Régionales : en Occitanie, Pradié (LR) se pose en rassembleur des anti-Delga

Le candidat (LR) sera le troisième homme sur la ligne de départ du second tour des élections régionales en Occitanie, avec Carole Delga (PS) et Jean-Paul Garraud (RN). Pour tenter de s'imposer face à ce duo, Aurélien Pradié veut notamment récupérer les électeurs de LREM et EELV, mais pas que. Il compte également sur un retour à la raison des électeurs de son adversaire RN. Les détails.

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Aurélien Pradié (Les Républicains) se pose en candidat du rassemblement pour tenter de peser dans ce second tour des élections régionales en Occitanie.
Aurélien Pradié (Les Républicains) se pose en candidat du rassemblement pour tenter de peser dans ce second tour des élections régionales en Occitanie. (Crédits : Rémi Benoit)

"Je suis député de droite dans un département de gauche (le Lot, ndlr)". Les résultats définitifs du premier tour des élections régionales en Occitanie démontrent que c'est d'ailleurs le seul département où la socialiste Carole Delga n'est pas arrivée en tête, dimanche 20 juin...

Pour mémoire, au premier tour, Aurélien Pradié s'est qualifié avec un score de 12,19% des suffrages. A contrario, seule liste à avoir rassemblé davantage d'électeurs qu'en 2015, Carole Delga est arrivée en tête avec 39,57%. Entre les deux, les électeurs ont placé Jean-Paul Garraud (RN) avec 22,61% des voix.

Désormais, Aurélien Pradié veut étendre cette performance lotoise sur toute l'Occitanie et se rêve ainsi en président de droite dans une région de gauche. Pour espérer un tel destin, la stratégie du candidat qualifié dans une triangulaire face à la présidente sortante et Jean-Paul Garraud (RN) est déjà déterminée.

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"Je dois être le candidat du rassemblement. Je lance dès lors aujourd'hui un appel aux électeurs dont le candidat a été éliminé au premier tour, quel que soit son appartenance politique. Nous devons nous rassembler pour proposer un chemin alternatif crédible au monopole socialiste dans cette région, l'une des plus difficiles pour la droite et le centre", lance Aurélien Pradié.

Ainsi, son appel s'adresse en partie aux électeurs d'Antoine Maurice (EELV), qui n'ont su s'entendre avec Carole Delga malgré leurs 8,84% des suffrages exprimés lors du premier tour.

"Carole Delga se voit comme la reine d'Occitanie et estime n'avoir à discuter avec qui que ce soit. Je laisse aux électeurs d'Antoine Maurice cette attitude méprisante", justifie le candidat qui veut également récupérer l'électorat de Vincent Terrail-Novès (majorité présidentielle - LREM) dans cet entre-deux tours.

Celui-ci n'a pas souhaité donner de consigne de vote, déclarant simplement qu'il allait continuer à combattre les idées de l'extrême-droite. Par conséquent, Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse et président de la Métropole, s'est chargé d'émettre "un voeu" à destination des électeurs de son vice-président.

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"Je voudrais m'adresser aux électeurs de Vincent Terrail-Novès. Je souhaite que la grande famille de la droite et du centre se réunifie dans les urnes dimanche prochain, après avoir présenté deux bulletins de vote différents au premier tour. Il faut se réunir pour peser dans l'hémicycle régional durant le mandat qui s'annonce mais pour cela il faut se rassembler", a notamment déclaré l'édile toulousain, mardi 22 juin, à l'occasion d'une conférence de presse conjointe avec "son" candidat.

Une position non surprenante après la déception affichée avant le premier tour par le maire de la quatrième ville de France devant le fait que des partis qu'il avait réussi à rassembler aux élections municipales s'affrontent pour les élections régionales. Malgré ces potentiels reports de voix, côtés écologiste et Marcheurs, Jean-Luc Moudenc appelle à "regarder la vérité en face".

"Je ne crois pas qu'on puisse inverser la vapeur en Occitanie, même avec une plus grande mobilisation au second tour des élections régionales et même si j'aimerais. Carole Delga est la grande favorite de cette élection. La vraie question que nous devons tous désormais NOUS poser est si nous voulons de la diversité dans cet hémicycle ou si nous voulons laisser tous les pouvoirs à une seule personne. Pour cela, il faut se rassembler et je pense qu'entre le RN et le PS, il y a beaucoup de sensibilités à rassembler", déclare, lucide, celui qui a affronté les urnes en juin 2020, face à Antoine Maurice.

Tentative de séduction auprès des électeurs RN

Mardi après-midi, après Toulouse, le candidat LR était sur les allées Paul-Riquet à Béziers, sur les terres de Robert Ménard, pour tenter de remplir son réservoir de voix en piochant dans celles du RN...

C'est donc clairement aux électeurs du RN que le troisième homme du scrutin s'adresse, les exhortant à voter pour lui dimanche prochain 27 juin : "Je lance un appel à ceux qui ont voté RN au 1e tour : ne votez plus RN au 2e tour, il va échouer lamentablement ! Continuer à voter pour lui, c'est voter pour rien, c'est perdre sa voix. Le RN a pris une raclée au premier tour. Il a divisé son score par deux par rapport à 2015. C'est la dégringolade ! Les électeurs du RN ont ouvert les yeux et vu que le candidat n'avait aucune proposition, n'apporterait aucune solution. Ils se sont rendu compte que le RN était devenu une auberge espagnole, avec tout et n'importe quoi sur sa liste ! Ça n'inspire aucune confiance".

Le député LR du Lot, qui veut croire à « une droite républicaine » et a pris l'engagement de ne fusionner avec aucune liste entre les deux tours, se voit comme l'homme de l'alternance, martelant que "la situation de monopole est toujours mauvaise pour la démocratie" : "Dans le Lot, le RN fait moins de 10% et LREM moins de 7%, ce qui veut dire que je peux porter la parole des uns et des autres !".

S'appliquant à donner quelques garanties aux électeurs du RN, il assure qu'"il est temps de voter pour un candidat de la droite crédible : nous avons pris des engagements sur la laïcité ou sur les valeurs de la République".

Le candidat qui, rappelons-le, propose dans son programme économique la création d'un fonds souverain dédié aux entreprises de la région "capable de lever 75 millions d'euros dès la première levée de fonds" ou encore une clause carbone dans tous les marchés publics de la Région Occitanie "afin de mieux favoriser les entreprises régionales", tacle sévèrement son adversaire du RN.

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"Lors de mon dernier débat avec M. Garraud, on a parlé de santé et lui parle des vétérinaires, lâche-t-il, ironique. Les trois mois de campagne ont montré que Garraud était un très mauvais candidat ! Le soir du premier tour, sur le plateau de France 3, Robert Ménard a déclaré que le RN avait un problème et était une impasse, qu'avec Jean-Paul Garraud, on ne peut pas gagner. Il a raison ! "

Comment expliquer alors la présence de Robert Ménard à Narbonne ce mardi, aux côtés de Jean-Paul Garraud en campagne de l'entre-deux tours ? "Un moment d'égarement, probablement", répond Aurélien Pradié, un peu à court d'argument...

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