Pays d’Oc IGP veut recruter 30 % de vignerons en plus sur dix ans

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Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs de Vin de Pays d'Oc.
Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs de Vin de Pays d'Oc. (Crédits : DR)
Pour répondre au succès du label des vins de cépages Pays d’Oc IGP, son président Jacques Gravegeal a annoncé, le 26 novembre, une vague de recrutement historique des vignerons candidats à l’installation. Objectif : accroître le vignoble de 30 à 40 000 hectares supplémentaires d’ici dix ans.

Il n'avait pas pris la parole en public depuis trois ans. Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs de Vin de Pays d'Oc, porté par les excellentes performances du label sur la récolte 2015 (767 405 hl contractualisés au 21 novembre 2015, contre 392 619 versus 2013), rompt ce silence en annonçant une vague de recrutement historique d'un généreux « Venez, venez ! », à l'adresse des vignerons candidats à l'installation.

"Le label est aujourd'hui 5e exportateur mondial de vins de cépages, ce qui le positionne en concurrence directe avec les États-Unis, l'Australie, le Chili, etc. Si l'augmentation tendancielle du marché - entre 200 et 400 0000 hl annuels - se maintient, il faudra produire d'ici 10 ans 8 M hl pour répondre à la demande des consommateurs. Faut-il encore que nous puissions les produire... Il en va de l'avenir du label », insiste Jacques Gravegeal, marqué par l'expérience des deux dernières années traversées par une tension historique du marché.

La récolte 2015 au secours du marché

Depuis deux campagnes, l'IGP Pays d'Oc vend plus (entre 6 et 6,2 M hl) qu'elle ne produit (5,9 à 6 M hl) malgré une hausse de production de 15,5 % sur les trois dernières campagnes de récolte, ce qui a entraîné une baisse significative des stocks.

«Nous étions sur le point de manquer de sourcing, notamment sur les rouges, détaille Jacques Gravegeal. Mais heureusement la récolte 2015 est arrivée, on respire ! Les volumes sont là (entre 6,2 et 6,7 M hl selon les estimations de la DRAAF, NDLR), avec un très bon millésime qualitatif et quantitatif. Nous pouvons enfin développer des stratégies sur le futur. »

La mise en place à titre expérimental, fin novembre, du dispositif de Volumes complémentaires individuels (VCI) sur la récolte 2015 permettra dans un premier temps de parer à cette baisse du stock outil : plafonnée à 5 hl/ha au-delà des rendements maximum autorisés avec un plafond cumulable sur trois récoltes de 15 hl/ha, cette mise en réserve augmenterait la capacité de stockage de l'IGP Pays d'Oc de 900 000 hl. Mais ce n'est pas assez.

Entre 30 et 40 000 ha supplémentaires à l'horizon 2025

L'objectif des 8 M hl passera nécessairement par un renouvellement du vignoble occupé par le label (115 000 ha), qu'il faudra accroître de 30 à 40 000 hectares supplémentaires d'ici dix ans.

« Les primes à l'arrachage ont entraîné en Languedoc-Roussillon la disparition de 200 000 ha qui ont laissé des plaies béantes, préjudiciables au tourisme et à l'oenotourisme, assure Jacques Gravegeal. il faut désormais progresser vers un aménagement du territoire concerté. »

Cette stratégie s'inscrit dans le contexte des autorisations de plantations (ex-droits de plantations) prévues par la nouvelle Politique agricole commune (PAC), fixées à 1 % pour le vignoble européen de 2016 à 2020. « À l'échelle des 30 000 ha nécessaires au renouvellement du label, toutes les replantations ne seront pas finançables », prévient Jacques Gravegeal qui entend sécuriser son recrutement en faisant jouer d'autres leviers : bancaire, avec une négociation en cours auprès de bpifrance pour négocier des prêts en dessous du minimum actuel accepté (750 000 €), et en accompagnant les vignerons candidats à l'installation qui pourraient bénéficier d'une "formation accélérée".

Recrutement de vignerons

Pour atteindre les objectifs fixés, les besoins se portent statistiquement à 30 % de vignerons supplémentaires, sur les 1 920 entreprises adhérentes de l'IGP Pays d'Oc (caves 220 caves coopératives, 1030 caves particulières).

Pour y parvenir, le président des producteurs de Vin de Pays d'Oc en appelle donc « aux pouvoirs publics, aux banquiers, à bpifrance, etc. » et promet aux vignerons, une contractualisation leur assurant une rémunération régulière , à travers un discours qu'il veut rassurant, dans le contexte actuel du succès du label : « Le label est aujourd'hui porteur d'avenir pour les vignerons. Les cours que nous avons aujourd'hui nous permettent de dire que l'on peut gagner sa vie en faisant des cépages, qui représentent aujourd'hui 80 % des vins échangés dans le monde », conclut-il.

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Commentaires
a écrit le 27/11/2015 à 8:42 :
Propriétaire de terrains sur le Plateau de Valensole (04) serait t'il possible d'implanter des vignes sur ce secteur très ensoleillé ( il y avait des vignes à l'époque ! ) ? Qu'elles en seraient les formalités et qu'elles aides seraient envisageables ?

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