Le secrétaire d'État au Numérique veut des « exceptions territoriales » pour tester les innovations

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Mounir Mahjoubi et Bertin Nahum (Quantum Surgical) à l'Hôtel French Tech de Montpellier.
Mounir Mahjoubi et Bertin Nahum (Quantum Surgical) à l'Hôtel French Tech de Montpellier. (Crédits : Edouard Hannoteaux)
Mounir Mahjoubi a annoncé, le 16 novembre à Montpellier, la création prochaine de zones d'exceptions juridiques pour tester les innovations issues de l'écosystème numérique : Montpellier serait sur les rangs pour faire partie des territoires pionniers. Le ministre a aussi rencontré des acteurs de la santé numérique et félicité l'écosystème pour son dynamisme.

Le secrétaire d'État au Numérique était en visite à Montpellier, jeudi 16 novembre. Au programme : une table ronde* avec des entrepreneurs de la santé numérique à l'Hôtel French Tech et une intervention au DigiWorld Summit au Corum. Il en a profité pour faire quelques annonces.

"Nous voulons un choc de simplification à six mois, avance Mounir Mahjoubi. Nous voulons créer des box territoriales, des exceptions au droit sur une durée et un territoire définis. Cela permettra de tester les innovations."

Ces zones seraient une nécessité pour déployer les innovations, alors que les réglementations sont différentes au sein de l'Union Européenne : "Il faut avoir une capacité de tests sur la voiture autonome, par exemple", déclare-t-il.

L'annonce a été bien accueillie par la French Tech de Montpellier, déjà prête à s'emparer du concept, notamment pour les innovations touchant au domaine médical. Chantal Marion, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole, s'est déclarée intéressée pour devenir un territoire d'expérimentation : "Nous avons tous les acteurs et le dynamisme".

Des doléances nouvelles portées à l'oreille du ministre

Habitué à faire la tournée des différentes métropoles French Tech, Mounir Mahjoubi, a déjà réuni une liste de plus d'une vingtaine de doléances, remontées lors de ces rencontres avec les écosystèmes locaux. À Montpellier, la santé était à l'honneur avec une table ronde de 14 start-ups innovantes. Le tour de table n'aura pas était inutile, le ministre ayant pu prendre connaissance de trois nouveaux enjeux avec cet échange.

Parmi les points centraux : le marquage CE. Les organismes de certification sont surchargés et affichent des temps d'attente très longs, surtout pour des start-ups. Des difficultés soulevées par Anatoscope, Care Labs ou Sim and Care. Elles plaident pour des processus spécifiques et trois mois d'attente maximum avant un audit.

"Ce problème doit être réglé, répond Mounir Mahjoubi. Un an d'attente, c'est une décennie à l'échelle d'une start-up. Pendant ce temps, elle brûle du cash et ne peut vendre ses produits, faute de certification. On a ainsi des innovations qui ne délivrent pas leur valeur, c'est dramatique."

Il y a aussi des ingénieries à repenser comme les réglementations des CHU, un problème soulevé par SeqOne et ses techniques innovantes sur l'ADN : "On ne rentre pas dans les cases des organismes publics donc on ne peut pas faire de business avec eux".

De plus, les CHU ne peuvent pas être clients de leurs propres solutions via des appels d'offre. "On se fait doubler par les gros acteurs", regrette E.Dentech. Un constat confirmé par Bertin Nahum, ex-fondateur de Medtech, qui déclare : "On a vendu partout sauf au CHU de Montpellier".

Le secrétaire d'État a alors rappelé l'existence du Partenariat d'Innovation "peu utilisé, compliqué, mais possible".

Choc de simplification

Le choc de simplification devrait se poursuivre sur la télémédecine. 2018 sera une année de test, le gouvernement voulant évaluer et expérimenter des dispositifs pour identifier les plus intéressants à généraliser. Mounir Mahjoubi fait aussi des annonces concernant la libéralisation des achats par les universités et la régionalisation des fonds santé.

Les entrepreneurs ont mis en lumière les problèmes de scalabilité et de développement. Les financements, nombreux sur les phases d'incubation, se raréfient quand il s'agit de développements plus importants.

"80 % d'entre nous pourront être tout simplement rachetés à l'international", prévient Sensorion.

Le ministre l'a promis : "Envoyer moi de la documentation sur le marquage CE, je dois comprendre et je reviendrai dessus dans quelques semaines. La France a les moyens d'être la meilleure dans plusieurs domaines : énergie, santé, cybersécurité. Nous y travaillons". L'urgence absolue du gouvernement étant la mise en place des réseaux mobiles et très haut débit sur tout le territoire (aux horizons 2020 et 2022).

Un plan numérique de 15 Mds € est prévu par le gouvernent, afin de créer un contexte global et d'adresser trois sujets : la transition numérique des PME, celle de l'État et la fracture numérique. Au niveau européen, le ministre annonce un fonds commun d'investissement avec l'Allemagne d'ici 24 mois.

La French Tech Montpellier félicitée

 Mounir Mahjoubi a aussi félicité la French Tech Montpellier pour son dynamisme.

« Quand je remets le Pass Frech Tech à Paris, il y a une dizaine de Montpelliérains. Quand je vais à Tel Aviv, le plus gros stand et le plus dynamique est celui de Montpellier. À New York je croise un entrepreneur de Montpellier. Quand je vais à Nantes et Rennes, je croise aussi des Montpelliérains. Cette ville connaît une hyper-accélération sur de nouveaux secteurs et notamment la santé et la cybersécurité. Vous avez réussi à avoir à la fois les ingénieurs numériques et les spécialistes de la santé, cela fait de bons résultats. »

* Les entreprises participantes à la table ronde avec le ministre : Revinax, SeqOne, Sim and Cure, Sensorion, E.Dentech, Medincell, Quantum Surgical, Medtruck, Care Labs, Resilient Innovation, Avitam, Move in Med, Anatoscope, Virtualis.

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