Théâtre de Sète : "Je veux renforcer l’empreinte de la Scène dans la région"

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(Crédits : Scène Nationale de Sète)
Nouvellement nommée à la direction de la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau, Sandrine Mini défend une programmation pluridisciplinaire tout en mettant l’accent sur l’enfance et la jeunesse, notamment à travers un pôle de création et de diffusion spécifiquement dédié.

À peine deux mois après vos prises de fonction à la direction de la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau, dans quel état d'esprit êtes-vous ?

Sandrine Mini : Je me sens très à l'aise ici. J'ai la chance d'arriver dans une maison rénovée, en bonne santé financière, avec un outil opérant et une équipe très compétente. De plus, la taille humaine de l'établissement permet d'être au plus prêt des artistes et du public.

Après avoir occupé les postes d'attachée culturelle dans des musées de renom (Musée national à Rome et Musée Picasso à Paris) puis dirigé le complexe culturel Le Toboggan à Décines (69), quelles ont été vos motivations pour candidater à Sète ?

S. M. : Depuis mes études à Montpellier (Hypokhâgne et Khâgne au Lycée Joffre à Montpellier), j'ai toujours eu un coup de cœur pour Sète. Cette ville au carrefour de la communication et de la culture méditerranéenne se rapproche de mon parcours de vie puisque j'ai vécu en Italie. Mes racines m'ont rattrapée, avec l'envie de me poser sur un territoire en plein développement, aujourd'hui enrichi de six nouvelles communes (14 au total, NDLR).

Quelles vont être vos priorités ?

S. M. : Je souhaite renforcer l'empreinte de la Scène Nationale dans la région en faisant jouer à plein la décentralisation. Notre vocation est d'aller à la rencontre du tout public en maillant le territoire avec plusieurs dispositifs. L'un des axes forts sera de mener des actions vers la jeunesse qui représente un tiers du public en France ! La Scène Nationale de Sète accueille 9 000 jeunes alors que l'Agglo en compte 22000, cela laisse une belle marge de progression.

En terme d'actions, à quoi pensez-vous ?

S. M. : Nous allons recentrer notre offre sur le Pôle de création et de diffusion jeune public à Mireval avec l'idée de construire des propositions à destination des plus jeunes (premier cycle et collège). Je le repète souvent mais culture et éducation sont les deux piliers d'une démocratie. Pour cette saison, cinq compagnies sont en résidence de création. Je souhaite que le Centre Léo Malet soit référent et devienne le second lieu de travail de la Scène Nationale. En parallèle, ce centre sera un pôle d'accompagnement des compagnies pour les aider à se structurer, ou à se produire.

Comment sera financé ce projet de Mireval qui vient s'ajouter à votre budget global (3,6 M€) ?

S. M. : Nos tutelles nous ont indiqué qu'elles allaient abonder les financements pour construire cette proposition fléchée enfance et jeunesse. J'attends la confirmation de la Région qui devrait nous allouer cette année 100 000 €, soit le tiers du budget prévisionnel. J'espère que d'ici trois ans nous aurons la somme globale pour réussir un projet qui a du sens. Par ailleurs, nous avons un Club d'entreprises mécènes hyper dynamique soutenu par le président Hugues Dupuy, de fait nous développons du mécénat sur ce Pôle jeunesse.

Comment se démarquer de l'empreinte d'Yvon Tranchant, votre prédécesseur?

S. M. : Yvon faisait des compagnonnages, il a d'ailleurs donné cette saison une très belle carte blanche à Jacques Bonafé. De par mon parcours, mes sensibilités sont différentes, j'ai plus envie de travailler avec des artistes associés. Ainsi, à partir de 2018 et pendant trois ans, une carte blanche sera donnée au Collectif Petit Travers (animé par Julien Clément et Nicolas Mathis) qui présentera des formes diverses à destination du tout public. J'ai également dans l'idée de monter un projet autour de la pratique des amateurs (de tous âges) qui se déclinerait sur les 14 communes et serait coordonné avec des artistes.

Quelles vont être les grandes lignes de votre première saison qui a été présentée officiellement en juin 2017 ?

S. M. : La programmation pluridisciplinaire mise en place par Yvon sera poursuivie, en respectant l'alternance entre musique, danse et théâtre. Justement en théâtre, j'aimerais privilégier de nouvelles formes d'écritures en lien par exemple avec le cinéma ou les technologies. Que ce soit la puissance visuelle d'un spectacle d'Emma Dante, une Traviata fusionnant opéra et théâtre sans oublier, dès l'automne 2018, un temps fort autour de l'Italie et du bassin Méditerranéen, j'ai envie d'une programmation innovante qui interroge et divertisse. C'est une fierté de pouvoir créer des dynamiques et partager tout cela avec le plus grand nombre.

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