Axe Toulouse-Montpellier : "Un modèle qui reste à inventer"

 |   |  639  mots
Max Lévita (Montpellier) et François Chollet (Toulouse)
Max Lévita (Montpellier) et François Chollet (Toulouse) (Crédits : DR)
Réunis pour un débat à Montpellier, le 28 avril, Max Lévita et François Chollet, médiateurs de Montpellier et Toulouse dans le cadre du dialogue métropolitain entre les deux villes, ont souligné le caractère inédit de leur démarche dans la tradition politique française, et en ont donné les 1ers axes de travail.

Réunis à Montpellier lors d'un débat organisé le 28 avril par La Lettre M, Max Lévita, vice-président de Montpellier Méditerranée Métropole, et François Chollet, vice-président de Toulouse Métropole, ont dressé un premier bilan d'étape du dialogue amorcé par leur intermédiaire entre les deux métropoles. Ceux-ci ont d'abord souligné l'originalité de cette démarche, lancée par Philippe Saurel et Jean-Luc Moudenc, maires et présidents des deux intercommunalités, dès l'été dernier, tout en la replaçant dans le contexte de la réforme territoriale, qui verra le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées fusionner le 1er janvier 2016.

"Quel modèle l'État veut-il nous imposer en fusionnant ces deux régions ? questionne Max Lévita. Si on cherche seulement à faire des économies et rassembler des fonctionnaires, la réflexion est un peu courte. On nous marie avec Toulouse... pourquoi pas ? Mais on ne voit pas encore de modèle émerger. Car nous ne sommes pas habitués. Il faut voir comment s'organiser à cette échelle. Les Français ne connaissent que l'approche jacobine, où il y a Paris et le reste. Dans la nouvelle région, nous aurons la chance d'avoir deux métropoles. Il y a peut-être les moyens de développer un modèle plus coopératif. Les Toulousains pourraient dire qu'ils n'ont rien à voir avec nous, et pourtant ils ont accepté de voir comment nous pouvons travailler ensemble. C'est une démarche inédite."

Techniquement, plusieurs thématiques ont été identifiées : le développement économique, le tourisme, l'université, la mobilité, etc. Les vice-présidents délégués sur ces sujets ont déjà eu plusieurs séances de travail entre eux. Sur cette base, une feuille de route commune aux deux métropoles sera officiellement dévoilée par Philippe Saurel et Jean-Luc Moudenc, en fin d'année 2015, pour amplifier et concrétiser cette ambition.

"Le numérique fournit l'exemple d'un secteur représentant plusieurs milliers d'emplois sur nos deux territoires, cite François Chollet. Il existe des façons de trouver des synergies. À Montpellier, j'ai été impressionné par le fonctionnement du BIC (Business Innovation Center, NDLR), qui va à l'encontre de ce qu'on voit souvent ailleurs. Son modèle ne repose pas en totalité sur des loyers bas. Ici, les loyers sont au prix du marché, mais on insiste, tout autour, sur l'infrastructure, la logistique, l'aide au business plan, qui sont portés en régie par le BIC. Cela colle à la réalité, aux besoins des entreprises. Nous devons travailler en ce sens."

Les conditions de la synergie

Les deux médiateurs n'ont pas cherché à minorer les sujets sur lesquels les métropoles resteront concurrentes, ni à cacher les limites de ce dialogue métropolitain. Mais ils ont pointé les contraintes qui pèsent sur Montpellier et Toulouse, et qui restent du ressort de la Région ou de l'État.

"La distance entre les deux villes pose incontestablement un problème, affirme Max Lévita. S'il pouvait y avoir un TGV, si on pouvait mettre les deux villes à une heure, alors tous nos enjeux changeraient en un clin d'œil. Une ville deviendrait la banlieue de l'autre."

"La réforme territoriale a apporté une nouveauté par rapport au modèle jacobin : maintenant, nous avons de grandes régions qui naissent à l'échelle nationale, poursuit François Chollet. Si nos métropoles collaborent, nous serons donc en capacité de nous faire entendre, sur des questions telles que le TGV par exemple."

François Chollet a d'ailleurs annoncé l'accord trouvé la veille, le 27 avril, entre Jean-Luc Moudenc et Philippe Saurel, pour rencontrer ensemble François Hollande, ou ses conseils, sur un enjeu politique tendu : la répartition des services de l'État et du futur Conseil régional entre les deux villes.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :