Industrie du futur : la Région va accompagner 400 entreprises en 3 ans

 |   |  629  mots
Le programme annoncé par la Région visera 400 industriels d'ici 2022
Le programme annoncé par la Région visera 400 industriels d'ici 2022 (Crédits : DR)
Lors de son événement Transformation Digitale Day, le 17 décembre à La Grande Motte (34), la Région a annoncé qu'elle déploiera, dès février 2020, un dispositif cofinancé avec l'État pour booster la robotisation des industries locales. Une keynote assurée par Gilles Babinet (CNNum) a permis d'identifier les préalables de cette stratégie pour les entreprises concernées.

Lors de l'édition 2019 de son événement annuel dédié à la transformation digitale des entreprises, organisé le 17 décembre à La Grande Motte (34), la Région a annoncé le lancement, prévu en février 2020, d'une nouvelle offre visant à accompagner les entreprises industrielles d'Occitanie sur le sujet. Déclinaison d'un dispositif national, cette offre se déclinera en deux temps : une phase de diagnostic de cinq jours, pris en charge par la Région, et si besoin, une phase d'accompagnement pouvant atteindre 25 jours, cofinancée par l'État et la Région.

Rattraper le retard français

Ce "parcours d'accompagnement" s'appuie sur le constat suivant, établi de longue date : les industries françaises sont en retard dans leur stratégie de robotisation. La France compte 132 robots pour 10 000 salariés, contre 180 robots en Italie, 309 en Allemagne et 600 en Corée du Sud. En Occitanie, un récent sondage a montré que 85 % des dirigeants de TPE-PME désireux d'enclencher la transformation digitale de leur entreprise en sont empêchés faute de ressources ou de temps suffisant.

Selon Marie-Thérèse Mercier, conseillère régionale et vice-présidente de l'agence de développement économique régionale Ad'Occ, l'objectif de cette nouvelle offre sera d'accompagner la transformation des modes de production au sein des entreprises industrielles locales, en intégrant notamment de l'intelligence artificielle, des robots, de la fabrication additive, de la blockchain, etc.

"Il faut aider ces industries, quels que soient leur secteur ou leur degré de maturité, dans la transformation des chaînes de production mais aussi sur des sujets managériaux et d'organisation", explique-t-elle.

Comment la révolution numérique impacte les business models

Lors d'une keynote, Gilles Babinet, vice-président du Conseil national du numérique (CNNum) et référent de la France pour le numérique auprès de la Commission européenne, est revenu sur les enjeux de la transformation digitale en cours. Selon lui, "la distribution du savoir est en train de s'aplatir" grâce à la révolution du Big Data : l'intelligence artificielle permet de traiter d'immenses volumes de données non structurées, à moindre coût, poussant les entreprises à évoluer vers une logique de plateforme.

"Les entreprises qui réussissent le mieux aujourd'hui reposent sur ces paradigmes. Or cette évolution est en rupture avec le monde d'hier, avec des organisations structurées en silos. L'entreprise-plateforme est l'entreprise de demain : technologique, moins verticale, plus ouverte à l'autonomisation des salariés. Cela coûte cher : il faut acheter ces technologies, former les salariés, etc. Cela demande aussi du courage aux entrepreneurs, car le middle management disparaît, les modes de contrôle sont différents, etc. La révolution numérique implique donc un véritable changement de modèle d'affaire, sinon c'est juste de la dématérialisation. Dans un monde de plus en plus sectoriel, de plus en plus complexe, il n'y a pas d'alternative si les entreprises veulent être en capacité de faire face aux imprévus", analyse Gilles Babinet.

Quelles conséquences en tirer à l'échelon local ? "Il existe une grande hétérogénéité dans les territoires, mais les instances territoriales ont un rôle à jouer pour faire passer ces messages. Il y a des gains importants à réaliser en compétitivité et croissance, tout à fait à la portée des TPE-PME. La technologie peut permettre aux territoires de revivre, de s'adapter. On peut créer des économies circulaires où on consomme local, où on redonne un sens à la vie locale. Mais il manque encore une expression politique des gens qui portent la révolution numérique : le politique et le numérique sont deux mondes qui vivent côte à côte. Or les technologies ne sont pas neutres, elles induisent un monde à part entière", insiste Gilles Babinet.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :