Régionales 2015 : Philippe Saurel se dit sceptique sur l'union de la gauche

Par Anthony Rey  |   |  757  mots
Philippe Saurel a insisté sur la démarche hors parti qui est la sienne (Crédits : Anthony Rey)
Le 16 juin, au lendemain d'une réunion à Matignon avec le Premier ministre Manuel Valls, les présidents de Région Martin Malvy et Damien Alary, et la tête de liste PS, Carole Delga, le maire de Montpellier a rejeté l'union de la gauche à laquelle ses interlocuteurs auraient tenté de le convertir en vue des régionales 2015. Il pourrait annoncer sa propre candidature d'ici fin juin.

Tout en soulignant "la courtoisie" des échanges qu'il a eus avec Manuel Valls, le Premier Ministre, Carole Delga, secrétaire d'État au Commerce en partance du gouvernement et future tête de liste PS aux élections régionales, Damien Alary et Martin Malvy, présidents des Régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole (M3M), a longuement expliqué, lors d'un point presse tenu le 16 juin, pourquoi il rejette à cette heure une démarche commune avec ses interlocuteurs en vue des échéances électorales de fin 2015.

L'objet de la réunion : "Le but de cet entretien était de me réexpliquer ce qu'est l'union de la gauche. J'ai répondu en exprimant clairement mon indépendance. Car pour faire l'union de la gauche, il faut s'entendre avec le Parti communiste, le Front de Gauche et les Verts. Moi, je ne suis pas un parti politique. Si je fonctionnais avec l'ancien logiciel politique, j'utiliserais encore le mot "parti". Or nous vivons une époque où les réseaux sociaux permettent à chacun de s'exprimer en toute liberté. Ils offrent à la citoyenneté un champs politique incroyable. C'est un changement civilisationnel. Si l'objet de la réunion était de me faire dire que j'appartiens à la famille de la gauche, alors je n'ai pas de problème à le répéter, puisque je le dis depuis la campagne des élections municipales de 2014. Seulement, j'appartiens plus à la tendance Jean Jaurès, pas Cambadélis."

Sa vision politique : "J'ai profité de ce rendez-vous pour décrire de façon méthodique ce qui fait la singularité de l'expérimentation politique que je conduis à Montpellier depuis 2014. Elle a d'abord été vécue aux municipales avec mon élection, puis renouvelée lors de la construction démocratique de M3M, et enfin validée à nouveau lors des élections départementales de 2015, avec quatre cantons gagnés sur cinq (à Montpellier, NDLR). Il n'est pas anodin de dire que la 8e ville de France a été gagnée par un mouvement citoyen. Ce modèle montpelliérain est la seule alternative politique. Désormais, le vrai clivage politique, ce n'est pas la gauche ou la droite, mais l'opposition entre citoyens et partis traditionnels. Le modèle divers gauche-écologiste-citoyen que je porte est celui qui résiste le mieux au Front National. C'est le seul qui insufflera un peu d'air et de jouvence dans la politique."

Sa proximité avec Podemos : "J'ai lu leur manifeste, et quand ils expliquent que les partis politiques ont fini par rogner la puissance de l'État, que notre problème n'est pas le clivage gauche/droite mais le principe de la gouvernance politique elle-même, et qu'il faut reprendre la proximité avec le peuple, je me sens proche d'eux. J'aurai l'occasion d'expliquer ma vision dans un manifeste intitulé "Réparer la République" (sortie le 27 juin aux éditions Privat, NDLR)."

Sa possible candidature aux élections régionales : "Je suis mon agenda. Il y a deux chances sur trois pour que je me prononce d'ici fin juin, et une chance sur trois pour que je le fasse en septembre. Pour l'heure, je consulte, et tous les voyants ne sont pas encore au vert pour que j'annonce telle ou telle décision. Lors de ce rendez-vous, à aucun moment Manuel Valls ne m'a dit : "N'y va pas"."

La concurrence avec d'autres candidatures "citoyennes" : "Il y a beaucoup d'élus qui pourraient faire pareil. Certains déchirent leur carte d'adhérents, d'autres sont prêts à se jeter dans un bûcher pour dire qu'ils sont des candidats citoyen. Mais dans mon cas, nous avons déjà derrière nous plusieurs épreuves que nous avons franchies avec succès. Nous l'avons répété sur d'autres scènes politiques que la ville."

Les rumeurs sur un accord possible avec le PRG : "Je ne ferai pas d'accord avec les partis politiques car je n'en suis pas un. Je m'adresse aux citoyens qui sont prêts à s'engager. Il faut réparer ce que j'appelle la République d'en bas, celle des citoyens, des maires, celle qui tient le pays. Gérard Poujade (vice-président de la Région Midi-Pyrénées et maire du Séquestre, qui a récemment déchiré sa carte d'adhérent au PS, NDLR) est un garçon charmant, que j'ai eu l'occasion de rencontrer. Si je devais composer une équipe, je donnerais la priorité aux citoyens et aux élus de terrain. Il fait a priori partie des élus de terrain."