Législatives : Carole Delga et Michaël Delafosse appellent « à voter contre le RN et pour la gauche »

Les élus socialistes de la région Occitanie, Carole Delga, Michaël Delafosse et Kléber Mesquida, s’étaient opposés à l’alliance NUPES et, en Occitanie, ont soutenu 14 candidats socialistes dissidents. Le verdict de ce premier tour des élections législatives, le 12 juin, n’aura permis qu’à deux d’entre eux d’accéder au 2nd tour. Alors que le RN sera en lice pour le 2nd tour dans 20 circonscriptions de l’Occitanie, les trois élus invitent les électeurs à faire barrage à l’extrême-droite.
Cécile Chaigneau

4 mn

Législatives 2022 : Carole Delga et Michaël Delafosse appellent à faire barrage à l'extrême-droite en Occitanie, lors du 2e tour.
Législatives 2022 : Carole Delga et Michaël Delafosse appellent à faire barrage à l'extrême-droite en Occitanie, lors du 2e tour. (Crédits : DR)

En Occitanie, quatorze socialistes dissidents se sont frottés aux urnes ce dimanche, soutenus par les élus socialistes régionaux Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, ou encore Kléber Mesquida, président du Conseil départemental de l'Hérault. Fondamentalement opposés à toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon, ils avaient rejeté l'accord de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES), qui n'accordait que six circonscriptions sur 49 au PS dans l'ensemble de l'Occitanie.

Au soir du premier tour, parmi les quatorze socialistes dissidents engagés dans le scrutin, seuls David Taupiac, dans le Gers, et Laurent Panifou, dans l'Ariège, accèdent au 2nd tour en réunissant respectivement 24,15% et 21,79% des voix. Le premier affrontera Maeva Bourcier (majorité présidentielle, 19,41%) et Michel Larive (NUPES, 29,05%).

Pendant ce temps, le RN s'est positionné pour le 2nd tour dans 20 circonscriptions de l'Occitanie, auxquelles s'ajoutent la candidature favorable d'Emmanuelle Ménard (étiquetée DVD) dans l'Hérault...

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« Il faut une opposition résolue »

 « L'abstention est plus que jamais le premier parti de France : comme lors des élections locales depuis 2017, la participation est en berne, écrit Carole Delga dans un communiqué. Moins d'un électeur sur deux s'est rendu aux urnes pour choisir son député et donc, au-delà, le projet qui gouvernera la France. Ce résultat est celui du trouble, de la confusion et de l'absence d'adhésion des citoyens face aux projets politiques qui ont été proposés. »

L'élue régionale, qui est aussi la présidente des Régions de France, invite les électeur à « impérativement faire barrage aux candidats d'extrême-droite dimanche prochain en votant pour le candidat le mieux placé, quelle que soit son étiquette ». Elle ajoute « Dans les autres cas de figure, je suis une femme de gauche et comme toujours, fidèle à mon engagement constant, j'appelle clairement à voter pour les candidats de gauche contre la droite. Face aux projets injustes du Président de la République, notamment en matière de retraites, de fiscalité et d'égalité des chances, il faut une opposition résolue, et dans le même temps bâtir un nouveau projet de gauche républicaine, européenne et écologiste, sérieux et crédible ».

« Ni le slogan... ni la consigne »

 « Ni le slogan "Mélenchon Premier ministre", ni la consigne de donner une majorité au Président, n'ont mobilisé les électeurs, réagit de son côté Michaël Delafosse. Ce niveau d'abstention est inquiétant pour la démocratie. Pour autant, les députés auront à engager des textes majeurs pour les Français : protection sociale, âge de la retraite, financement des services publics, des décisions importantes sur le plan international au regard du retour de la guerre en Europe ou des enjeux climatiques. (...)

Soulignant qu' « en politique, la défense sincère et cohérente des valeurs et des convictions est ce qui nous lie à la confiance des citoyens », il indique sa position sans ambiguïté pour le second tour : « Les électeurs se sont décidés au regard des débats nationaux, en positionnant le parti de la majorité présidentielle et la NUPES dans nombre de circonscriptions, j'en prends acte. Les dernières semaines n'ont pas été suffisantes pour créer un débat sur le fond au-delà des grandes interventions nationales. J'invite à voter au second tour pour les candidats de gauche et écologistes et à voter pour les candidats du champ républicain face à l'extrême-droite ».

« La gauche doit impérativement travailler sur les idées, sur les enjeux qui concernent les Français et l'avenir du pays pour devenir une force d'alternance crédible », ajoute-t-il.

« Pas assez de temps pour convaincre »

Quant au président PS du Conseil départemental de l'Hérault, Kléber Mesquida, il déclare : « Ce résultat n'est pas à la hauteur de nos espérances. Si aucun des candidats de la majorité territoriale ne s'est qualifié au second tour, toutes les candidates et tous les candidats qui ont porté nos couleurs quel que soit leur score, ont su porter la voix des territoires dignement, avec courage sans attaque et sans combine. (...) Nous n'avons pas eu assez de temps pour convaincre et nos résultats le montrent. Pour ma part, avec d'autres partout sur le territoire national, je souhaite que nous lancions de grands états généraux pour refonder le logiciel politique d'une gauche républicaine, laïque, européenne, solidaire et écologique. (...) Pour ce second tour, comme je l'avais énoncé, j'apporterai mon soutien au cas par cas, en fonction des personnalités locales et j'appelle à ne pas donner une voix à l'extrême-droite sur toutes les circonscriptions du département ».

Cécile Chaigneau

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