Campagne de vaccination : les élus locaux appellent à l’union sacrée pour accélérer

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Les élus de l'Hérault et de la Région Occitanie rassemblés le 7 janvier pour agir ensemble sur la vaccination. De gauche à droite : Pierre Bouldoire (1er président du CD 34 délégué aux solidarités territoriales), Patrick Vignal (député), Carole Delga (présidente de la Région Occitanie), Kléber Mesquida (président du CD 34), Fanny Dombre-Coste (1e adjointe au maire de Montpellier), le général Eric Florès (SDIS 34) et Christian Poirel (médecin sapeur-pompier).
Les élus de l'Hérault et de la Région Occitanie rassemblés le 7 janvier pour agir ensemble sur la vaccination. De gauche à droite : Pierre Bouldoire (1er président du CD 34 délégué aux solidarités territoriales), Patrick Vignal (député), Carole Delga (présidente de la Région Occitanie), Kléber Mesquida (président du CD 34), Fanny Dombre-Coste (1e adjointe au maire de Montpellier), le général Eric Florès (SDIS 34) et Christian Poirel (médecin sapeur-pompier). (Crédits : Cécile Chaigneau)
Les collectivités territoriales se disent prêtes à dégainer toute une organisation de moyens humains et matériels pour accélérer la campagne de vaccination. Dans l’Hérault, le Conseil départemental et la Métropole de Montpellier se mobilisent aux côtés de la Région Occitanie, et demandent ensemble au gouvernement de décentraliser la campagne de vaccination et de solliciter les forces locales. Manière de contrer une administration dont l’efficacité reste à démontrer…

« 2021 va être une année charnière... Comment sonner la charge contre le virus ?, interroge le député héraultais (LREM) Patrick Vignal. Je suis en colère contre un système politico-administratif. Nous sommes en guerre ! On ne peut plus continuer cette France gouvernée par Paris... On a les forces vives ici. Donnez-nous des vaccins et laissez-nous agir ensemble, en appoint et en complément. Faites-nous confiance ! Il faut s'appuyer sur les personnes qui ont le pouvoir d'agir... Nous sommes une chaine d'union. »

Ce 7 janvier au matin, il est aux côtés des représentants des différentes collectivités locales de son département qui rappellent que c'est lui qui a proposé cette chaîne d'union. Tous invitent le gouvernement à décentraliser la campagne de vaccination en France - laquelle fait l'objet de toutes les critiques quant à sa lenteur de déploiement - en s'appuyant sur les moyens locaux pour accélérer.

« Le système ne fonctionne pas ! »

« Nous souhaitons que l'ensemble des collectivités puissent faciliter cette campagne de vaccination avec l'ARS et le préfet de département, lance Kléber Mesquida, le président du Conseil départemental de l'Hérault. On ne doit pas être empêchés par manque d'organisation. Les collectivités sont prêtes. »

La présidente de Région Carole Delga (PS) s'agace et s'inquiète : « Seulement 20.000 personnes ont été vaccinées en France aujourd'hui ! La France est derrière le Costa Rica ! Rien qu'en Occitanie, il y a 100.000 personnes dans les maisons de retraite, auxquelles il faut ajouter toutes les personnes âgées à domicile... Le système ne fonctionne pas, c'est un échec ! On doit basculer dans un autre mode d'organisation, sinon il faudra deux ans pour vacciner la population française ! Nous demandons au gouvernement de pouvoir agir en efficacité. Utilisons l'opérationnalité des collectivités locales, faisons avec ceux qui savent faire. Dès novembre dernier, nous avons fait au gouvernement des propositions de modalités d'organisation pour le déploiement des vaccins sur le terrain, mais nous n'avons pas eu de réponse... La vaccination ne peut pas reposer que sur les médecins généralistes. Appuyons-nous sur les professionnels de santé, le réseau des pharmaciens, des sages-femmes, des kinésithérapeutes... La France ne peut pas mourir de peur, elle doit être audacieuse. Agissons ! ».

La logistique est prête

Kléber Mesquida rappelle que les collectivités locales ont démontré, depuis le début de la pandémie, le rôle qu'elles pouvaient tenir dans la gestion de crise. L'élu propose notamment de mobiliser les forces du service départemental d'incendie et de secours (SDIS).

« Bien sûr il y a les hôpitaux et les médecins libéraux mais nous avons aussi le réseau des 150 médecins sapeurs-pompiers et des 200 infirmiers sapeurs-pompiers sur l'Hérault (des volontaires mobilisables, NDLR), plaide-t-il. Nous avons aussi des lieux pour accueillir des centres de vaccination : 48 halles de sport dans les collèges, dont 11 sur la métropole de Montpellier, et 70 casernes. Les vaccins seront livrés par tranche donc on a les capacités de stockage : le SDIS a des frigos pouvant accueillir plus de 100.000 doses, et il y a aussi les chambres froides du laboratoire vétérinaire départemental... La logistique est prête, on a des moyens ! »

Même son de cloche du côté de la Ville et Métropole de Montpellier : « Michaël Delafosse a écrit au directeur de l'ARS (agence régionale de santé, NDLR) pour dire qu'il ouvrira les Maisons pour tous, les gymnases, les centres de test en drive de la Métropole, qu'il mobilisera les agents territoriaux, déclare Fanny Dombre-Coste, première adjointe au maire de Montpellier. Nous sommes prêts à déployer nos forces pour vacciner en masse aux cotés des professionnels de santé ».

Les Régions vont commander des vaccins Moderna

La présidente de Région évoque par ailleurs une initiative prise par l'ensemble des Conseils régionaux de France : la commande de vaccins au laboratoire américain Moderna, puisque ces derniers ont été approuvés par l'Agence européenne du médicament le 6 janvier.

« Un courrier part aujourd'hui à l'attention du laboratoire, qui devra nous indiquer les délais et les quantités possibles de ce vaccin, qui n'a pas les mêmes exigences de conservation que le vaccin Pfizer-BioNTech, annonce ainsi Carole Delga. Les vaccins n'arriveront pas avant trois ou quatre mois, et d'ici là, nous aurons le temps de trouver un consensus avec le gouvernement. »

L'élue régionale martèle que « le facteur limitant aujourd'hui, c'est la politique organisationnelle trop centralisée ». Et, précisant que son action dans l'Hérault sera aussi déployée dans les douze autres départements de la région Occitanie, elle demande « qu'il y ait des rencontres entre État et collectivités locales, département par département, au plus vite ».

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