Projet Solarvi : la thèse et le consortium sur les rails

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Solarvi vise à valoriser le CO2 émis par la fermentation du raisin
Solarvi vise à valoriser le CO2 émis par la fermentation du raisin (Crédits : Objectif Aquitaine / Appa)
La Ville de Baillargues est la 2e collectivité en France à co-financer une thèse, visant à développer le projet Solarvi (valorisation du CO2 produit en viticulture). L'annonce, faite le 5 décembre, a permis de préciser la nature du consortium d'entreprises chargées d'industrialiser le procédé.

Porté par l'Institut d'Électronique et des Systèmes (UM2/CNRS) et la chercheuse Béatrice Sala (fondatrice de la start-up e-mia), le projet Solarvi vise à transformer et valoriser le CO2 par l'utilisation de l'énergie solaire afin de réduire les gaz à effet de serre. Encore en phase expérimentale, Solarvi s'appuie sur une thèse conduite par le doctorant Andréa Micheletti.

Présentée le 5 décembre, cette thèse fait l'objet d'un co-financement assuré par la Ville de Baillargues (30 000 € sur trois ans) et par les industriels associés au projet. C'est la 2e fois en France qu'une collectivité s'engage dans une telle démarche, après une première thèse co-financée par Montpellier Agglomération pour son projet ÉcoCité.

"Dans le cadre de notre plan Climat-Énergie, nous œuvrons sur les économies d'énergie, indique Jean-Luc Meissonnier, maire de Baillargues. Il m'a paru important de voir comment récupérer le CO2 rejeté par les caves coopératives afin de produire de l'énergie propre et d'assurer des revenus supplémentaires aux viticulteurs."

Les viticulteurs, premiers bénéficiaires

Selon Béatrice Sala, la viticulture serait, en Languedoc-Roussillon, le premier émetteur de CO2, avec 0,2 million de tonnes produites tous les ans par la fermentation des vins et des alcools, et de 0,8 à un million de tonnes produites par les produits secondaires tels que les sarments. Le procédé Solarvi, dans un second temps, pourra intéresser d'autres filières telles que les producteurs de cannes à sucre, les cimenteries ou les centrales au gaz.

"Solarvi récupère le CO2 rejeté par la fermentation du raisin, la méthanisation des résidus et la combustion des sarments et, par hydrogénation électrolytique, le transforme en éthanol, explique-t-elle. L'intérêt du procédé est que ce gaz est pur, par comparaison au CO2 rejeté par les cimenteries. Selon nos calculs, une cave coopérative produisant 200 000 hl de vin par an, et qui investirait dans ce système, pourra tirer un revenu annuel de 200 000 € du CO2 valorisé par Solarvi."

Accord de consortium

Un accord de consortium, impliquant plusieurs sociétés, à déjà été signé pour porter le projet vers ses premiers développements techniques et industriels. Basée en Seine-et-Marne, la société Top Industrie (fabricant d'autoclaves haute pression, 40 salariés, CA 2014 : 8 M€) se chargera de la réalisation d'un prototype. L'Héraultais Apex Énergies (conception et gestion de centrales solaires, 17 salariés, CA 2014 : 5 M€) concevra le couplage solaire destiné à faire tourner le système en autonomie. Des contacts ont aussi été pris avec Tereos, opérateur de niveau mondial sur le marché du bioéthanol, qui se dit intéressé par le procédé.

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