Serres solaires : la Chambre d'agriculture des P.-O. réclame un moratoire

 |   |  476  mots
Selon la Chambre d'agriculture 66, les serres « deuxième génération » ne sont pas adaptées à toutes les productions.
Selon la Chambre d'agriculture 66, les serres « deuxième génération » ne sont pas adaptées à toutes les productions. (Crédits : JF. Jacquet/CA66)
Alors que 41 ha de serres photovoltaïques « deuxième génération » ont déjà été installés par les maraîchers des Pyrénées-Orientales, et que 20 ha de plus sont à l'étude, le président de la Chambre d'agriculture départementale, Michel Guallar, réclame un moratoire. Sa crainte : que les structures desservent la production agricole.

« Nous ne sommes pas opposés aux énergies renouvelables, bien au contraire. Mais sur les serres photovoltaïques deuxième génération, nous demandons un moratoire », annonce le président de la Chambre d'agriculture des Pyrénées-Orientales, Michel Guallar.

Nouvelle génération

Après des modèles « première génération » (des serres « tunnel » traditionnelles équipées de panneaux solaires, qui ne nuisent pas, semble-t-il, à la production), ce sont aujourd'hui des serres quasiment « monopente », qui sont en cours d'installation. 41 hectares en ont déjà été installés dans la plaine du Roussillon, et 20 hectares supplémentaires sont à l'étude.

Pour les maraîchers, l'intérêt est soit de revendre l'énergie pour rentabiliser les investissements, soit de contractualiser avec l'installateur, en cultivant sous les équipements que ce dernier exploite en revendant l'électricité. Or ces nouveaux équipements feraient de l'ombre, au sens propre comme au figuré, aux cultures qu'ils abritent.

« Certains projets ont un peu dérapé, avec des taux d'occultation plus importants que prévu » souligne Michel Guallar.

Sous les serres, des friches

Autre crainte, que les terres agricoles servent de faire-valoir à des projets purement énergétiques.

« Sur la commune de Torreilles, un projet a pris du retard et nous attendons toujours de voir pousser des productions maraîchères sous les équipements, précise Michel Guallar. Pour l'instant, il n'y a que de la friche. Il doit y avoir un modèle économique agricole viable. Et cela va jusqu'au choix des productions, qui doivent avoir des débouchés. »

« Toutes les productions ne sont pas appropriés à la culture sous serre solaire, confirme André Joffre, président du pôle de compétitivité en énergies renouvelables DERBI et dirigeant du bureau d'études perpignanais spécialiste du solaire Tecsol. Certaines variétés, telles que l'asperge, sont très bien adaptées. C'est également le cas du haricot vert, du concombre ou encore de nouvelles variétés telles que le "choudou". Le test des cultures optimales a été effectué par l'INRA. »

André Joffre pour la création d'un label

Pour André Joffre, « la Chambre d'Agriculture a raison d'être vigilante. Il est impératif que les projets soient portés par des agriculteurs, et non par des fonds d'investissements qui prennent l'agriculture comme alibi et n'ont aucune relation avec notre région. Il est impératif que les revenus du solaire aillent à l'agriculteur ».

Et le président de DERBI de plaider pour la mise en place d'un label qui protège les agriculteurs, mais aussi les entreprises du secteur des EnR réalisant les travaux.

« Ce label serait attribué aux seuls projets qui maximalisent les retombées économiques sur les entreprises et les agriculteurs locaux. Je pense que la nouvelle Région aura la puissance nécessaire pour le mettre en place et éviter ainsi les dérives. »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :