Montpellier et Toulouse, ces locomotives de croissance démographique

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(Crédits : Christine Caville / Rémi Benoit)
Selon une étude de l’INSEE sur l’évolution démographique des intercommunalités en région Occitanie, le dynamisme s’accélère sur les deux métropoles de Toulouse et Montpellier. Entre 2011 et 2016, elles ont accueilli respectivement 9 700 et 7 500 habitants supplémentaires chaque année. Sur l’échiquier national, Montpellier est la métropole qui connaît le rythme de progression le plus élevé.

Ce n'est pas une surprise : avec respectivement 762 956 et 465 070 habitants, Toulouse Métropole et Montpellier Méditerranée Métropole tiennent la corde en Occitanie, en matière d'évolution démographique. Après une progression annuelle respective de 0,8 et 1 % entre 2006 et 2011, la croissance démographique a encore accéléré sur la période 2011-2016 de 1,3 et 1,7 %, soit + 9 700 habitants à Toulouse et + 7 500 habitants à Montpellier chaque année.

C'est une étude de l'INSEE sur l'évolution démographique des intercommunalités (164 établissements publics de coopération intercommunale, EPCI) de l'Occitanie qui vient de révéler ces données.

« En Occitanie, comme au niveau national, le rythme de croissance démographique entre 2011 et 2016 est en léger retrait par rapport aux cinq années précédentes, résume l'étude. La population augmente en moyenne de 0,8 % par an contre 1 % entre 2006 et 2011. Ce ralentissement s'explique par un moindre dynamisme de l'excédent migratoire (- 0,1 point) comme de l'excédent naturel (- 0,1 point). L'évolution est cependant très contrastée à l'intérieur de la région. »

La 3e intercommunalité de l'Occitanie est la Communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole avec 268 581 habitants, suivie de la Communauté d'agglomération (CA) de Nîmes Métropole (257 788 hab.), la CA d'Alès (128 969 hab.), le Grand Narbonne (127 530 hab.), la CA du Bassin de Thau (124 469 hab.), la CA de Béziers Méditerranée (123 613 hab.), la CA de Tarbes-Lourdes-Pyrénées (122 365 hab.), la CA de Le Muretain (119 336 hab.) et la CA de Carcassonne (111 452 hab.).

Montpellier : la progression la plus élevée des 22 métropoles

Concernant Toulouse Métropole, l'étude attribue la croissance démographique à une forte hausse de l'excédent migratoire mais aussi de celle, plus modérée, de l'excédent naturel, indiquant que « c'est la seule métropole du pays où la contribution du solde naturel augmente entre les deux périodes ».

À Montpellier Méditerranée Métropole, la population croît encore plus vite, et affiche « le rythme de progression le plus élevé des 22 métropoles ». Une accélération uniquement portée par un renforcement de l'excédent migratoire, l'excédent naturel se stabilisant.

Il apparaît également que les EPCI proches des deux métropoles régionales bénéficient de leur attractivité, avec toutefois des évolutions démographiques différenciées.

« Autour de Montpellier, la croissance des EPCI proches ralentit partout, précise l'enquête. Elle reste cependant forte au nord et à l'ouest de la Métropole : la croissance annuelle est supérieure à 2 % dans la Communauté de communes (CC, ndlr) de la Vallée de l'Hérault et à 1 % dans celle du Grand Pic Saint-Loup. Un dynamisme qui perdure aussi dans les CC entre Montpellier et Nîmes (Pays de Sommières, Rhony, Vistre et Virdourle, etc.). »

Quant à l'attractivité de Toulouse, elle s'étend dans un rayon plus large. La croissance de la population accélère dans la moitié des intercommunalités limitrophes : CA du Sicoval, CC de la Save au Touch et des Coteaux Bellevue. Et cette accélération touche aussi des CA jouxtant la couronne périurbaine de Toulouse, comme le Grand Montauban ou Gaillac-Graulhet.

A contrario, la croissance de la population ralentit dans plusieurs intercommunalités limitrophes de Toulouse Métropole, comme la CA du Muretain ou les CC des Terres du Lauragais, des Coteaux de Girou, du Frontonnais et de Save Garonne et Coteaux de Cadours.

Le littoral en croissance

Les intercommunalités du littoral, quant à elles, « bénéficient tous d'un gain de population élevé et qui se renforce souvent entre 2011 et 2016 », y compris pour celles qui ne sont pas sous l'influence directe des grandes métropoles.

C'est le cas des CA de Béziers Méditerranée et de Hérault Méditerranée (Agde), dont la croissance se poursuit à un rythme soutenu et accélère : respectivement + 1,4 % et + 1,7 % entre 2011 et 2016. En revanche, la croissance ralentit dans les CA de Narbonne, Sète et Mauguio.

« Plus au sud, le dynamisme de la Communauté urbaine de Perpignan Méditerranée Métropole s'amplifie : elle gagne 2 600 habitants par an sur la période récente, contre 2 400 sur la période 2006-2011. Autour, la plupart des CC bénéficient d'un excédent migratoire soutenu, leur solde naturel au mieux se stabilisant. »

Les CA de Nîmes et de Rodez connaissent également une croissance démographique, à hauteur de 0,8 % par an.

Baisse notable loin des grands pôles

Enfin, signe d'un dépeuplement des zones rurales au profit des aires urbaines, les EPCI éloignés des grands pôles « accusent un ralentissement de croissance, voire un déclin démographique : parmi les 58 EPCI qui perdent de la population, 36 en gagnaient entre 2006 et 2011 », note l'INSEE, qui pointe la dégradation, souvent simultanée, des soldes naturels et migratoires.

C'est ainsi le cas d'Alès Agglomération, Carcassonne Agglomération, Gard Rhodanien, et Grand Auch Cœur de Gascogne, qui perdent entre 0,4 et 0,8 point entre les deux périodes.

« Enfin, la déprise démographique se poursuit dans une vingtaine d'EPCI, notamment dans les CA de Castres-Mazamet et de Tarbes-Lourdes-Pyrénées, où la baisse de la population s'accélère, respectivement - 0,2 et - 0,1 point entre les deux périodes quinquennales. »

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