Gilets jaunes : la préfecture exclut toute interdiction des manifestations

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(Crédits : JEAN-PAUL PELISSIER)
Après de nouveaux débordements à Montpellier lors de l'Acte 11 de la mobilisation des gilets jaunes, le 26 janvier, la CCI Hérault a interpellé la préfecture en demandant des mesures plus sévères. Le Préfet de l'Hérault, Pierre Pouëssel, mise plutôt sur l'effet des premières mesures d'urgence adoptée par l'État pour apaiser le climat.

Le centre-ville de Montpellier étant l'objet, depuis plusieurs week-ends, de débordements violents commis en marge de la mobilisation des gilets jaunes, la CCI Hérault, par la voix de son président André Deljarry, a interpellé le préfet de l'Hérault, Pierre Pouëssel, demandant des mesures de contrôle et de répression plus sévères, et évoquant une possible "interdiction des manifestations dans le centre-ville historique". Selon le décompte de la chambre, l'impact économique enregistré par les entreprises ressortissantes, depuis le début des manifestations, se traduirait par 40 % de baisse d'activité.

Mobilisation générale ?

Le 28 janvier, lors de ses voeux à la presse, le préfet de l'Hérault, Pierre Poüessel, a exclu toute mesure d'interdiction des manifestations en hyper-centre de Montpellier ("Il faut appeler à une réaction proportionnée dans le respect de l'état de droit"), ou même de restriction de l'accès à cette zone ("L'effet serait contraire à celui poursuivi, de soutien à la fréquentation des commerces"). Il indique toutefois que, la semaine prochaine, une réunion associant la CCI Hérault et divers services de l'État (DDFIP, Urssaf, Direccte, Banque de France, etc.) sera organisée pour mettre en place une logique de guichet unique ouvert aux entreprises et commerces en difficulté.

Par ailleurs, selon les chiffres communiqués par la Préfecture, les services de l'État ont été saisis de plusieurs demandes de chômage partiel, émanant de 40 établissements (petites et moyennes surfaces de commerce, entreprises de logistique), soit 1 300 salariés concernés. "Mais jusqu'ici, ce dispositif n'a pas encore été utilisé", précise Pierre Pouëssel.

"Plutôt que de parler d'interdiction, il faut appeler au calme, rajoute-t-il. La nécessité aujourd'hui est, pour les gilets jaunes, de déclarer les manifestations et d'isoler les casseurs du reste du mouvement. Par ailleurs, nous misons plutôt sur les mesures d'urgence prises pour répondre au mouvement des gilets jaunes, comme le premier versement de la nouvelle prime d'activité qui intervient le 5 février, ou encore la participation au grand débat national qui, à Montpellier, est organisé avec la participation du référent officiel, Mahamadou Diarra, mon directeur de cabinet. Une quarantaine d'initiatives ont déjà été enregistrées."

2018, une année satisfaisante

Sur les autres sujets intéressant l'action de l'État en 2018, le Préfet note, en terme économique, que l'Hérault a enregistré une baisse de 1,7 % du taux de chômage au cours du dernier trimestre (soit 1 430 chômeurs en moins). Faute de chiffre disponible sur la même période, la préfecture précise que le taux de chômage, au cours du 3e trimestre, s'élevait à 12,9 %, contre 13,4 % un an plus tôt.

"C'est le paradoxe de notre situation : l'Hérault figure dans le top 5 des départements créant le plus d'emplois, avec 5 000 à 7 000 créations par an, mais enregistre aussi le 2e plus fort taux de chômage sur le plan national, derrière les Pyrénées-Orientales. Cela s'explique par la forte attractivité de l'Hérault : elle se traduit par un solde migratoire très important avec 12 000 à 15 000 nouveaux habitants par an", analyse Pierre Pouëssel.

En matière d'aménagement du territoire, l'action de l'État s'est concentrée sur le plan "Coeur de ville", visant à redynamiser les centres-villes : quatre nouvelles conventions de revitalisation sur cinq ans ont été signées en 2018, à Béziers, Sète, Agde et Lunel. Par ailleurs, les grands chantiers se poursuivent, notamment à Sète et Béziers qui signeront leurs conventions de renouvellement urbain dans les prochaines semaines, dans le cadre du nouveau programme national de renouvellement urbain porté par l'ANRU (agence nationale pour le renouvellement urbain).

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Commentaires
a écrit le 29/01/2019 à 9:16 :
....interdire une manif .... sans l'interdire c'est aussi empécher l'accès aux lieux de rassemblement ......tout comme "sécuriser" les one man show de Macron avec une centaine de CRS qui balaient a un kilomètre a la ronde !!!
Hypocritie quand tu nouis tiens !

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