Législatives : le RN fait carton (presque) plein dans l’ex-Languedoc-Roussillon

A l’issue du 2nd tour des législatives le 19 juin 2022, le territoire de l’ex-Languedoc-Roussillon fournira 14 députés d’extrême-droite (contre 3 en 2017). Le Rassemblement national confirme largement ses positions dans l’est de l’Occitanie. Le maire de Montpellier et président de la Métropole Michaël Delafosse (PS) parle d’"un 21 avril" législatif…
Cécile Chaigneau

4 mn

AU soir du 2nd tour des législatives 2022, 16 des 89 sièges du RN à l'Assemblée nationale proviennent de l'Occitanie, dont 14 de l'ex-Languedoc-Roussillon.
AU soir du 2nd tour des législatives 2022, 16 des 89 sièges du RN à l'Assemblée nationale proviennent de l'Occitanie, dont 14 de l'ex-Languedoc-Roussillon. (Crédits : Reuters)

L'Occitanie-est (ex-Languedoc-Roussillon) aura largement contribué, dimanche soir 19 juin, à la poussée législative historique du Rassemblement national (RN) dans l'Hexagone... Au premier tour, le RN s'était maintenu dans 16 des 23 circonscriptions de l'ex-Languedoc-Roussillon, auxquelles il fallait rajouter le ballotage très favorable d'Emmanuelle Ménard (étiquetée DVD) sur la 6e circonscription de l'Hérault. A l'issue du 2nd tour, le RN consolide 13 de ses positions et l'épouse du maire de Béziers est réélue haut la main (69,83% des voix). Soit 14 députés d'extrême-droite sur 23...

L'Hérault, qui en 2017 n'avait élu aucun autre député d'extrême-droite qu'Emmanuelle Ménard, enverra donc également à l'Assemblée nationale Stéphanie Galzy et Aurélien Lopez Liguori.

Dans le Gard, qui comptait un seul député RN, quatre des six nouveaux députés sont issus du parti d'extrême-droite : Yoann Gillet (éliminant la députée sortante Françoise Dumas, Ensemble), Nicolas Meizonnet (face à Yvan Lachaud), Pascale Bordes (éliminant le député sortant Anthony Cellier, Ensemble) et Pierre Meurin.

Dans les Pyrénées-Orientales, où, depuis 2017, siégeaient trois députés de la majorité présidentielle et Louis Aliot (RN, devenu maire de Perpignan), le RN prend les quatre circonscriptions, où ont été élues ses quatre candidates : Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Sandrine Dogor-Such et Michèle Martinez.

Carton plein pour le RN également dans l'Aude : Christophe Barthès, Frédéric Falcon (éliminant le député sortant Alain Perea) et Jean Rancoule.

« Un "21 avril" législatif »

Sur la totalité de l'Occitanie, ce sont donc 16 députés RN qui se retrouveront sur les bancs de l'Assemblée nationale, si on ajoute Frédéric Cabrolier et Marine Hamelet, élus respectivement dans le Tarn et le Tarn-et-Garonne.

Les deux socialistes Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, et Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, ont réagi dimanche soir.

« Avec près de 80 députés estimés pour le RN, c'est un "21 avril" législatif. Notre pays est confronté à un gigantesque défi démocratique », a écrit Michaël Delafosse sur Twitter.

« Cette élection est, à bien des égards, historique : par son abstention massive, par le score de l'extrême-droite et parce que le nombre de députés du Président de la République vient d'être divisé par deux, déclare quant à elle Carole Delga dans un communiqué. Ce soir c'est l'échec et la fin du "en même temps". Ce résultat acte, dès le début de ce quinquennat, la très forte opposition qui existe dans le pays au programme injuste proposé par le Président de la République. Cette faible majorité est le résultat de la colère et du désespoir grandissant de nos concitoyens. Elle doit être un avertissement pour toutes celles et tous ceux qui exercent des responsabilités électives... Ce soir, le Rassemblement National devient le premier groupe d'opposition. Le manque de clarté des responsables politiques de tout bord sur le front républicain a fait le lit de l'extrême-droite. C'est une faute politique majeure. »

La présidente de Région, qui fut la figure de proue du refus de toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon, souligne également que « si la gauche a largement progressé en nombre de sièges, les Français ont rejeté la proposition "Jean-Luc Mélenchon, premier ministre" ».

4 députés Ensemble, 4 députés NUPES

Alors que la majorité présidentielle avait fait déferler une vague de députés sur l'ex-Languedoc-Roussillon en 2017 (18 élus et 49 en Occitanie), la donne a changé au soir du 2nd tour des législatives 2022 : la Macronie perd 4 de ses 7 députés dans l'Hérault, 4 de ses 5 députés dans le Gard, ses 3 députés dans les Pyrénées-Orientales et ses 3 députés dans l'Aude. Les 4 députés Ensemble élus dans l'ex-Languedoc-Roussillon sont désormais Patricia Miralles, Laurence Cristol et Patrick Vignal (réélu) dans l'Hérault, et Philippe Berta dans le Gard (réélu).

L'alliance Nouvelle union populaire, écologique et sociale (NUPES) compte, quant à elle, 4 députés sur l'Occitanie-est : Nathalie Oziol, Sébastien Rome et Sylvain Carrière dans l'Hérault, et Michel Sala dans le Gard.

Enfin, la Lozère reste aux mains du parti Les Républicains, avec la réélection de Pierre Morel-à-L'Huissier (député depuis 2002).

Cécile Chaigneau

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