Cybersécurité : "La France connaît une pénurie de formateurs"

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Le DU de l'Université de Montpellier a formé 140 magistrats et experts français en sept ans
Le DU de l'Université de Montpellier a formé 140 magistrats et experts français en sept ans (Crédits : knee0 / Fotolia)
L'Université de Montpellier a lancé, en 2011, l'un des premiers diplômes universitaires en cybersécurité, qui forme des magistrats et experts venus de toute la France. Mais selon son responsable Adel Jomni, la pénurie de formateurs spécialisés sévit, alors que la menace du hacking explose avec l'arrivée de l'IoT.

L'Université de Montpellier a lancé en 2011, dans le cadre d'un projet européen "2CENTRE" visant à créer un pôle de compétences dans l'UE, une formation baptisée "Cybercriminalité : droit, sécurité de l'information et investigation numérique légale", l'un des premiers diplômes universitaires sur ces thèmes et positionné de cette façon en France.

"Plusieurs formations techniques existaient, mais il y avait un énorme manque en terme de formation pluridisciplinaire sur le sujet, estime Adel Jomni, enseignant-chercheur et responsable de la formation. C'est une formation transversale, et non pas une spécialisation en cybersécurité : nous étudions à la fois les dimensions technique, juridique, etc. pour acquérir des compétences en plus de la sienne."

Un réel besoin...

En sept ans, le programme a formé 140 experts venus de toute la France et issus de divers métiers (professionnels de la sécurité informatique, magistrats, forces de l'ordre, experts judiciaires, acteurs économiques) à raison de sessions d'une vingtaine de personnes maximum. Il jouit désormais d'une large reconnaissance puisque le DU est parrainé par l'École nationale de la magistrature (où Adel Jomni forme, par ailleurs, 100 magistrats par an) et, depuis deux ans, figure également au catalogue de l'École des officiers de la Police Nationale.

"Dans l'ère de la transformation digitale, une multitude de nouveaux services apparaissent, et sont autant de nouvelles opportunités pour la cyberdélinquance, poursuit Adel Jomni. Le contentieux augmente, avec des spécificités que les magistrats ne connaissent pas toujours. Or pour maîtriser un procès, les magistrats doivent comprendre l'évolution des modes opératoires."

... mais une pénurie de formateurs inquiétante

Adel Lomni tire la sonnette d'alarme : selon une récente étude citée par l'enseignant-chercheur, le nombre d'emplois non pourvus en cybersécurité sera multiplié par trois en Europe d'ici 2021. Alors que le niveau de menace, lui, ne faiblit pas.

"C'est un vrai métier, mais il n'existe que des bouts de formation en cybersécurité, et pas de formation en tant que telle. Même la mienne n'en est pas une, puisque nous insistons avant tout sur l'aspect pluridisciplinaire. Si bien que la France connaît une pénurie de formateurs sur le sujet au moment même où l'IoT arrive en force : on estime que 20 milliards d'objets connectés auront été vendus dans le monde en 2020. Le nombre d'attaques informatiques va être multiplié par dix au minimum !"

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