Le Département de l'Hérault investira 205 M€ malgré la contrainte budgétaire

Par Marie Corbel  |   |  521  mots
(Crédits : M.C.)
L’assemblée départementale de l’Hérault s’est réunie à Montpellier le 25 janvier pour débattre de son budget 2016. Plaidant en faveur d’une politique d’investissement, le président Kléber Mesquida envisage une augmentation de la fiscalité.

« Maintenir un haut niveau d'investissement », tel est le choix de Kléber Mesquida. Le président du Département de l'Hérault l'a annoncé lors de l'assemblée départementale qui s'est tenue à Montpellier, le 25 janvier, pour débattre de  l'orientation budgétaire de la collectivité.

Malgré la nécessité de réduire les déficits publics, l'élu a affiché sa volonté de maintenir une enveloppe de 205 M€ dédiée à l'investissement. Elle était de 182 M€ en 2015. L'investissement portera notamment sur les axes routiers (67 M€), la solidarité territoriale (30 M€), l'entretien des patrimoines et des domaines (24 M€) et les collèges (21 M€).

Le choix de l'investissement

Ce choix est justifié malgré un contexte économique difficile, selon le président de Département.

« Nous avions pour ambition de diminuer de 10 % nos frais de fonctionnement, a rappelé Kléber Mesquida. L'objectif est atteint, sauf pour le service départemental d'incendies et secours qui a augmenté de 3 % cette année. Aujourd'hui, nous pourrions réduire les aides au sport, à la culture ou encore aux communes comme le font certains Départements. Or, un euro d'aide à une commune génère au moins trois euros d'investissement. L'action du Conseil départemental permet de soutenir l'économie du territoire. Cela donne les moyens de mettre en œuvre l'ensemble des politiques publiques. »

La « rationalisation des dépenses de fonctionnement » de la collectivité reste néanmoins à l'ordre du jour. La réalité est là pour rappeler l'importance de l'enjeu : « Aujourd'hui, il y a des Départements qui sont en cessation de paiement et qui ne pourront plus emprunter », indique Kléber Mesquida.

Le poids des prestations sociales

Les prestations sociales (RSA, APA, PCH) grèvent fortement le budget de la collectivité départementale. En 2015, « les dépenses sociales représentent deux tiers des dépenses réelles de fonctionnement », explique Marie-Christine Bousquet, la vice-présidente déléguée aux finances et aux marchés publics.

« Le RSA, l'APA et la PCH représentent un budget de 400 M€ dont la moitié est prise en charge par le Département, déclare Kléber Mesquida. À l'origine, l'État compensait ces dépenses. Sur ce sujet, les élus de Département demandent une recentralisation de ces prestations ».

Le président du Conseil départemental annonce un budget à l'équilibre. « La gestion rationalisé des services et la croissance démographique qui renforce le produit des droits de mutation que la collectivité perçoit» sont deux facteurs qui jouent, selon lui, en la faveur du Département.

Les ressources fiscales en question

Une augmentation des ressources fiscales semble également être à l'ordre du jour.

« Depuis cinq ans, le Département n'a pas augmenté le taux de fiscalité. Doit-on continuer dans ce sens là quand on mesure qu'une augmentation de taux de 0,7 ou 0,8 % permet d'atteindre le niveau bas des dépenses budgétaires ? », interroge Kléber Mesquida.

Le vote des taux est prévu pour le mois d'avril. Le budget primitif sera lui voté du 15 au 17 février. L'opposition représentée par Brice Bonnefoux (LR) a d'ores et déjà posé ses conditions : « Nous ne voterons pas le budget si la fiscalité augmente ».