Smices utilise l'IA pour révolutionner la greffe de foie

 |   |  643  mots
Smices développe un système nettoyant pour caméras endoscopiques
Smices développe un système nettoyant pour caméras endoscopiques (Crédits : Smices)
Conceptrice d'un système de nettoyage des caméras endoscopiques, Smices investit 900 000 € sur son industrialisation et sa commercialisation prévue l'an prochain. Mais la start-up héraultaise travaille sur une autre innovation, pour 2020 également : une technologie de rupture pour faciliter la greffe de foie.

Positionnée dans la création de solutions innovantes aux problématiques rencontrées en bloc opératoire, l'entreprise héraultaise Smices, basée au Crès, développe Medcam, un système de nettoyage des caméras endoscopiques pour la chirurgie mini-invasive (voir ci-dessous). Mais elle vient aussi de lancer un nouveau programme de R&D autour d'une technologie ciblant la transplantation de foie.

Un algorithme de prédiction

Smices développe une intelligence artificielle (IA) destinée à évaluer la qualité d'un greffon hépatique à partir d'une simple photo prise sur le donneur. L'algorithme est en cours de perfectionnement par apprentissage profond (deep learning) sur la base de milliers de clichés de ce type.

"Jusqu'ici la seule façon d'évaluer la qualité d'un greffon était de se fier à l'analyse visuelle du médecin, ce qui pouvait générer un certain taux d'erreur et conduire à jeter un grand nombre de foies tous les ans... Notre produit permettra de sécuriser le processus. Sur la base d'une photo prise sur smartphone et transmise par une application, l'algorithme de prédiction installé sur nos serveurs pourra évaluer le taux de réussite de la transplantation", explique Clément Labiche, cofondateur de Smices.

L'étude publiée récemment sur la base d'un premier test clinique affiche un taux de réussite de 95 %. Smices a conclu un accord avec l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP, 39 hôpitaux) et le CHRU de Montpellier pour lancer l'étude clinique.

Smices envisage de démarrer la commercialisation de son produit dès 2020. "Il s'agit de software, donc les temps de développement sont plus courts que pour d'autres dispositifs médicaux", souligne Clément Labiche.

L'un des premiers partenaires de Smices sur ce produit sera l'Agence de la biomédecine, qui centralise les données sur le prélèvement et la greffe d'organes : selon Clément Labiche, l'organisation vient de sélectionner l'innovation de Smices pour l'intégrer, à terme, à ses logiciels. "Nous espérons ensuite vendre des licences aux autres agences de la biomédecine dans le monde : on en compte une par pays", envisage Clément Labiche.

Medcam en phase d'industrialisation

S'agissant de Medcam, Smices vient de lever les derniers verrous technologiques avant de lancer l'industrialisation du dispositif. Celui-ci se compose d'un consommable, externalisé à 100 % vers des sous-traitants, et d'une capsule réutilisable, assemblée par l'entreprise dans ses locaux du Crès.

"Nous investissons sur une ligne de postes destinés à faciliter le travail des techniciens chargés de l'assemblage. L'opération intègre plusieurs phases - électronique, plasturgie, etc. - et nécessite de maîtriser divers procédés comme la sécurité biologique. Nous avons lancé une première présérie dans le cadre de tests qui vont s'étendre de juin à septembre 2019."

Ensuite, Smices prévoit d'obtenir l'accréditation pour ce produit en fin d'année 2019, puis de lancer la commercialisation après un dernier audit de certification au 1er trimestre 2020. L'entreprise investit, sur l'ensemble des phases d'industrialisation, de certification et de commercialisation, un total de 900 000 €, financés par une levée de fonds, un prêt de bpifrance (180 000 €) et une dotation du fonds French Tech Seed (250 000 €).

Smices ambitionne de vendre 6 000 dispositifs la première année, puis 15 000 en 2021, et 40 000 en 2022. En plus des collaborations nouées avec des établissements français et italiens pour la phase R&D, l'entreprise vient de signer un contrat avec le plus gros distributeur suisse de dispositifs médicaux, et est en pourparlers avancés pour l'Allemagne et les pays scandinaves.

Pour financer plus largement le développement de ses deux produits, Smices travaille déjà sur une levée de fonds de plus de 2 M€ pour 2020. La start-up (neuf salariés) créée en 2018 prévoit de trois à quatre embauches cette année, et de cinq à 10 l'an prochain.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :