Régionales : Delga et Onesta veulent des états généraux du ferroviaire

Par Anthony Rey  |   |  674  mots
Carole Delga et Gérard Onesta, encadrés de leurs soutiens politiques et issus de la société civile (Crédits : Anthony Rey)
Lors d'une réunion à Montpellier, le 10 décembre, visant à lancer un appel citoyen en sa faveur, Carole Delga (PS) a promis qu'en cas de victoire aux régionales, elle remettra à plat l'ensemble des dossiers ferroviaires de la nouvelle région. Elle ne nie pas que la question de la future gare TGV de Montpellier l'oppose, pour l'heure, à son allié d'EELV, Gérard Onesta.

Tête de liste PS-PRG aux élections régionales, Carole Delga a annoncé qu'en cas d'élection à la présidence de la future région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, après le 2nd tour se tenant le 13 décembre, elle réunira des états généraux du ferroviaire au cours du premier semestre 2016. L'opération visera selon elle à remettre à plat l'ensemble des projets ferroviaires intéressant la nouvelle région.

La question de la Mogère

Ces états généraux devraient donc permettre à la candidate PS de déminer la question de la future gare TGV de Montpellier, en cours de construction, en vue d'une livraison prévue fin 2017. Des rumeurs circulant depuis la veille indiquaient que Carole Delga, dans l'hypothèse de son élection, pourrait suspendre le co-financement de la Région (34 M€) à ce chantier de 135 M€.

Carole Delga n'a pas caché le différend l'opposant à son allié écologiste du second tour, Gérard Onesta, sur le sujet. Elle a réaffirmé son soutien au projet, alors qu'EELV combat de longue date ce chantier, positionné sur le site de la Mogère, à Montpellier.

"J'ai dit plusieurs fois que je suis favorable à ce projet, rappelle Carole Delga. Les états généraux du rail, en 2016, permettront de remettre à plat ce dossier, mais aussi celui des trains du quotidien, et de l'intermodalité train/tram/route, et ce en présence des usagers, des citoyens, des syndicats, de la SNCF, des financeurs et des collectivités concernées. L'accord passé avec EELV ne se résume pas à un copier-coller de nos propositions. Il existe des points communs, tels que la politique de soutien aux territoires, même ruraux ; le développement économique, social et solidaire ; ou les énergies renouvelables, avec par exemple le développement de l'éolien marin. Sur tous les autres points, nous débattrons de façon loyale."

"Le rail, dans nos deux régions, a souvent été un lieu de friction, poursuit Gérard Onesta. Nous voulons en faire un lieu d'unification. Il faut voir comment pourra se faire la jonction entre les deux territoires. Et il faut dire que les investissements ne sont pas infinis, on le sait. Nous mettrons ces dossiers sur la table, sans tabous. C'est une façon totalement nouvelle de faire de la politique, qui permettra de dépasser les divisions du passé."

Un "appel citoyen" face au FN

Ces annonces ont été faites lors d'une réunion destinée à lancer un "appel citoyen" en faveur de la candidature de Carole Delga, dans un climat de forte poussée du FN lors du 1er tour des régionales. Face à une assistance de près de 200 personnes, un panel de représentants du monde politique, économique, scientifique, culturel et associatif a expliqué les motifs de ce soutien, en concentrant ses attaques sur Louis Aliot et le programme du FN.

Pierre Deniset (société Kaliop) a souligné l'urgence de "maintenir des relations ouvertes entre tous, car ce sont des indicateurs d'un redémarrage économique, qu'il ne faut pas casser". Pour sa part, le directeur du Pôle BioSanté Rabelais, Joël Bockaert, a rappelé que l'enseignement supérieur et la recherche reposent sur "l'ouverture, la volonté d'apprendre et de comprendre : tout ce qui s'oppose aux valeurs du FN", en concluant : "Ce n'est pas avec des principes simplistes qu'on résoudra nos problèmes".

La liste des soutiens à Carole Delga issus de la société civile a été communiquée lors de cette réunion, et mentionne plusieurs personnalités en vue en Midi-Pyrénées et dans le Languedoc-Roussillon, telles que Boris Calmette (président de Coop de France L-R), Xavier Chatellier (président de l'URSCOP L-R), Jean Cottave (ex délégué régional d'EDF L-R), Talaat El Singaby (directeur des Internationales de la Guitare), Bénédicte Laurent (fondatrice de Namae Concept), Marion Mazauric (directrice d'Au Diable Vauvert), Michel Robert (ex président de l'UM2), ou encore Bernard Serrou (cancérologue, président du Club Mozart), parmi près de 90 personnes signataires de cet appel.