« Autoconsommation photovoltaïque : la révolution disruptive de l’énergie solaire »

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André Joffre, P-dg de Tecsol et président de DERBI
André Joffre, P-dg de Tecsol et président de DERBI (Crédits : Edouard Hannoteaux)
Selon le P-dg de Tecsol et président du pôle DERBI, l’association du numérique et de l’électricité solaire trouve un nouveau champ d’application avec « l’autoconsommation collective », au cœur de la loi qui est entrée en vigueur le 27 février.

Combien de fois a-t-on entendu qu'il était impossible d'auto-consommer l'énergie solaire produite sur son propre toit ? Hérésie. Cela a toujours été possible, mais les informations sur le sujet, judicieusement relayées, ont toujours laissé croire le contraire. Depuis l'après-midi du mercredi 15 février, le débat est clos. Le Parlement a définitivement adopté le projet de loi relatif à l'autoconsommation d'électricité et à la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables.

Ce projet de loi ratifie l'ordonnance du 27 juillet 2016 relative à l'autoconsommation d'électricité. Une avancée sans précédent qui ouvre grandes les portes d'une révolution solaire disruptive ! Avec la baisse annoncée des prix des modules, cette avancée législative est capitale pour notre domaine d'activité. L'autoconsommation est en effet le seul secteur du solaire qui échappe à la régulation des volumes par appels d'offres.

Des panneaux solaires sur pilotis

La nouvelle loi récemment promulguée permet donc de doter la France d'un cadre légal qui facilite le développement de l'autoconsommation. Elle reconnaît notamment l'autoconsommation collective au sein des bâtiments ou des éco-quartiers. Sur un plan technique, la loi redéfinit également un nouveau périmètre pour l'autoconsommation, non plus au niveau de l'antenne basse tension mais à l'aval des transformateurs.

Concrètement, cette disposition veut dire que l'autoconsommation peut désormais s'appliquer à un nombre beaucoup plus significatif de logements et de résidences. À Rivesaltes (66), un nouveau lotissement de 300 lots va sortir de terre et sera alimenté par une centrale solaire installée sur les trois hectares du bassin de rétention d'eau. Les modules seront perchés sur des pilotis sans conflit d'usage en matière de gestion du foncier. Ce type d'opérations devrait fleurir à l'accoutumée au sein de ces bassins à double fonctions eau/énergie.

Vers la digitalisation de l'énergie solaire

Sous l'effet de la loi, les électrons verts peuvent également désormais être injectés dans les colonnes montantes des bâtiments et répartis dans les logements, les bureaux ou les commerces avec un effet de foisonnement. Les interdits sont levés. En la matière, l'autoconsommation signe là le développement de l'énergie digitale. Pour dispatcher cette énergie, la start-up SunChain* est d'ailleurs en train de mettre au point une blockchain qui sera capable de comptabiliser l'énergie solaire et l'énergie du réseau pour chaque logement et de certifier ces mesures via des pas de temps très courts. La blockchain permet ainsi de constituer une multitude petits réseaux virtuels sur le réseau physique public. Une révolution qui intéresse Enedis au plus haut point.

Sur ce schéma, nous sommes déjà en train de travailler sur des projets collectifs de mille logements en autoconsommation avec Perpignan Méditerranée, mais aussi sur des projets de tertiaire avec le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales. Ironie de l'histoire, le siège de SunChain est à Sorède au cœur des Albères là où est né, il y a cent ans, le premier four solaire de l'histoire de l'humanité. L'histoire scientifique du solaire, une rayonnante tautologie catalane !

* : SunChain est une spin-off de Tecsol, labellisée « GreenTech verte » par le ministère de l'Environnement, et qui développe des blockchains dans le domaine de l'électricité solaire

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Commentaires
a écrit le 18/03/2017 à 9:56 :
Une autoconsommation très simple, mais qu'on ne trouve pas en France:
Un panneau solaire qui alimente la pompe de filtration d'une piscine. La pompe fonctionne lorsqu'il y a de la lumière, donc le jour et s'arrête la nuit, ce qui suffit à l'entretien de la piscine. Rien de plus, pas de stockage d'énergie.
https://www.lorentz.de/products-and-technology/

Michel
a écrit le 16/03/2017 à 22:33 :
Intéressante la complémentarité entre terrain constructibles, zones d'activités et espaces disponibles pour exploiter les ENR. D'autant plus qu'avec la proximité de l'Agly, le secteur de Rivesaltes a déjà connu des inondations.
En tous cas, c'est beaucoup mieux que de sacrifier des zones naturelles ou des terrains agricoles. L’idéal étant bien sur l'implantation de panneaux en toiture.

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