Le cours Florent, une implantation déjà gagnante à Montpellier

Par Idelette Fritsch  |   |  627  mots
(Crédits : Édouard Hannoteaux)
Inaugurée vendredi 16 octobre sur le « Campus Nouvelle Génération » à Port Marianne, la célèbre institution parisienne, qui forme les acteurs de théâtre et de cinéma, s’est délocalisée avec succès, sans brader sa culture d’excellence.

On parlait d'une antichambre, à propos du cours Florent, la célèbre école d'art dramatique créée en 1967 à Paris (qui a formé Mathilde Seigner, Guillaume Canet, Daniel Auteuil ou Gad Elmaleh) dont une annexe a été ouverte en septembre dernier à Montpellier.

Après six mois de recrutement (via les stages de 36 heures auditionnés dans le cadre d'un partenariat avec le théâtre La Vista à Montpellier), le succès est au rendez-vous pour cette institution inaugurée vendredi 16 octobre sur le "Campus Nouvelle Génération", dans le quartier du millénaire à deux pas d'Odysseum. 175 élèves répartis en huit classes, forment les rangs de cette école nouvelle génération, qui ambitionne de devenir « une adresse de référence de formation d'acteurs dans le sud », via des partenariats avec les pôles théâtre et cinéma de la région.

« L'engouement a été immédiat, ça a presque été un luxe pour nous, on a pu choisir nos élèves avec une vraie surprise : on récupère tout le sud de la France avec des élèves originaires de Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille, etc. », s'enthousiasme Jérôme Leguillier, directeur du cours Florent à Montpellier qui arrive avec « vingt-deux ans d'expérience de cette maison » (où pendant onze ans il a été directeur de la pédagogie, NDLR) qu'il va « tenter de faire vivre ici ».

Facteur économique

L'établissement ne s'était encore jamais aventuré hors de ses terres parisiennes, hormis quelques « aventures à l'étranger sous la forme d'ateliers à Pékin, à Casablanca » et dernièrement, la création en 2013 d'une annexe à Bruxelles.

« Ce sera la première fois et sans doute la seule que nous délocalisons dans une métropole régionale », expliquait il y a quelques mois son directeur, Frédéric Montfort.

Les temps changent, le choix d'une décentralisation se justifiait par la pression socio-économique et le coût de la vie étudiante à Paris. « C'est une vieille idée de 20 ans. On voyait trop de provinciaux abandonner les cours au bout de quelques mois parce que c'était trop lourd économiquement, ou parce qu'ils ne se faisaient pas à la vie parisienne », explique Jérôme Leguillier.

Le rapprochement, en 2012, du groupe Studialis (réseau des écoles supérieures dont l'ESG) a créé à Montpellier une opportunité, la célèbre école d'art dramatique partageant les locaux du « Campus Nouvelle Génération » avec l'ESG Montpellier.

Génération sud

Si cette nouvelle configuration d'un cours Florent bis « a coupé la France en deux avec des élèves originaires majoritairement du grand Sud », l'ADN de cette école indépendante créée en 1967 par François Florent est préservé : même sélection à l'entrée (par le biais d'un stage de 36 heures), même volume horaire, même philosophie de cours sur trois ans favorisant, sans formatage, l'émergence de la personnalité de chaque acteur, « pour qu'ils soient en mesure de travailler avec des metteurs en scène d'horizons contradictoires, avec des Romeo Castellucci ou à l'autre bout du spectre, des Bernard Murat », explique François Florent, fondateur de cette école mondialement connue, qui préside toujours le jury des auditions de Fin d'Études.

« Le parachutage de ce genre d'institution de Paris vers la province n'est jamais simple », reprend ce dernier, qui se dit étonné devant un « succès si inattendu. Je vois venir le moment où les salles ne seront pas suffisantes ». Et de tempérer aussitôt : « Le cours Florent est très tributaire de son palmarès mais tout le monde n'y figurera pas. Si on fera des Depardieu, des Adjani, seuls les dieux le savent... Mais quelque soit le destin de chacun, je ne peux pas me dire mécontent du destin qu'a connu cette école. »