La réforme, "une page blanche à écrire"

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Lors du 1er « Grand Débat », organisé par Objectif jeudi dernier, les présidents de CCI se sont inquiétés de la mise en place concrète de la réforme.

D'une seule voix, les présidents de CCI présents (*) ont insisté sur la nécessité de la réforme (après bien des résistances et des levées de boucliers) afin d'être plus fort et de parler unis face à la Région, qui détient une forte compétence en matière économique.

Ils se sont aussi accordés sur la philosophie de la réforme, qui tout en concentrant les pouvoirs décisionnaires à la CCIR (ex-CRCI), devra laisser les CCIT (ex-CCI) être les interlocuteurs privilégiés et de terrain des chefs d'entreprises. La CCIR serait une sorte de holding et les CCIT ses filiales. Les présidents de CCI se sont ainsi refusés à envisager d'autres disparitions de CCI (au nombre de 9 en Languedoc-Roussillon), sauf si certaines veulent fusionner.

C'est l'application de la réforme, elle-même, qui a cristallisé toutes les interrogations. « La page à écrire est blanche », estiment les présidents de CCI.

Dès le 1e janvier 2011, la CCIR gèrera ainsi un budget unique, collecté par les CCIT et devra le dispatcher. Mais sur quels critères ? La 1e année, les CCIT devraient maintenir leur budget actuel. Mais après ? Sera-t-il calculé en fonction du nombre de leurs ressortissants ? Ou en fonction des projets qu'ils présenteront et défendront devant la CCIR ? Sur ce point, des divergences sont apparues entre Bernard Fourcade et Rudy Iovino, les deux seuls candidats déclarés à ce jour à la présidence de la CCIR.

Quant aux efforts budgétaires demandés par l'État (5% par an sur 3 ans), les présidents de CCI ont estimé être des « gens raisonnables et des chefs d'entreprises capables de faire des économies ». Mais comment se feront-elles ? Les réponses sont restées assez vagues, sans doute pour ne pas attiser la crainte du personnel des CCI (un millier de salariés).


(*) ce 1e « Grand Débat », organisé au Golf de Massane à Baillargues (34), réunissait Serge Clausse (président sortant de la CRCI), Michel Fromont (ancien président de la CRCI), Bernard Fourcade (président de la CCI de Perpignan), Denis Volpilière (président de la CCI de Nîmes) et Rudy Iovino (président de la CCI de Montpellier).

Verbatims et morceaux choisis :

Serge Clausse, président sortant de la CRCI : « Il nous est demandé de baisser la pression fiscale de 15 % en trois ans. Sachant que nous voulons toujours permettre aux chambres territoriales d'être proches des entreprises, la seule solution passe par la mutualisation des moyens. »

Rudy Iovino, président de la CCI de Montpellier et candidat à la présidence de la CCIR : « Il existe bien des projets mutualisables, comme l'international, la formation ou les transports régionaux. Mais le service aux entreprises ne l'est pas. Il doit rester aux mains des chambres locales. »

Denis Volpilière, président de la CCI de Nîmes : « Ma philosophie est que la CCIR doit être le lieu du pouvoir et de l'organisation des actions. En revanche, elle doit laisser la relation avec les clients aux chambres territoriales. »

Bernard Fourcade, président de la CCI de Perpignan et candidat à la présidence de la CCIR : « La loi de la réforme n'est pas très précise. Aussi nous faudra-t-il d'emblée écrire un contrat de mandature pour avoir une visibilité. La première année, le budget sera retiré des sommes perçues par l'État, et le solde sera reversé aux chambres selon les anciennes règles. Personnellement, je suis favorable au maintien de cette répartition. »

Michel Fromont, ancien président de la CRCI : « Le futur président sera élu par une majorité en assemblée générale. Ce qu'il proposera, par définition, aura été accepté. Il aura donc bien plus de pouvoir que dans l'actuelle CRCI. »

Gwenaëlle Guerlavais
et Anthony Rey

Légende : Le 1e « Grand Débat » organisé par Objectif Languedoc-Roussillon a attiré une soixantaine de participants.
Crédit photo : Bertrand Tardiveau


Les prochains « Grands Débats » organisés par Objectif Languedoc-Roussillon auront lieu après le dépôt définitif des listes le 29 octobre 2010 :
- le mardi 9 novembre 2010 à Perpignan (animé par Anthony Rey)
- le lundi 15 novembre 2010 à Nîmes (animé par Gwenaëlle Guerlavais)
- le mardi 16 novembre 2010 à Montpellier (animé par Jean-Claude Gallo)
Ces débats verront débattre les candidats en lice sur leurs programmes et leurs listes.

Sur inscription à [email protected]

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