Législatives : forte poussée du RN et de la NUPES sur l’ex-Languedoc-Roussillon

Le premier tour des élections législatives, le 12 juin, rebat les cartes des circonscriptions suivant une dynamique nouvelle. La Nouvelle union populaire, écologique et sociale (NUPES) confirme la percée annoncée par les sondages, et talonne la majorité présidentielle. Sur l’ex-Languedoc-Roussillon (où La République en marche avait raflé la mise en 2017), elle se positionne en tête sur sept circonscriptions. C’est cependant le Rassemblement national (RN) qui fait carton (presque) plein en montant sur la première marche de 13 circonscriptions (sans compter la 6e de l’Hérault où Emmanuelle Ménard est largement en tête).
Cécile Chaigneau

6 mn

(Crédits : Creative common)

La coalition de gauche menée par Jean-Luc Mélenchon sous la bannière de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (NUPES) a réalisé une percée spectaculaire, dimanche, au premier tour des élections législatives, lui permettant d'être au même niveau que le camp macroniste et d'espérer priver Emmanuel Macron de majorité absolue. L'abstention record n'a ainsi pas empêché la NUPES de transformer les promesses des bons sondages, qui termine à un cheveu derrière la coalition présidentielle Ensemble, à 25,66% des voix contre 25,75%. La NUPES compte quatre députés élus dès le premier tour, tandis qu'Ensemble en compte un.

Avec 18,68% des voix au niveau national, le Rassemblement national (RN) ancre lui aussi une avancée significative.

Si elles restent incertaines, les dernière projection de sièges pourraient accorder à la NUPES un contingent de 180 et 210 députés, et de 20 et 45 pour le RN qui pourrait ainsi parvenir à créer un groupe à l'Assemblée.

En Occitanie, l'ex-Languedoc-Roussillon, où La République en marche avait raflé la mise en 2017, illustre bien ces diverses dynamiques...

  • Hérault : la majorité présidentielle devancée par NUPES

Depuis 2017, sur ses neuf circonscriptions, l'Hérault comptait 7 députés La République en marche (LREM), un député France Insoumise (LFI) et un député Front National (FN). A l'issue du premier tour du scrutin législatif (taux de participation moyen : 47,7%), le 12 juin, trois députés de la majorité présidentielle sont d'ores et déjà sortis du jeu.

Ainsi, dans la 4e circonscription,  le député sortant Jean-François Eliaou (majorité présidentielle) éliminé au 1er tour avec 20,87% des suffrages, et Sébastien Rome (NUPES, 28,06%) affrontera la candidate RN Manon Bouquin (22,71%) au 2nd tour. Le candidat socialiste dissident Jean-Pierre Pugens se hisse à 8,56% des voix. Dans la 5e circonscription,  Philippe Huppé (majorité présidentielle, 26,68%) sort lui aussi du jeu, au profit de Stéphanie Galzy (RN, 28,13%), en ballotage avec Pierre Polard (NUPES, 24,32%). Le député sortant Christophe Euzet (majorité présidentielle) se place en 3e position avec 19,35% des voix et n'accède pas au 2nd tour sur la 7e circonscription, où Aurélien Lopez Liguori (RN, 31,01%) affrontera Gabriel Blasco (NUPES, 21,75%).

La NUPES se place en tête dans quatre circonscriptions : la 4e mais aussi la 1e, la 2e et la 8e. Dans la 1e circonscription, Julien Colet (NUPES, 26,94%) affrontera la députée sortante Patricia Miralles (majorité présidentielle, 24,83%). Dans la 2e circonscription, où s'affrontaient 16 candidats, Nathalie Oziol (NUPES, 40,37%) est en ballotage très favorable avec Annie Yague (majorité présidentielle, 18,52%). La candidate socialiste dissidente, Fatima Bellaredj, fait une meilleure performance qu'en 2017 (11,94% contre 6,91%) mais insuffisante pour se maintenir. La députée sortante LFI Muriel Ressiguier, qui n'avait pas obtenu l'investiture de son parti et avait choisi de se présenter seule, se hisse péniblement à 4,99% des voix. Dans la 8e circonscription, Sylvain Carrière (NUPES, 29,35%) est en ballotage favorable avec Cédric Delapierre (RN, 24,92%).

La majorité présidentielle arrive en tête dans deux circonscriptions : la 3e circonscription avec Laurence Cristol (majorité présidentielle, 26,68%), qui s'était lancée suite au retrait de la députée Coralie Dubost (épinglée fin avril par Médiapart pour sa gestion humaine de certains collaborateurs et l'utilisation de ses frais de mandat) et qui se positionne de justesse devant Julia Mignacca (NUPES, 26,59%). L'ancien maire de Montpellier Philippe Saurel, étiqueté DVG mais qui faisait cavalier seul, ne recueille que 4,43% des suffrages. Sur la9e circonscription, le député sortant Patrick Vignal (majorité présidentielle, 28,37%) est en ballotage serré avec Nadia Belaouni (NUPES, 27,69%).

Outre la 5e et la 7e circonscription où le RN est en tête, la députée sortante Emmanuelle Ménard (DVD, 45,76%) sort haut la main de ce premier tour sur la 6e circonscription et fera face à Magali Crozier-Daniel (NUPES, 17,05%) au 2nd tour.

  • Pyrénées-Orientales et Aude : le RN rafle la mise du 1er tour

Carton plein pour le RN dont les candidats sont en tête dans les sept circonscriptions dans les départements des Pyrénées-Orientales (taux de participation moyen : 47,8%) et de l'Aude (taux de participation moyen : 51,6%)...

Dans les Pyrénées-Orientales, LREM détenait trois des quatre circonscriptions. Sur la 1e circonscription (participation : 45,62%), le député sortant Romain Grau (majorité présidentielle, 24,54%) est devancé par la candidate RN Sophie Blanc (31,36%). La 2e circonscription était tenue, depuis 2017, par Louis Aliot (RN), depuis élu maire de Perpignan. Le parti de Marine Le Pen tient toujours la corde : Anaïs Sabatini (RN, 37,62%) sera en ballotage favorable au 2nd tour avec Frédérique Lis (majorité présidentielle, 20,49%). Sur la 3e circonscription, LREM perd un député : Sandrine Dogor-Such (RN, 27,67%) est au coude à coude avec Nathalie Cullell (NUPES, 27,29%). Enfin, sur la 4e circonscription, le député sortant Sébastien Cazenove (majorité présidentielle, 21,81%) est devancé par Michèle Martinez (RN, 30,40%).

L'Aude comptait depuis 2017 trois députés LREM. Deux sortent du jeu. Dans la 1e circonscription de l'Aude, la députée sortante Danièle Hérin (majorité présidentielle, 21,98%) n'accède pas au 2nd tour, devancée par Christophe Barthès (RN, 32,80%) et Sophie Courrière Calmon (NUPES, 28,15%). Sur la 2e circonscription, le député sortant Alain Perea (majorité présidentielle, 21,99%) se maintient au 2nd tour, en ballotage avec Frédéric Falcon (RN, 28,13%). Dans la 3e circonscription, la députée sortante LREM Mireille Robert est éliminée (21,84% des voix), au profit de Julien Rancoule (RN, 28,45%) et Johanna Adda-Netter (NUPES, 25,80%).

  • Gard : le RN pousse ses pions

Dans le Gard, cinq des six circonscriptions étaient détenues par LREM et une par le RN. Alors que Marine Le Pen s'était placée en tête du premier et du deuxième tour des présidentielles 2022, les regards étaient tournés vers les scores potentiels du RN qui se place finalement en tête dans quatre circonscriptions, tandis que la majorité présidentielle perd d'ores et déjà un député (taux de participation moyen : 47%).

Sur la 1e circonscription, Yoann Gillet (RN, 31,64%) devance la députée sortante Françoise Dumas (majorité présidentielle, 25,21%). Sur la 2e circonscription, tenue depuis 2017 par Gilbert Collard (RN), Nicolas Meizonnet (RN, 35,39%) est en ballotage favorable avec Yvan Lachaud (majorité présidentielle, 23,05%). Le centriste, député de 2002 à 2012, adjoint au maire de Nîmes de 2001 à 2017 et président de Nîmes Métropole de 2014 à 2020, s'est lancé dans la bataille avec la perspective de s'y offrir une nouvelle vie politique.

Sur la 3e circonscription, le député sortant Anthony Cellier (majorité présidentielle, 26,77%) est devancé par la candidate RN Pascales Bordes (30,08%). La majorité présidentielle perd la 4e circonscription : Pierre Meurin (RN, 30,56%) devance Arnaud Bord (NUPES, 26,58%). Philippe Ribot, le maire de  Saint-Privat-des-Vieux, qui candidatait sous la bannière de la majorité présidentielle, manque la marche du 2nd tour avec 21,58% des suffrages. Jean-Pierre de Faria (DVD), autre maire gardois (Saint-Ambroix) dans la course, ne remporte que 3,65% des voix.

Sur la 5e circonscription, Michel Sala (NUPES, 33,48%) est en ballotage avec Jean-Marie Launay (RN, 23,57%), et sur la 6e circonscription, le député sortant Philippe Berta (majorité présidentielle, 24,38%) est devancé de peu par Nicolas Cadène (NUPES, 25,65%).

  • Lozère : Pierre Morel A l'Huissier devancé par la NUPES

En Lozère (taux de participation : 58,37%), Pierre Morel A L'Huissier (UDI), député depuis 2002, est mis en difficulté par la candidate NUPES : il arrive en 2e place avec 18,74% des voix, devancé par Sandrine Descaves qui réalise 25,41% des suffrages. Le maire de Mende, Laurent Suau, qui jouait sous les couleurs de la majorité présidentielle, n'accède pas au 2nd tour, avec 17,64% des voix.

Cécile Chaigneau

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