Watertracks investit 2,5 M€ sur un robot de curage des barrages EDF

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Watertracks vient de piloter avec succès un chantier expérimental pour le transit sédimentaire écologique dans la vallée de la Maurienne
Watertracks vient de piloter avec succès un chantier expérimental pour le transit sédimentaire écologique dans la vallée de la Maurienne (Crédits : Watertracks)
La PME héraultaise Watertracks annonce une levée de fonds de 450 000 €, qui viennent abonder un budget de 2,5 M€ destiné à développer un robot sous-marin pour le curage des barrages EDF. Ce projet de R&D aboutira, d'ici 2020, à la 1e innovation de ce type sur un marché en forte émergence.

Basée à Vailhauquès (34) et spécialisée dans les systèmes de travaux sous-marins, Watertracks annonce qu'elle vient de lever 450 000 € auprès de l'association de business angels Melies et de la société de capital-investissement Sofilaro. La jeune entreprise innovante finalise en effet un budget de R&D d'un montant de 2,5 M€ après avoir remporté un appel d'offres lancé par EDF.

Un enjeu environnemental émergent

Cet appel d'offres porte sur la mise au point d'un procédé innovant de curage des barrages électriques, dont certains sont très envasés. Watertracks développe la 1e solution robotique dévolue à cette tâche : le robot sous-marin sera capable de curer les sédiments et de les renvoyer, sous forme très diluée, vers les eaux de turbinage utilisées pour la production d'électricité.

"C'est un enjeu environnemental car la règlementation impose de faire ce travail de curage en veillant à l'équilibre sédimentaire des cours d'eau. Or l'activité sédimentaire varie d'un massif à l'autre selon la nature des roches, la pluviométrie, etc. En France, les barrages sont sédimentés à plus de 50 %, contre 38 % dans le monde", explique Raphaël Gaillard, président de Watertracks.

Percée technologique

Le 1er prototype de robot développé par Watertracks sera opérationnel en 2020. Le budget de R&D qui lui est consacré s'élève donc à 2,5 M€ dont 600 000 € financés sur fonds propres (dont la levée de fonds), 600 000 € par subventions (État, bpifrance, Région) et 1,3 M€ par EDF au titre d'un partenariat de développement.

"Si rien n'est fait, la sédimentation représentera 50 % de la capacité de stockage des barrages d'ici 2050. Notre pari est de répondre à ce besoin émergent en proposant une solution alternative aux techniques existantes, qui se limitent à l'utilisation de petits bateaux de dragage. Nous développons le 1er vecteur robotique sous-marin pour ce type de chantier, totalement automatisé et asservi au débit électrique du barrage concerné", poursuit Raphaël Gaillard.

Dans les deux ans à venir, Watertracks va renforcer son bureau d'études, développer son réseau de prestataires, avant de designer le prototype, l'assembler et le tester. La PME dispose d'un atelier d'assemblage à Lunel (34), et réfléchit à l'étendre au moment où elle passera en phase industrielle.

Watertracks développe un chiffre d'affaires de 500 000 à 1,5 M€ selon les chantiers. Elle prévoit de réaliser 1,5 M€ sur ce seul nouveau marché en 2020, et de doubler son activité tous les ans à compter de cette date.

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