) et se sépare en deux listes concurrentes sur le canton de Nîmes-1.

Retrouvez ici le 1e volet sur les élections départementales et les enjeux dans les départements des Pyrénées-Orientales et de l'Aude.

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