Réouverture partielle de l’abattoir du Vigan

L’abattoir intercommunal du Vigan a rouvert partiellement le 21 mars. Il avait été fermé le 23 février, à titre conservatoire, suite à la diffusion d’une vidéo montrant des mauvais traitements infligés aux animaux. En moins de six mois, c’est le 2e abattoir gardois à faire l’objet d’une dénonciation par l’association L214.

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(Crédits : Communauté de communes du Pays vignanais)

« Nous avons décidé la réouverture partielle de l'abattoir », déclare le 21 mars, Roland Canayer, le président de la Communauté de communes du Pays viganais (30). La collectivité a en charge la gestion de l'établissement certifié bio.

Cette reprise d'activités ne concerne que les ovins et les caprins avec « une quarantaine d'animaux qui seront abattus aujourd'hui ». L'abattage des bovins et des porcs sera repris « progressivement et surtout une fois que nous aurons pris toutes les mesures nécessaires », précise l'élu.

Pratiques maltraitantes

L'abattoir du Vigan avait été fermé le 23 février à titre conservatoire suite à la diffusion d'une vidéo de l'association L214 montrant les mauvais traitements infligés à des animaux. Ces images-chocs avaient ont été filmées entre juin 2015 et février 2016 de façon clandestine. L'association avait déjà employé ces méthodes pour dénoncer les pratiques d'un autre abattoir gardois, celui d'Alès, en octobre 2015.

« Matériel d'immobilisation mal conçu », « étourdissements inefficaces », « manipulation et actes de violence », « absence d'étourdissement de secours » ou encore « contention mécanique inadaptée ou mal ajustée » : telles sont les observations réalisées par Gilbert Mouthon, docteur vétérinaire et expert auprès des tribunaux, après le visionnage de la vidéo film.

Suite à ces révélations, une  enquête administrative a été ouverte par le parquet et la gendarmerie d'Alès.

« L'enquête administrative m'a été remise vendredi dernier (le 18 mars 2016, NDLR), explique Roland Canayer. Afin de pouvoir assurer cette réouverture dans de bonnes conditions, nous avons pris les mesures techniques et humaines nécessaires. »

La question des responsabilités

Parmi ces mesures figurent « une vérification du matériel en intégralité avec une anticipation de la norme 2017 pour le matériel d'anesthésie électrique » ainsi qu'« une réintégration partielle du personnel sur qui il ne pèse aucune faute grave ».

Cette « réintégration partielle » se traduit par la présence effective, Lundi 21 mars, du directeur, d'un salarié de l'équipe et d'un intervenant extérieur.

Quoiqu'il en soit, l'ensemble du personnel (trois salariés et un poste de directeur à mi-temps) fait l'objet d'une procédure disciplinaire. « Tout le monde est sanctionné », indique Roland Canayer. La nature de ces sanctions sera connue dans les prochains jours et les employés recevront l'information par lettre recommandée. Elle ira du simple « avertissement » au « licenciement » en passant par le « blâme ».

Les conclusions d'une autre procédure toujours en cours, l'enquête judiciaire, pourraient étendre les responsabilités. Dans son rapport, Gilbert Mouthon avait notamment écrit que cet évènement « pose la question de la surveillance du fonctionnement de l'abattoir par les services vétérinaires qui tolèrent de telles pratiques».

Un nécessaire accompagnement

« L'insuffisance des compétences du personnel » avait également été mentionnée par le vétérinaire. Pour y remédier, Roland Canayer annonce « une mission d'accompagnement par un bureau d'études spécialisé en éthologie pour une expertise sur le bien-être animal ».

« Une ingénieur agronome issue d'un bureau d'étude va accompagner le personnel pour  faire en sorte que plus jamais ces pratiques scandaleuses ne se répètent, indique Roland Canayer. Nous avons signé un premier contrat de six mois et elle a réalisé une première intervention vendredi dernier. »

À plus long terme, d'autres mesures sont programmées dont « l'adaptation du piège pour les bovins à grandes cornes » et « l'installation d'un système de surveillance anti-intrusion couplé à l'installation de caméras permettant de filmer l'activité quotidienne ».

L'abattoir du Vigan traite annuellement entre 300 et 350 tonnes de viande, soit environ 250 bovins, 200 porcs et 6 000 ovins. Positionné sur de la vente directe, l'établissement est certifié bio par l'organisme Ecocert.

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Commentaires 2
à écrit le 11/04/2016 à 19:25
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Espérons que de tels actes ne se reproduiront plus. Sanctions exemplaires pour le personne en cause. C'est inadmissible, tant de cruauté gratuite, sur des pauvres bêtes, qui n'ont rien demandé. En clair, C'EST DEGUEULASSE !

à écrit le 22/03/2016 à 23:53
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"'installation d'un système de surveillance anti-intrusion " Pour s'assurer que des activistes du type 214 ne récidivent pas à dénoncer les fonctionnements déviants...? Par contre des cameras montrant l'activité en permanence sont indispensables au...

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