À Monaco, Socri Reim promet un méga projet urbain très éco-friendly

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Le projet de renouvellement urbain du quartier de Fontvieille à Monaco sera porté par le groupe montpelliérain Socri Reim.
Le projet de renouvellement urbain du quartier de Fontvieille à Monaco sera porté par le groupe montpelliérain Socri Reim. (Crédits : Socri Reim)
C’est un vaste projet de renouvellement urbain qui vient d’être acté entre le Gouvernement princier de Monaco et l’opérateur montpelliérain Socri Reim. L’opération, qui a pour but de redynamiser l’offre commerciale et résidentielle du quartier de Fontvieille, s’inscrit dans démarche environnementale exigeante.

La perspective d'architecte est impressionnante : au-dessus d'une marina dans une petite anse marine, des lignes courbes épousent le flanc de la montagne monégasque, reproduisant les cultures en terrasses pour accueillir le futur projet urbain porté par le groupe Socri Reim.

L'opération, qui n'a pas encore été baptisée, a fait l'objet, le 22 novembre, de la signature d'un partenariat entre l'opérateur montpelliérain spécialisé dans le renouvellement urbain (présidé par Nicolas Chambon) et le Gouvernement princier de Monaco. L'objet : une opération mixte d'envergure de renouvellement urbain au cœur du quartier de Fontvieille, pour laquelle Socri Reim annonce engager une démarche environnementale poussée.

Sur ce site entre Méditerranée et contreforts des Alpes du Sud, le gouvernement monégasque souhaite un ensemble urbain qui renforcera et modernisera l'offre commerciale, résidentielle, tertiaire et logistique du quartier.

« Ce projet est le résultat de plus de trois années d'études, de réflexions et de concertation », souligne Pierre-Antoine Desplan, directeur général adjoint du groupe Socri Reim, en charge du développement.

« Le luxe, c'est Monte Carlo »

Les surfaces de commerce existants seront doublées pour passer de 15 000 à 30 000 m2 avec un hypermarché Carrefour modernisé et agrandi, l'intégration d'un complexe cinématographique, une offre de stationnement repensée, la reconfiguration de bureaux existants et la création de 41 logements domaniaux (propriété de l'État monégasque et mis en location).

« L'objectif du Gouvernement princier est de renforcer l'attractivité commerciale de Monaco car de nombreuses enseignes n'ont pas la place de s'implanter et vont en Italie, explique Pierre-Antoine Desplan. Le luxe, c'est Monte Carlo. Ici, l'idée sera d'aller chercher des enseignes internationales premium et moyennes gammes afin de dynamiser le quartier de Fontvieille et l'ouvrir vers le quartier de la Condamine et ses commerces de centre-ville. »

Le projet a été élaboré en lien avec l'Administration des Domaines du Gouvernement princier et le Conseil national. L'équipe de maîtrise d'œuvre compte l'architecte Massimiliano Fuksas, son confrère monégasque Alexis Blanchi (cabinet AB Architecture), le cabinet barcelonais L35 (spécialiste de l'immobilier commercial) et le paysagiste Jean Mus.

2 000 arbres

Avec cette équipe, Socri Reim dit avoir « imaginé le projet urbain durable le plus audacieux au monde entouré de 2 000 arbres, au cœur de ce qui sera le plus grand parc de Monaco, sur près de deux hectares, véritable îlot de nature et de fraicheur ».

« Nous sommes dans une approche holistique unique dans sa dimension environnementale, et nous nous sommes fixé un niveau d'exigence maximale, notamment concernant l'empreinte carbone du projet, assure Pierre-Antoine Desplan. Nous préférons recycler que détruire. Par exemple, nous réutiliserons les gravas issus de la destruction de bâtiments, et nous utiliserons du ciment bas carbone. »

Parmi les arguments du projet : une conception architecturale pensée pour limiter les besoins énergétiques avec un système de ventilation naturelle et des verrières amovibles, la création d'une « coulée verte » connectée au Jardin Exotique et au Rocher, ou des déchets en partie recyclés sur place (par exemple les déchets humides produits par les restaurants alimenteront du compost pour le parc ou l'espace agricole du site).

Certifications et labels

« Nous implanterons des cuves pour la récupération des eaux de pluie et le traitement des eaux usées, grises mais aussi noires pour arroser les arbres du parc, précise Pierre-Antoine Desplan. Nous travaillerons avec une entreprise installée dans le quartier. »

Quant aux panneaux photovoltaïques destinés à produire de l'énergie sur place (et qu'on ne voit pas sur les perspectives d'architecte), le dirigeant indique qu'ils seront discrètement posés sur la tour de logements et sur certaines façades, précisant que la première action sera de construire « des bâtiments parfaitement isolés ».

L'opérateur vise l'obtention de certifications et labels environnementaux les plus exigeants : Bâtiment Durable Méditerranéen de Monaco, Effinergie, Biodiversity, One Living Planet, WELL Building Standard, etc.

Dans un communiqué, la Socri Reim précise que « le projet prend en compte la réalisation possible à terme d'un transport écologique par télécabine, ainsi que la mise en place de navettes électriques et maritimes ».

Encore deux à trois ans d'études

La livraison du projet devrait intervenir en 2027.

« Nous avons déjà une autorisation de construire mais il y a beaucoup d'ingénierie dans cette opération et l'enjeu est de finaliser les études d'ici deux à trois ans, déclare Pierre-Antoine Desplan. La prouesse sera de garder le centre commercial ouvert durant les travaux, via un jeu de chaises musicales. »

Interrogé sur l'investissement que représentera cette opération, Pierre-Antoine Desplan refuse d'indiquer un montant ou la répartition de la prise en charge du financement, préférant ramener son propos à la dimension environnementale...

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