Fusion des régions : derrière la sérénité affichée, l'inquiétude en Languedoc-Roussillon

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Salle comble pour le 2e volet des Rencontres de la future région à Toulouse ce lundi 18 mai 2015.
Salle comble pour le 2e volet des Rencontres de la future région à Toulouse ce lundi 18 mai 2015. (Crédits : Rémi Benoit)
Le débat se poursuit sur la réforme territoriale. Les élus de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, présidents des Conseils régionaux, maires et présidents des métropoles de Toulouse et de Montpellier, étaient ce jour à Toulouse dans le cadre des Premières rencontres de la Nouvelle région organisées par la Tribune ObjectifNews. Si les élus affichent leur sérénité en apparence, Damien Alary et Philippe Saurel ont réaffirmé leur volonté de ne pas subir de déséquilibre territorial.

Officiellement, pas question de parler de "match-retour". Après des échanges apparus parfois musclés le 4 mai dernier à Montpellier, lors des Premières rencontres de la nouvelle région, les politiques ont essayé cette fois-ci de donner une vision plus apaisée des débats. "Ne parlons pas de fusion des régions, mais plutôt de réunion car si, in fine, l'une des deux régions a le sentiment d'y perdre, ça ne marchera pas", a ainsi pointé en préambule des débats Jean-Luc Moudenc le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, plaidant pour l'équilibre des territoires et celui des deux métropoles. Ainsi, il a rappelé que des actes très symboliques avaient été posés en ce sens dès l'été 2014 avec son homologue Philippe Saurel.

Pourtant, les premières amabilités expédiées -Damien Alary et Martin Malvy revendiquent une amitié de longue date- les mêmes questions sont revenues sur le tapis.

"Je suis ici avec respect, confiance et beaucoup de sérénité, mais ces trois mots n'excluent pas que je sois là aussi pour défendre avec beaucoup de vigilance, la place du Languedoc-Roussillon dans la future grande région", a posé d'emblée Damien Alary, le président du Conseil régional de Languedoc-Roussillon. "Si on veut que cette fusion soit belle et efficace, il faudra au moins 5-6 ans".

Ces derniers jours en effet, l'intensité des débats était montée d'un cran. Damien Alary a demandé que le futur hôtel de région soit à Montpellier, ainsi que la Draaf. Il attendait alors des "preuves d'amour" de la part des représentants de l'Etat. Un souhait qu'il a de nouveau formulé aujourd'hui. "J'ai été heureux que Martin Malvy reconnaisse la marque Sud de France comme étant incontournable, et en dehors de l'agriculture, Montpellier pourrait être la capitale de nombreux domaines. Le Ceser aussi pourrait être à Montpellier, je ne demande pas grand chose, simplement l'équilibre et les discussions avancent", a-t-il martelé. Demain mardi 19 mai, Damien Alary rencontrera François Hollande à Carcassonne : "Je lui dirai exactement la même chose, car je lui parle franchement" !".

Refusant l'escalade politique, Martin Malvy a estimé lui que "ces questions d'organisation de la région de demain ne devraient en aucun cas prendre le pas sur la grande région elle-même. Ces questions là ne passionnent pas les citoyens."

"Une petite présidentielle"

Pas de langue de bois non plus pour Philippe Saurel, le maire de Montpellier et président de Montpellier Métropole Méditerranée. En amont de ces rencontres, l'élu avait annoncé à l'occasion d'une conférence de presse sa très probable candidature aux prochaines élections régionales. "J'ai dit que j'y réfléchissais avec désir et passion, mais que je n'ai pas encore pris ma décision". Concernant la réforme des régions il a évoqué une "fusée à trois étages" : il distingue la relation Toulouse-Montpellier, une grande région dans laquelle il faut "un vrai programme" (notamment la LGV entre Toulouse et Montpellier) et enfin des élections régionales avec un candidat capable de porter un programme général et global. "Cette élection a le format d'une petite présidentielle", a-t-il prévenu, plaidant pour une "nouvelle forme de politique moins dogmatique, plus pragmatique".

Veiller à l'équilibre du territoire

L'autre message passé à l'occasion de ces débats a concerné l'équilibre des territoires. "Les deux métropoles Toulouse et Montpellier ne concentrent que 25 % de la population de la future grande région, il faudra donc absolument veiller à préserver l'équilibre des territoires" a estimé Martin Malvy. Un point sur lequel les deux régions sont d'accord. "Il faudra veiller au périurbain mais aussi au rural et à l'ultra rural", selon Damien Alary.

Sur ce point le préfet de Midi-Pyrénées et préfet préfigurateur Pascal Mailhos s'est voulu rassurant :

"Pour que les départements n'y perdent pas en attributions avec cette nouvelle grande région, nous avons désigné les deux préfets de l'Aude et de Midi-Pyrénées afin qu'ils soient garants de l'efficacité de la réforme au niveau des départements", a-t-il indiqué.

Le représentant de l'Etat a par ailleurs rappelé en conclusion que "cette réforme ne se limitait pas à un face-à-face Toulouse-Montpellier, mais à tout le territoire qui compte 11 chefs lieux départementaux et tant que la copie n'est pas écrite, tout est possible."

 "Pays d'oc" pour le futur nom

Les débats de ce lundi ont été l'occasion de révéler le résultat du sondage lancé par La Tribune-ObjectifNews au sujet du nom de la future entité.

Ainsi, à la troisième position, avec 8,3 % des votes, c'est le nom "Occitanie" qui a été choisi.

En sachant, pour information, que d'autres noms assez proches, comme "Occitane" et "Occitania", ont également recueilli quelques suffrages.

A la deuxième position, avec 8,8 % des votes, c'est le nom "Occitanie centrale" qui a été choisi. Mais il faut compter sur un autre choix ex-aequo, avec lui aussi 8,8 % des suffrages : le nom "Languedoc".

Et enfin, le grand gagnant, le nom préféré de nos lecteurs : avec pas moins de 12,7 % des votes : le nom "Pays d'Oc".

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