Everlia et ses maisons containers labellisées Pass French Tech

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Les maisons containers d'Everlia.
Les maisons containers d'Everlia. (Crédits : Everlia)
L’entreprise héraultaise Everlia construit des maisons et bâtiments sur la base de containers recyclés. S’inscrivant dans le mouvement de la construction hors-site, qui rassemble les procédés de préfabrication et industrialisation du bâti en atelier, celle qui se considère comme une start-up du BTP vient d’obtenir la labellisation Pass French Tech.

La société Everlia est l'aboutissement de sept années de R&D (l'entreprise s'appelait alors Pulsion Diffusion) sur la maison container, portant sur la qualité, les performances thermiques, acoustiques et énergétiques, la qualité d'air, la solidité, le design ou la rapidité de construction.

Les premières maisons ont été livrées en 2011 mais c'est seulement en 2016 que Alain Krzyzanowski a créé Everlia à Saint-Thibéry (34), pour mettre en marché sa solution innovante d'habitat, des bâtiments modulaires issus essentiellement du recyclage de containers maritimes et de matériaux biosourcés ou issus du recyclage.

Le 6 avril, l'entreprise, qui se présente comme une start-up du BTP, fait partie des quatre entreprises nouvellement labellisées Pass French Tech Montpellier, avec Appvizer (comparateur de logiciels professionnels en ligne), Bear (solution B2B de réalité augmentée pour augmenter un support print) et Bulane (électrolyseurs hydrogène innovants).

« C'est la reconnaissance de ces années de recherche, commente Renaud Leclerc, responsable du bureau d'études. Notre procédé est totalement innovant et nous sommes quasiment les seuls sur le marché français et le marché mondial à proposer cette typologie de construction. Elle ne relève pas de brevet. Le Pass French Tech est donc un moyen pour faire reconnaître cette innovation. »

Des centaines de millions containers

Les containers utilisés par Everlia ont, pour la majorité, parcouru les mers du monde entier avant d'atterrir sur une zone de stockage portuaire : on en compte « 400 à 500 millions dans le monde » selon Renaud Leclerc.

« Ces containers dits de "dernier voyage" nous sont fournis par les grossistes avec trois attestations garantissant qu'ils n'ont pas subi de choc altérant la structure ni l'étanchéité, et permettant de connaître les voyages effectués et les matières transportées. Nous excluons les matières dangereuses, il n'y a donc pas de risque de présence de résidus. Ponctuellement, nous utilisons des containers "1e voyage", qui n'ont effectué qu'un seul voyage, pour une école par exemple. »

Finaliste du concours  My Positiv Impact pour la COP21 2017 (organisé par la Fondation Nicolas Hulot), Everlia a été récompensée pour les performances énergétiques de ses bâtiments.

« Nous avons même été approchés par des hôpitaux, signale Renaud Leclerc. C'est un marché potentiel mais très complexe du fait des normes ERP et qui nécessitera que nous adaptions notre procédé. »

3 000 demandes de particuliers en un an

Car sur le marché de la construction, les mentalités évoluent vite. Les entreprises qui s'inscrivent dans le mouvement de la construction hors-site (procédés de préfabrication et industrialisation du bâti en atelier) sont de plus en plus nombreuses. Et après une période où les clients potentiels se montraient dubitatifs sur le concept de construction à base de containers, le marché a pris un virage.

« Au-delà de la reconnaissance technique, le Pass French Tech apporte une grande visibilité, et il arrive à une période charnière pour nous en matière de développement, observe Renaud Leclerc. En 2017, nous avons enregistré 3 000 demandes de particuliers. Aujourd'hui, les gens se rendent compte qu'on peut faire des choses aussi confortables et économiques à l'utilisation et à l'achat qu'en construction traditionnelle, avec des délais de production plus rapides. »

Visant initialement le marché de habitat, Everlia propose aujourd'hui également de réaliser des bureaux tertiaires ou des locaux pour les collectivités. L'entreprise livrera ainsi début juin une école pour Marseillan (34).

Le concept de construction permet de bâtir aussi des immeubles jusqu'en R+5, avec la même pérennité d'usage et à un coût 20 % moins élevé, selon le responsable du bureau d'études, qui précise que des projets sont à l'étude, notamment pour des logements collectifs.

« Les containers maritimes sont en acier corten, c'est à dire que la rouille qui se développe protège le métal et l'empêche de se dégrader, explique Renaud Leclerc. Il faut rappeler qu'ils sont conçus pour traverser les océans et résister à tous les assauts ! »

Doubler les effectifs et s'internationaliser

Alain Krzyzanowski ne communique pas sur son chiffre d'affaires, mais consent à déclarer que « il a été multiplié par huit en 2016 par rapport 2015, puis a connu une progression de 185 % en 2017, pour un prévisionnel multiplié par deux en 2018 ».

Aujourd'hui, l'entreprise annonce réaliser 50 % de son activité sur les marchés publics, 20 % sur les marchés privés, et 30 % sur celui des particuliers, avec une part des marchés publics de plus en plus importante.

« On est en train de monter un bureau d'études à vocation internationale pour assister les maîtres d'œuvre et les particuliers dès la phase de conception, et mettre en avant notre savoir-faire. Jusqu'à présent, on travaillait avec des prestataires extérieurs alors qu'on cherche à protéger ce savoir-faire industriel. »

Avec un effectif actuel de 12 personnes et un rythme moyen de production d'un projet par mois de 150 m2 en moyenne (80 % réalisés dans l'usine à Béziers), Everlia étudie un projet d'agrandissement de son usine (3 000 m2 aujourd'hui) par extension ou sur un nouveau site, et envisage de doubler les effectifs d'ici 2019.

« Une quinzaine de projets sont à l'étude en Guadeloupe », prélude à un développement international.

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