La YESS Académie récompense quatre projets

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Les lauréats de la YESS Académie 2015, au Pôle Réalis à Montpellier, le 13 novembre.
Les lauréats de la YESS Académie 2015, au Pôle Réalis à Montpellier, le 13 novembre. (Crédits : Région LR)
L’académie de l’entrepreneur social, baptisée YESS Académie et née à Montpellier en 2014, a tenu sa seconde édition les 12 et 13 novembre. Quatre projets ont été distingués, dont l'un est porteur d’une innovation médicale prometteuse.

Forte du succès de la 1ère édition en 2014, la Région Languedoc-Roussillon a renouvelé la YESS Académie les 12 et 13 novembre derniers. Une seconde édition organisée par le Pôle Réalis, en partenariat avec l'incubateur Alter'Incub et le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves).

L'édition 2015 était parrainée par André Dupon, entrepreneur social, président du groupe Vitamine T (entreprise de recyclage, 60 M€ de chiffre d'affaires) et président national du Mouves.

Accélérateur de projets, la YESS Académie a pour vocation de faire connaître et émerger des initiatives économiquement performantes et socialement innovantes. Pendant deux jours, elle a rassemblé 51 entrepreneurs sociaux et porteurs de projets qui ont travaillé en équipe afin de concrétiser les projets, grâce notamment à la présence à leurs côtés d'experts et coaches venus leur apporter leurs compétences (communication, marketing, finances, ressources humaines, etc.).

À l'issue de ces deux jours de travail collectif, la YESS Académie a récompensé les quatre projets les plus exemplaires, ceux ayant démontré leur force économique et sociale. Ils bénéficieront d'un accompagnement leur permettant de se développer dans les meilleures conditions.

Parkinson

Le prix Synersud a été décerné à S&J Technologies, un projet porté par Sébastien Teissier et Jordan Miron, dont l'objet est de concevoir des dispositifs médicaux innovants agissant sur des symptômes non traités dans la maladie de Parkinson.

« Cette maladie, connue pour ses symptômes de tremblements, provoque également une altération de la marche qui peut entraîner des chutes, expliquent les deux jeunes entrepreneurs. C'est un problème qui, aujourd'hui, ne peut pas être résolu par les traitements médicamenteux ni par la chirurgie. En France, on compte environ 200 000 personnes atteintes de la maladie de Parkinson, dont 50 à 87 % sont concernées par ce problème d'altération de la marche... Notre dispositif est basé sur une stimulation non invasive, c'est à dire que nous faisons passer l'information qui commande le mouvement des jambes par une autre zone du cerveau que celle normalement stimulée. »

Le projet a été lancé il y a trois ans, au sein de la pépinière d'entreprise nîmoise  Innov'up, avant d'être partiellement hébergé au pôle Réalis, et mené en lien avec les associations de malades, notamment France Parkinson.

« Notre dispositif électronique, que nous avons breveté, a été testé sur 43 patients, précise Jordan Miron. Nous avons fait la preuve du concept, en partenariat avec des neurologues. Nous souhaitons pouvoir créer notre entreprise au cours du 1er trimestre 2016 et nous travaillons maintenant sur l'industrialisation du dispositif, que nous voulons mettre en œuvre à Montpellier. Cette récompense de la YESS Académie arrive dans un bon timing pour nous. »

Un supermarché coopératif

C'est le projet « La Cagette » qui a remporté le prix Banque Populaire du Sud.

La Cagette est une association dont le but est de créer un supermarché collaboratif, coopératif et à but non lucratif à Montpellier : chaque coopérateur s'engage à participer au fonctionnement du magasin, à hauteur de 3 heures par mois, réalisant ainsi 75 % des tâches de fonctionnement du magasin. Ce modèle économique permettrait de maintenir des prix inférieurs à la grande distribution classique, tout en offrant un prix juste aux producteurs.

« Nous avons démarré ce projet en 2015 et nous réunissons déjà plus de 80 adhérents, explique Emmanuelle Rouchon, l'une des porteuses de projet. Nous voulons aussi apporter des services complémentaires associés et une vraie mixité sociale, comme ça peut se faire par exemple à New York. À Montpellier, des contacts ont déjà été pris avec un restaurant d'insertion coopératif et des nutritionnistes. »

Un accompagnement pour les enfants handicapés

Le prix de l'entrepreneur social a récompensé Alterego, un projet qui propose un service de soutien éducatif à domicile sur le territoire régional aux familles dont les enfants handicapés (autisme, hyper-activité, troubles du comportement, etc.), souvent exclus du système éducatif classique, souffrent d'un déficit d'accompagnement spécialisé.

« En région, on dénombre 800 enfants dans cette situation, fait observer Erwan Many, l'un des 20 éducateurs spécialisés qui portent le projet. Ce prix va donner un élan à notre projet... La prochaine étape, pour nous, est de rencontrer le Conseil départemental afin d'obtenir un agrément. »

Cette solution doit rester transitoire et permettre aux enfants de réintégrer le milieu scolaire ordinaire ou spécialisé.

Une épicerie vrac

Enfin, le prix Réalis a été remis au projet CityZen Market, portant sur la création d'un concept store et mettant en avant l'économie circulaire, les circuits courts et le consommer mieux. Il se traduirait par une épicerie bio vendant des produits en vrac, sans emballage, et d'une plate-forme en ligne de commandes groupées auprès de producteur locaux.

« C'est un concept qui existe déjà dans de grandes villes du nord, mais pas encore à Montpellier, explique Alexandra Klein. Je souhaiterais proposer aussi des services associés, comme des ateliers "do it yourself" sur l'utilisation des produits. »

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