L'économie présentielle a fléchi en Languedoc-Roussillon en 2014

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(Crédits : reuters.com)
Malgré des chiffres de l’emploi à la hausse, le chômage continue de progresser en Languedoc-Roussillon, accru par le phénomène d’augmentation annuelle de la population active. L’Insee dresse le bilan économique et social de l’année 2014 dans la région.

Un emploi marchand en dents de scie durant toute l'année 2014, tel est le constat fait par l'Insee qui voit là le reflet des tâtonnements de l'économie régionale. Fin 2014, il affichait une évolution stable (-01, %) quand il baissait sensiblement au niveau national (- 0,5 %). Mais le taux de chômage, lui, poursuit sa progression (+ 0,6 points) pour atteindre 14,3 % de la population active en Languedoc-Roussillon.

Des indicateurs qui « témoignent d'un contexte de fléchissement de la demande intérieure, en particulier de l'investissement des ménages et de la commande publique », observe le rapport de l'Insee.

L'économie du Languedoc-Roussillon, principalement composée d'activités présentielles, a eu tendance à ralentir au cours des trois premiers trimestres, malgré le soutien de la fréquentation touristique qui a été plutôt satisfaisante, notamment pour l'hôtellerie de plein air.

Le 4e trimestre 2014 a montré des signes de regain d'activité encourageant, « qui demandent à être confirmés », et a notamment enregistré une hausse de l'intérim en toute fin d'année, notamment pour faire face aux besoins de main d'œuvre des grands chantiers (doublement de l'A9, contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier).

Ainsi, l'économie régionale a-t-elle perdu 2 000 emplois salariés dans les secteurs marchands non agricoles durant les trois premiers trimestres, et en a-t-elle regagner autant au dernier trimestre.

Mais la stabilité de l'emploi salarié marchand concurrentiel dissimule d'importantes disparités territoriales : l'Hérault gagne le plus d'emplois et les autres départements de la région en perdent.

Si le taux de chômage est de 6,2 % dans la zone d'emploi de Lozère, il est de 18 % dans la zone d'emploi d'Agde-Pézenas, soit le niveau le plus élevé de France métropolitaine.

Succès du vin à l'export

Le secteur de la construction, notamment, a continué à perdre des emplois, malgré une stabilisation en fin d'année. Et c'est le service aux entreprises qui présente les plus fortes progressions d'emploi. L'emploi industriel se stabilise également, grâce notamment à un bon niveau d'activité des industries alimentaires.

Secteur-clef de la région, la viticulture affiche un volume de la récolte en baisse de 6 % par rapport à 2013 mais dans la norme des cinq dernières années en dépit des aléas climatiques. Les cours des vins en vrac progressent de 10 % et les quantités commercialisées augmentent. Les exportations ont augmenté en volume et en valeur, avec des ventes significatives vers l'Europe (notamment les Pays-Bas et le Royaume-Uni) et l'Asie (en particulier la Chine).

3,2 Mds € versés par la CAF

« Dans une région où la population active augmente à un rythme de + 1 % par an, la  hausse de l'emploi total de l'ordre de + 0,4 % est insuffisante pour enrayer la croissance du chômage », conclut l'Insee.

Paradoxalement, l'année 2014 est donc, comme les trois années précédentes, une année de croissance d'emploi et de hausse du chômage.

Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle Emploi a ainsi progressé fortement (+ 6,7 % dans les catégories A, B et C en 2014), touchant particulièrement les personnes de plus de 50 ans (+ 11,7 %). Les moins de 25 ans enregistre une hausse moindre (+ 2,7 %) grâce notamment à la forte mobilisation des politiques d'emploi dédiées.

L'emploi saisonnier, très important en région, permettait de sortir de situations de demande d'emploi et d'endiguer le chômage de longue durée. « C'est désormais moins le cas », constate l'Insee.

Conséquences sociales de la crise : le nombre de bénéficiaires de minima sociaux progresse plus vite que la croissance démographique. Ainsi les caisses d'allocations familiales (CAF) ont-elles versé, en 2014, 3,2 Mds € aux foyers de la région, soit environ 5 % du PIB régional.

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