La bière a le vent en poupe dans les Pyrénées-Orientales

Deux entreprises du département ont décidé de développer leur propre marque de bières et viennent conforter l’offre déjà riche des micros ou petites brasseries existant dans les Pyrénées-Orientales.

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A Toulouges (66), les établissements Milles ont sorti leur gamme de bières, baptisée la Mil.lenari.
A Toulouges (66), les établissements Milles ont sorti leur gamme de bières, baptisée la Mil.lenari. (Crédits : DR)

Les temps changent et il est un signe qui ne trompe pas : la bière a détrôné le vin au premier rang des boissons préférées des Français. Portées par le développement foisonnant et créatif des micro-brasseries, certaines sont devenues des PME, et la production de bière intéresse aujourd'hui des interlocuteurs différents, à l'image des établissements Milles à Toulouges et du distributeur Prodister à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales.

« La bière fait partie de l'histoire de notre entreprise », rappelle Laure Milles, P-dg de la société qui porte son nom. Notre entreprise a été créée en 1928 en fabriquant des sodas et nous avons commencé la distribution en 1931. Puis très vite, nous sommes devenus embouteilleurs avec des bières qui arrivaient alors par le train. Nous avons 90 ans de collaboration avec Heineken. En parallèle, nous fabriquons pour Orangina depuis 1949, pour Pespi-Cola depuis 1996, nous avons lancé la Sémillante en 1999... »

Rien de très étonnant, alors, que l'entreprise développe sa propre gamme et devienne brasseur. « C'est un projet qui a pris corps en 2018 mais qui a été un peu ralenti par la crise du Covid », précise la dirigeante.

Partenaire des Déferlantes

Pourtant, tout était prêt et le lancement de la Mil.lenari a bien eu lieu, quelques jours avant l'entrée en vigueur du premier confinement en 2020. Ce coup du sort a changé les plans de l'entreprise qui avait d'abord tablé sur son propre réseau de clients en bars et restauration et l'a finalement contrainte à se positionner en grande distribution bien plus tôt qu'envisagé.

« Il nous a fallu un an pour tout préparer et nous avons pu être en rayon en mai 2021 », indique Laure Milles.

Depuis Heineken a confié la fabrication de sa gamme Occitania à l'entreprise de Toulouges.

 « C'est une fierté parce que cela montre que nos process sont au niveau des exigences des très grandes entreprises du secteur », analyse Laure Milles, qui n'en dira pas plus sur les chiffres de la production.

La Mil.lenari est déclinée en plusieurs références, blonde, blonde ambrée, IPA et en « fruité » avec une gamme de goûts méditerranéens, citron, cerise, pêche-abricot.

« Ce que nous avons voulu, c'est que nous bières soient accessibles, relativement légères et qu'elles incarnent l'esprit du partage », décrit-elle.

Et comme pour effacer les stigmates du Covid et des retards pris, la Mil.lennari sera la bière officielle du festival Les Déferlantes pour sa première édition à Céret...

1.800 hectolitres par an

A Rivesaltes, c'est Prodister qui ouvre ces jours-ci sa propre brasserie. Là encore, le projet ne date pas d'hier mais remonte à avant le Covid, en 2016.

« C'est assez nouveau pour notre entreprise, explique Céline Sabater, P-dg de l'établissement. À l'origine, nous sommes négociants en vin spécialisés dans les vins du Roussillon mais la bière est une voie de diversification intéressante pour nous, un complément logique pour notre gamme en distribution. »

Une gamme qui lui permet de réaliser un chiffre d'affaires de 1,4 million d'euros.

L'entreprise fait alors le choix de créer une brasserie artisanale bio, avec pour ambition de brasser entre 1.400 et 1.800 hectolitres de bières par an. Ce sera la B.A.R., brasserie artisanale du Roussillon, dans une gamme pour l'instant resserrée, une blonde de soif, une blanche, une ambrée et une IPA qui seront disponibles en différents formats sous la marque Xot (la chouette en catalan).

L'investissement se monte à 4,5 millions d'euros, soutenu par la Région Occitanie, par Perpignan Méditerranée Métropole, par la commune de Rivesaltes et par le Pays de la vallée de l'Agly.

Mais le projet ne se limite pas à la brasserie : « Nous en profitons pour créer un magasin de vente directe et un restaurant-bar qui viennent en complément de la brasserie », ajoute Céline Sabater.

Autant d'activités nouvelles qui vont faire passer l'entreprise de 9 à 18 salariés et la font entrer un peu plus dans l'ère du développement durable : elle sera autonome en électricité grâce aux panneaux photovoltaïques que le nouveau bâtiment accueille.

De quoi compléter une offre départementale déjà dense en bière, entre Cap d'Ona, Alzina, Rull, Ovalie... Et de satisfaire tous les goûts (et toutes les soifs).

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