À Montpellier, le patron du Tour de France clôt la polémique avec les vignerons

 |   |  556  mots
De gauche à droite : C. Prudhomme (Tour de France), P. Saurel (M3M), et J. Despey (FranceAgrimer)
De gauche à droite : C. Prudhomme (Tour de France), P. Saurel (M3M), et J. Despey (FranceAgrimer) (Crédits : M3M)
Face à l'accord entre le Tour de France et un vin chilien, qui avait suscité la colère des vignerons audois, la mobilisation de la filière viticole a payé : Christian Prudhomme s’est déplacé à Narbonne puis Montpellier, le 10 mai, pour annoncer la création d’un pavillon des vins sur l’ensemble du parcours de la Grande Boucle.

« Nous sommes ici car, avec Jérôme Despey (président du conseil spécialisé des vins de FranceAgriMer, NDLR) et Jacques Gravegeal (président du syndicat des producteurs des Pays d'Oc IGP, NDLR), nous avons rencontré Frédéric Rouanet (le président du syndicat des Vignerons indépendants de l'Aude, NDLR) aujourd'hui et nous sommes parvenus à un accord », annonce Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, en déplacement à Montpellier, le 10 mai.

L'accord en question consiste en la création d'un pavillon des vins sur chaque étape du Tour de France 2016. Destiné à promouvoir la production viticole locale, cet espace proposera des dégustations et des animations autour des vins de la région traversée par le tour.

Même les étapes disputées dans les territoires non viticoles bénéficieront de ces pavillons des vins. Un accord conclu au sein de la filière viticole, entre les différentes interprofessions, vise à mettre en avant les vins des vignobles qui ne sont pas traversés cette année par la course cycliste dans les pavillons en question.

Fin de polémique

« C'est la fin d'une polémique autour d'un partenariat entre le Tour de France et un vin chilien, rappelle Jérôme Despey. Les mutations qualitatives de cette région et le fleuron national que représente la viticulture doivent être mis en avant et nous nous réjouissons de la proposition faite par la direction du Tour de France. »

Le partenariat avec le cru chilien Bicicleta a été conclu en 2014 et court sur quatre années, soit jusqu'en 2017. Dénonçant cet accord, les viticulteurs audois, représentés par  Frédéric Rouanet, avaient menacé de bloquer le Tour de France.

Les premières négociations qui avaient eu lieu début mars n'avaient pas suffi à clore la polémique. Cette fois-ci, la menace de blocage a été levée.

"Les collectivité territoriales et la Région se sont également mobilisées pour manifester leur désapprobation en co-signant une lettre envoyée à Christian Prudhomme en mars dernier, déclare Philippe Saurel, le maire de Montpellier et président de la Métropole qui accueillera l'arrivée de la 11e étape du Tour de France. Nous souhaitions que le filière viti-vinicole aide toute sa place lors de ce grand évènement sportif."

Quid de la loi Évin ?

Il n'en reste pas moins que le sujet soulève un point réglementaire non encore élucidé, associé à la loi Evin. Celle-ci interdit tout parrainage d'évènements sportifs par des produits alcoolisés. Ainsi l'accord conclu avec le vin chilien ne se matérialise-t-il que dans les étapes situées à l'étranger.

Dans le cas du partenariat conclu avec la filière viticole française, sa conformité avec le droit français tient dans le fait que les pavillons sont des « espaces privés », précise Christian Prudhomme.

Le principe du pavillon des vins sera reconduit l'année prochaine, ajoute le patron du Tour. Il invite également les acteurs de la filière viticole française à solliciter un partenariat avec l'événement.

« La filière viticole française est peut-être un peu inhibée car elle imagine qu'elle ne peut pas faire de publicité, observe Christian Prudhomme. Or, il n'y a qu'en France qu'elle ne peut pas communiquer. »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/05/2016 à 13:20 :
"Dans le cas du partenariat conclu avec la filière viticole française, sa conformité avec le droit français tient dans le fait que les pavillons sont des « espaces privés »". Ben voyons, on est tous égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres disait George Orwell. Sûr qu'en France, l'assistanat Bolshevik prévaut sur la concurrence :-)
a écrit le 11/05/2016 à 8:57 :
Pourquoi pas le cidre de Normandie pendant qu'on y est
Réponse de le 11/05/2016 à 17:54 :
@jeannot: NON, car je préfère le cidre Breton :-)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :