Résistance aux antimicrobiens : la biotech Deinove soutenue par le plan de relance

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Deinove a développé une plateforme de micro-biotechnologie avec une collection de près de 10.000 souches rares et de milliers d'extraits bactériens
Deinove a développé une plateforme de micro-biotechnologie avec une collection de près de 10.000 souches rares et de milliers d'extraits bactériens (Crédits : Deinove)
La biotech montpelliéraine Deinove bénéficiera du plan France Relance en soutien de son projet BOOST-ID, visant à industrialiser une technologie de rupture sur l’isolement ciblé de bactéries pour leur potentiel de production d’antimicrobiens.

Deinove, société montpelliéraine de biotechnologie (cotée sur Euronext) qui emploie aujourd'hui une cinquantaine de collaborateurs, développe des antibiotiques novateurs et des actifs biosourcés pour la cosmétique et la nutrition. Elle se présente notamment comme pionnière dans l'exploitation d'un domaine du vivant à 99% inexploré, la « matière noire microbienne », pour s'attaquer à un défi sanitaire et mondial de la résistance aux antimicrobiens (antibiotiques, antifongiques, antiviraux et antiparasitaires).

L'entreprise a ainsi développé une plateforme de micro-biotechnologie avec une collection de près de 10.000 souches rares et de milliers d'extraits bactériens, sur laquelle elle s'appuie pour identifier de nouvelles molécules ciblant des indications thérapeutiques infectieuses prioritaires et d'enjeu mondial.

Explorer la biodiversité bactérienne

Son projet BOOST-ID (Bacteria Optimum Output Screening Tool for treating Infectious Diseases) a été retenue dans le cadre du plan de relance. A ce titre, elle percevra une subvention entre 500.000 et 800.000 euros pour financer ce projet d'un million d'euros.

BOOST-ID vise à industrialiser une technologie de rupture, la microfluidique en gouttes, pour l'isolement ciblé de bactéries pour leur potentiel de production d'antimicrobiens.

« La station de microfluidique permettra à Deinove l'exploration en profondeur et à très haut débit - 1 million de gouttes testées par heure - de la biodiversité bactérienne au sein d'échantillons environnementaux collectés sur le territoire national, indique l'entreprise. En sortie de projet, Deinove bénéficiera d'une plateforme intégrée et hautement automatisée sur l'ensemble de sa chaîne de valeur, de l'échantillon environnemental jusqu'à la production industrielle de la molécule antibiotique... Cette technologie de rupture apportera à Deinove un avantage compétitif sur ses concurrents directs en termes de nouveauté. »

Selon l'entreprise, la mise en œuvre d'un module microfluidique sur la plateforme industrielle de Deinove se traduira par une augmentation notable des candidats-médicaments produits. 


Anticiper l'émergence de nouvelles maladies infectieuses

« La pandémie actuelle de SARS-CoV-2 illustre les conséquences désastreuses de la diffusion à l'échelle mondiale d'un agent infectieux pour lequel aucun traitement efficace n'existe, au niveau de la santé publique, de l'économie et de la société, rappelle l'entreprise dans un communiqué. Elle souligne aussi les difficultés et la durée conséquente pour développer ab initio une solution de prévention (vaccin) et surtout un traitement thérapeutique, malgré des efforts colossaux de R&D. Cet état de fait nous rappelle la nécessité d'anticiper dès à présent l'émergence future et inévitable de nouvelles maladies infectieuses. Le développement de l'antibiorésistance constitue une source d'inquiétude croissante des pouvoirs publics, comme le résume le rapport édité par Bpifrance en 2018. (...) En France, un Programme Prioritaire de Recherche contre l'antibiorésistance a été lancé début 2020 sous l'égide de l'INSERM avec un volet axé sur l'innovation thérapeutique. »

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