O-I lance le bouchon de liège qui se visse

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(Crédits : Dr)
Le géant du conditionnement O-I rentre en phase d’industrialisation d’Helix, une bouteille révolutionnaire, à pas de vis interne et bouchon ergonomique. L’usine de verrerie de Béziers a été choisie pour la fabrication du modèle bordelais. Le premier client est Val d’Orbieu-Uccoar (274 M€ de CA), avec 35 000 bouteilles déployées sur le marché néerlandais.

C'était tout bête mais il fallait y penser. Helix, nouveau packaging de rupture lancé par le groupe américain O-I (7 Mds d'€ de CA), conjugue la côte de sympathie du bouchon de liège et l'aspect pratique du bouchon à vis grâce à une bouteille révolutionnaire : son goulot est fileté à l'intérieur, les stries impriment un pas de vis au liège (des microgranulés agglomérés) lors de la mise en bouteille. Le bouchon peut ainsi être dévissé et revissé sans efforts et à plusieurs reprises, tout en conservant leurs arômes aux vins. Fin du fin, le « pop » caractéristique entendu à l'ouverture de la bouteille est conservé !

L'affaire a mobilisé pendant quatre ans les équipes de Recherche & Développement d'O-I associé au N°1 mondial du bouchon en liège Amorim. Les deux leaders ont investi dans cette technologie de rupture une partie de leur budget R&D (plus de 4 M€).

Le concept a été présenté aux professionnels du vin au salon Vinexpo 2013. Après les premières préséries réalisées sur une forme bourguignonne par l'usine O-I de Labégude (07), l'industrialisation des bordelaises est lancée à Béziers (34), l'une des plus modernes parmi les 77 usines que possède le groupe dans 21 pays. L'usine de verrerie héraultaise qui emploie 150 salariés et produit 350 millions de bouteilles par an (élaborées à 85% à partir de verre recyclé), a livré ses premières commandes fin juillet à Val d'Orbieu-Uccoar.

Lancement test en Hollande

Le groupe coopératif audois (CA de 274 M €) a choisi Helix pour sa cuvée « Mythique » baptisée "Mythique Twist to taste" sous ce packaging innovant,  avec un premier lancement test le 17 novembre en Hollande dans les magasins Albert Heijn, principale enseigne de grande distribution au Pays Bas.

« Dans les prochaines semaines, nous allons étudier les réactions de ces néo-consommateurs qui aiment le contact du liège mais n'ont pas forcément de tire-bouchon dans leurs tiroirs, car ce n'est pas leur culture », s'enthousiasme Bertrand Girard. Le directeur général de Val d'Orbieu souhaite d'ailleurs dupliquer l'expérience sur d'autres marchés dès 2015.

Dans le mille pour O-I, qui vise justement avec Helix une cible très large de consommateurs.

« On voulait innover autour de trois axes : la "premiumisation" avec des produits de mieux en mieux présentés, la recherche de praticité et les marchés émergents, explique Alexis Mermet, directeur des ventes vins pour la France chez O-I. Mais le vin reste un produit de tradition qui supporte difficilement la nouveauté. Pour satisfaire la clientèle visée, il fallait donc respecter les fondamentaux du vin - le verre, le liège - en proposant une solution pratique, sans tire-bouchon et respectueuse de l'environnement. La réponse est Helix. »

Exit donc la capsule métallique vissée ou le bouchage traditionnel avec tire-bouchon, plus besoin non plus du reboucheur-stoppeur pour préserver le reste du contenu une fois la bouteille ouverte. Helix cible « le segment premium accessible, pour des bouteilles entre 6 € et 12 € », selon Alexis Mermet. Le système, qui permet de conserver les vins sans altération pendant 26 mois, n'a pas été prévu pour les vins de longue garde ni étendu aux vins effervescents. Mais le marché reste énorme pour O-I, qui compte le commercialiser auprès de ses milliers de clients.

Helix a reçu, mercredi 5 novembre, le 1er prix catégorie Œnologie au salon Dionysud, organisé du 4 au 6 novembre au Parc des expositions de Béziers.

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Commentaires
a écrit le 08/11/2014 à 17:27 :
Excellente idée !
Un bouchon en liège donc environnementale.
Pratique et esthétique.
Génial...
a écrit le 08/11/2014 à 10:17 :
4 ans pour DES équipes de r&d pour faire cela ?
Ils ont picolé au lieu de bosser non ?
Réponse de le 08/11/2014 à 17:29 :
Tu es peut être un génie...
Si tu regardes bien la bouteille, il y a un pas de vis interne.
Je ne pense pas que dans le monde industriel tout soit aussi évident que tu penses.
Réponse de le 08/11/2014 à 21:16 :
Exact. Il leur faudra encore 8 ans supplémentaires de R&D pour moleter la tête de la vis en liège... puis encore 16 ans pour réaliser une vis composite thermoplastique/liège pour visser/dévisser facilement tout en conservant l'arôme boisé du bouchon. Au final quel est l'intérêt pour le poivrot moyen?

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