Brexit : ErgoSanté rapatrie sa production dans le Gard

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(Crédits : Ergosanté)
Brexit oblige, l’entreprise gardoise ErgoSanté, spécialisée dans la conception et production de matériel ergonomique pour le bien-être au travail, rapatrie 80 % de sa production sur son siège social à Anduze (30). Elle agrandit son usine pour répondre à cette nécessité et accompagner sa croissance (+ 66 % en 2019).

ErgoSanté, créée en 2013 et installée à Anduze dans le Gard, conçoit et distribue du matériel ergonomique adapté aux besoins spécifiques des entreprises et de leurs collaborateurs. Son ambition : améliorer les conditions de travail en réduisant la pénibilité et en facilitant l'accès au travail pour les personnes les plus exposées et en particulier les personnes en situation de handicap.

L'entreprise emploie 65 collaborateurs répartis entre son siège social à Anduze et 12 agences sur tout le territoire français. Le 30 janvier, elle annonce une forte croissance (+ 66 %) de son activité sur l'année 2019, portant son chiffre d'affaires à 7,3 M€.

« Toutes les entreprises sont obligées d'avoir 6 % de personnes en situation de handicap, rappelle Samuel Corgne, dirigeant-fondateur d'ErgoSanté, pour expliquer cette croissance. Même si elles sont encore loin de remplir ces obligations, les entreprises doivent recruter et donc adapter les postes de travail et instaurer des conditions favorables. Le marché se développe donc, et nous, nous structurons notre présence sur le territoire. Nous faisons aussi de la prévention des risques avec des exosquelettes, des sièges de bureau, des tapis de marche, etc. »

« Avec le Brexit, la sous-traitance industrielle devient ingérable ! »

Le 3 février, Ergo Santé inaugurera son nouvel entrepôt de stockage de 400 m2 et 6 m de haut (500 000 € d'investissement), permettant à sa capacité de production en sièges ergonomiques, une des gammes de produits-phares de l'entreprise, de passer rapidement de 3 000 à 10 000 unités par an.

Cette extension des capacités de production répond au besoin d'accompagner la croissance de d'activité, mais aussi à la stratégie d'intégration de la production, notamment dans le contexte du Brexit.

Jusqu'à présent, 70 % de la production d'ErgoSanté était sous-traitée auprès de partenaires britanniques, lui permettant de produire des sièges ergonomiques sur mesure « dans des conditions de prix, délais et volumes compétitifs ».

« On travaillait avec des sous-traitants britanniques car le savoir-faire, notamment sur le siège, avait un peu disparu en France alors qu'on trouvait des personnes qualifiées en Angleterre, explique Samuel Corgne. Mais la gestion industrielle mise en place avec nos sous-traitants pour assurer une production sur-mesure était déjà̀ complexe, et avec le Brexit, elle devient ingérable. L'intégration de la production au siège de l'entreprise, à Anduze, va nous permettre d'accroître notre performance industrielle. Nous allons progressivement passer à 80 % de notre production faite à Anduze et 20 % en Angleterre, que l'on conserve pour des raisons de flexibilité. »

L'entreprise va ainsi créer plus de 20 emplois dans l'année, majoritairement à destination de travailleurs en situation de handicap, renforçant ainsi son modèle d'entreprise adaptée. Sa production emploie aujourd'hui au moins 80 % de salariés handicapés.

Le marché de l'exosquelette

ErgoSanté compte parmi ses clients la BNP, la SNCF, Airbus, la Banque de France ou La Poste. Compte tenu de l'évolution du marché, Samuel Corgne mise sur un chiffre d'affaires « d'au moins 10 M€ » en 2020.

L'entreprise devrait commercialiser, à partir de mars, un nouvel exosquelette « plus simple, utilisable par tous et qui sera vendu à moins de 1 000 € ».

« Il y a des besoins criants partout, observe Samuel Corgne. Nous souhaitons faire une nouvelle proposition d'exosquelette tous les ans. »

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