Retranscription du Club de l'Eco du 3 février 2011 - 4

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M. Franck Proust
Je suis complètement d'accord. C'est important. Je maintiens que le tourisme c'est tout de même une des principales industries. L'Office de Tourisme de Nîmes, le CDT, le CRT... Nous avons une multiplicité des structures incapables de travailler en parfaite coordination.
M. Sanchez se souvient avoir lancé le triangle Nîmes-Arles-Avignon, et quand nous allions dans les pays asiatiques, je devais être à côté, dans le stand du CRT, de l'ensemble des campings de bord de mer, alors que nous n'avions pas du tout le même positionnement ; cela signifie que, en fonction des marchés, il faut avoir une attitude avec une structure qui dégage une politique marketing en adéquation avec les besoins de ces touristes-là. Il faut créer des structures, car les structures administratives ne sont plus adaptées au marché touristique d'aujourd'hui.
Il faut travailler ensemble, restructurer, fondre... Des moyens humains et financiers sont dépensés. Il s'avère que, à Madrid, il n'y avait pas grand-monde, mais sur certains salons, il y avait un stand de l'Office du Tourisme, un stand CDT, un stand CRT... Pour quoi faire ? Il faut s'entendre pour que nous travaillions ensemble en synergie avec les professionnels. Toutefois, je maintiens, aujourd'hui — et j'espère que ce ne sera plus le cas en 2020 ou 2030 —, que l'on n'a pas professionnalisé la démarche, parce que le réceptif n'est pas structuré. Le « réceptif », c'est important ! Les professionnels sont de qualité, Monsieur Berta, les professionnels sont là ! Les produits sont là ! Mais aujourd'hui, il faut quelqu'un pour structurer cela. Le touriste est comme tout le monde. Il veut arriver dans une région où on lui mâche le travail. Lorsque les Britanniques arrivent à l'aéroport, à 22 h 30 le soir, et qu'ils n'ont personne pour les accueillir, on les laisse en liberté. Comment voulez-vous que ça fonctionne ?


Mme Gwenaëlle Guerlavais
Il y a des questions du public. Deux doigts se lèvent.

Une intervention dans la salle
Je me présente : Mary Bourgade, adjointe au tourisme de la Ville de Nîmes et présidente de l'Office de Tourisme de Nîmes. Je suis ravie d'entendre — y compris de M. Berta qui annonce des choses qu'il ne connaît pas, y compris de M. Giraudier — ce que nous faisons à l'Office. Je crois que Mme Dumas l'a précisé, mais je vous signale que nous travaillons en très étroite collaboration avec le pont du Gard. En tout cas, depuis que je suis là, je fais de gros efforts pour que ces relations soient très cordiales, et elles le sont. Je travaille avec Paolo Toeschi, avec Anthony Guzman, et avec William Dumas.
Lorsque vous parlez d'élargissement du territoire économique, je le pratique également. Je travaille avec Avignon, avec Arles, avec Marseille et Nîmes. Pourquoi ? Pour répondre à la question de M. Sanchez, je dirai que l'intérêt de nous tous — ce qui nous rejoint et nous regroupe quelque part et qui est notre « fond de commerce » —, c'est la romanité. C'est moins le cas pour Avignon, mais ils sont aussi tous classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Cela dit, je suis en charge de ce dossier, et j'y suis très attachée. J'y travaille avec beaucoup d'intérêt. Au jour le jour, je le suis. J'ai encore eu une réunion ce matin, et c'est pour mettre un peu les choses au clair.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Les personnes dans le public sont censées poser des questions. Si vous voulez apporter un témoignage... On n'est pas là forcément pour répondre aux attaques des uns ou des autres.

Mme Mary Bourgade
J'apporte une information. C'est un peu dommage... J'entends des choses qui ne sont pas vraies. Il me semble intéressant d'apporter des informations à ce qui se dit.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
C'est légitime, mais si vous pouvez résumer vos propos, parce qu'il y a le professeur Grassy derrière, ainsi que d'autres personnes.

Mme Mary Bourgade
Il est vrai que le professeur a beaucoup plus...
Je voulais seulement dire que nous avons fait une démarche avec le pont du Gard également, à Shanghai, lors de l'exposition universelle : pendant un mois nous avons exposé. C'était seulement pour ajouter que nous travaillons avec une idée de territoire élargi sur le tourisme.

Professeur Gérard Grassy
Je m'appelle Gérard Grassy et je suis professeur à l'Université de Montpellier. De ce fait, je fais partie de la « concurrence ». Je vais vous parler de ce que je connais bien. Je connais bien la recherche, parce que j'ai été directeur régional de la recherche pour la Région Languedoc-Roussillon pendant 6 années de suite, durant lesquelles j'ai installé un certain nombre de projets, dont en particulier des projets agronomiques sur Montpellier, avec un ami, et effectivement, Nîmes ne peut exister autour de la recherche qu'à une seule condition, c'est qu'elle ne se pose pas en concurrence frontale avec Montpellier. Cela, nous le savons tous. Alors, il faut se poser la question suivante : « Que sait faire Nîmes au niveau de la recherche et que Montpellier ne sait pas faire ? »
N'imaginez pas un seul instant que Montpellier soit une Université extraordinaire dans tous les secteurs. Il y a des choses que Montpellier n'a pas réussies. Pourquoi n'a-t-elle pas réussi ? Parce que l'Université, c'est une chose extraordinaire, mais il y a des hommes dedans et il y a souvent des inimitiés. À cause de ces inimitiés, des projets ont « capoté ».
En 1998, Daniel Constantin, qui a été d'ailleurs le chargé de mission pour la recherche de Georges Frêche, m'avait demandé de réfléchir à un Institut de recherche sur le vieillissement, qui a été inscrit au contrat de projet État/Région en 2000 à Montpellier, et que Montpellier n'a pas su faire.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Il est maintenant à Nîmes .

Professeur Gérard Grassy
Nous avons réussi à réaliser ce projet à Nîmes pour une raison simple : Jacques Demaille et Philippe Berta m'ont accueilli dans cette Université pour y dispenser des cours que Montpellier, pour des raisons de surcharge administrative, n'avait pas les moyens de m'accorder. De ce fait, ce projet a été réalisé ici, mais je voudrais dire que ce projet n'est pas unique. Nîmes a, au point de vue de la recherche, une opportunité extraordinaire. Vous parliez de « vision » ; eh bien, j'ai fait venir dans cette salle le chef de service d'ophtalmologie du CHU de Nîmes. Il s'agit du CHU de Nîmes-Montpellier ; c'est un CHU d'excellence, mais c'est Montpellier qui décide quels seront les bons professeurs pour ce CHU. Par conséquent, vous comprenez les conditions dans lesquelles ils peuvent travailler.
Ceci étant, il y a des hommes exceptionnels. Nîmes a une spécialité que Montpellier n'a pas : il s'agit de la basse vision. Montpellier n'a jamais réussi. Et la basse vision, c'est la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge) qui touche les personnes âgées. Par conséquent, ça, c'est un projet qu'il va falloir mener à bien. Je sais qu'il existe, qu'il y a une volonté politique de le mener.
Enfin, je terminerai sur la question des personnes âgées. Nous allons installer à Nîmes un appartement expérimental avec le design. Avec Alain Findeli, nous travaillons beaucoup à l'Université de Montréal, à l'Université de Sherbrooke. Nous ne partons pas tout seuls sur cette aventure, et je suis persuadé qu'en 2020 on parlera encore et de la vision et de l'I2ML à Nîmes.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Merci beaucoup. Je vais demander juste une réponse de M. Philippe Berta.

M. Philippe Berta
Je vais juste faire un commentaire aux deux Gérard.
Le commentaire sur les basses visions... Sur l'inscription de GML, la deuxième inscription État/Région, je pense qu'elle ne m'était pas totalement étrangère, puisque j'avais basculé le dossier sur Nîmes. Je vous dis simplement : « Allez vite ! » En effet, il y a deux personnes politiques, bien connues de M. Proust, qui s'appellent MM. Estrozy et Falco du côté PACA, qui ont réuni autour d'OPHTA BIOTECH l'ensemble des acteurs là-bas qui sont en train d'essayer de s'approprier la structure que le professeur Duperron a sur créer sur Nîmes. Allez vite, parce que, sur ce thème-là, ils ont déjà 12 entreprises sur le secteur regroupé de Sophia et de Nice. Par conséquent, faites attention !

Mme Gwenaëlle Guerlavais
La concurrence arrive.

Une intervention dans la salle
Bonsoir, je suis Mme ALBA, vice-présidente de l'Union des Comités de Quartiers (UCQNM). C'est peut-être un peu lourd à porter, parce que je représente un peu les habitants, et je n'ai pas vu beaucoup de questions. Ce sont juste des personnes qui disent qu'ils travaillent sur le pont du Gard — nous n'en doutons pas —, j'y suis allée dernièrement pour les feux d'artifice. Seulement, sur Nîmes, nous n'avons rien d'attractif à part les monuments historiques. Par conséquent, je pense que chacun d'entre vous a des idées à mettre en place et chacun a dit une chose qui nous interpelle, à savoir :
- la protection des inondations,
- le tourisme,
- les entreprises,
- la mise en place d'entreprises de design.
Il s'agit d'un projet qui apporte à Nîmes un critère d'excellence. Et nous, nous voulons justement que Nîmes devienne une ville de prestige. De ce fait, à partir de là, ma question est simple. Il y a un projet que nous pensons « de prestige » ; il s'appelle NEMOLAC, est conçu sur la proposition de M. Jacques Cabrera relative au projet, qui deviendrait une pénétrante côté est, qui serait de prestige. On a mis la SMAC (scène de musiques actuelles). Celle-ci n'a rien d'un Zénith. Mais nous trouvons un projet visant à créer les plus grands jeux d'eau d'Europe assez fabuleux. Qu'en pensent les personnes présentes ?

(Quelques applaudissements dans l'assistance).

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Ce projet nommé NEMOLAC est un projet d'aménagement qui se dit ambitieux. Je ne le connais pas en détail, mais vous allez peut-être pouvoir en parler.

Mme Alba
L'architecte est là pour en parler, si vous voulez.


Mme Gwenaëlle Guerlavais
C'est à partir d'un lac artificiel avec des jets d'eau, avec toute une chorégraphie... Qui peut en parler ? Pourquoi finalement ce projet n'est-il pas retenu ? Qu'en pensez-vous ?

M. Philippe Berta
Je vais répondre très rapidement, puisque j'avais fait de ce projet le mien à l'époque des dernières municipales, et je ne vois pas une raison aujourd'hui de changer cette appropriation avec mon ami Jacques Cabrera. Effectivement, c'est l'idée mixte — triple même — pour moi déjà, de dérouter l'image de Nîmes qui a tout de même beaucoup souffert des inondations. Cette image de l'eau nous colle à la peau négativement. L'idée était de « réverter » cette image. De même, en ce qui concerne Nîmes, qu'on le veuille ou non — et malheureusement avec la politique actuelle dans cette ville où je vois disparaître les végétaux et où je ne vois toujours pas apparaître les fontaines — a cette image de chaleur. Par conséquent, prendre le contrepied autour du thème de l'eau me paraissait déjà simplement une très bonne idée. Ensuite, cela permettait simplement d'avoir un lieu ludique de proximité pour tous ceux qui n'ont pas toujours la chance de partir de Nîmes pour leurs congés, par exemple ; en effet, nous savons que nous sommes dans une ville où le revenu moyen est parmi les plus bas en France.

M. Franck Proust
Je crois que, quelles que soient les opinions politiques toutes confondues, personne n'a critiqué ce projet en soi. Simplement, il y a un problème fondamental : avant de réfléchir sur un projet, il faut avoir la maîtrise du foncier. Or, l'aérodrome, aujourd'hui, existe ; un bail court jusqu'en 2020. Dans le cadre des discussions avec le départ de l'armée, vous savez comme moi, que nous essayons de travailler sur un transfert possible de cette activité — les petits avions sur l'aéroport —, ce qui permettrait de libérer l'espace. Ceci étant, Madame, dans le cas où la ville pourrait redevenir propriétaire de cet espace, il y aurait un appel à projet. On ne peut pas comme cela dire de gré à gré : « Ce projet est bon. » Certes, il est bon. On le connaît pour avoir discuté souvent avec Jacques Cabrera. Il est venu le présenter dans les différentes commissions de l'Agglomération, et je crois que, à l'agglomération, à aucun moment nous n'avons dit à M. Cabrera que ce projet était mauvais.
Parce que, en plus, au-delà de l'aspect touristique, il y a une valorisation de la porte-est, dont parlait Philippe Berta précédemment. Mais avant de travailler sur un projet, il faut avoir la maîtrise financière, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Mme Françoise Dumas
Je me souviens que M. Cabrera était venu me voir, il y a déjà plusieurs années. J'habite Nîmes-est, et c'est le jour où vous me l'avez dit, que j'ai compris quelle était l'horreur de cette entrée. Elle est absolument « minable » avec des hôtels « minables » — j'espère que les propriétaires ne sont pas là... C'est la première arrivée à Nîmes. D'ailleurs, c'est ce que nous disent les pompiers. Dans l'autre sens, c'est pareil. Quand vous arrivez à Nîmes, les gens vous disent : « Nîmes-ouest, c'est une horreur ; on voit cette espèce de ZUP, là-haut, qui est minable, et de l'autre côté, à Nîmes-est, il y a des hôtels très particuliers ou des caravanes ; en tout cas, c'est tout aussi minable. » Et quand on voit cette entrée de Nîmes, c'est la première chose que l'on voit.
Alors, je vous avoue que depuis le début, j'ai jugé le projet de M. Cabrera comme une idée extraordinaire, parce qu'elle alliait le côté prévention des risques, puisque c'est tout de même une utilisation naturelle de l'eau, du souvenir que j'en ai, et on peut essayer de faire quelque chose autour, on peut essayer de faire du tourisme de plusieurs niveaux : on peut y mettre des activités ludiques, on peut créer de l'activité économique... Mais lorsque vous êtes revenu nous voir à la Région, et que j'ai demandé aux services de travailler cette question sur le développement économique, au-delà des aspects fonciers — c'est le préalable, et j'avoue que, au niveau de la Région, on ne peut rien faire à ce niveau —, il me paraissait intéressant de voir la viabilité économique de ce projet, et c'est un excellent exemple de ce que nous devons faire dans les années à venir. Il faut se mettre autour d'une table et que M. Giraudier puisse nous dire ce qu'il peut apporter, ce que les entreprises peuvent apporter, voir ce que moi, en tant que déléguée économique à l'Agglomération je peux apporter, ce que Mary Bourgade peut apporter, ce que nous pouvons apporter au niveau du Département et de la Région. Si nous arrivons à cela, tôt ou tard, nous nous en sortirons aussi bien que les villes qui nous entourent.

Une intervention dans la salle
Je m'appelle Annie Gallien, je suis adjointe aux transports dans cette ville. Vous savez, je fais un rêve quand je vois à quoi Nîmes ressemblera en 2020, 2030. Mais je suis allée à Zurich, et je me dis que ce serait bien que nous ayons comme à Zurich, car c'est bien de faire venir des entreprises, etc., mais je rejoins un peu tous les intervenants. Nous sommes en train de vieillir, d'envahir cette ville, et il y a un dénominateur commun qui est l'environnement. Cela passe par une politique de déplacement qui soit importante. Et je n'ai pas entendu, à part l'histoire du TGV, l'histoire de l'accessibilité, dans aucun de vos propos, un maillage ou un projet qui dise que les 200 000 personnes qui vont arriver ici en 2020 vont pouvoir être transportées. On ne va pas pousser les rues. J'ai pendant 7 ans été dans le domaine ; on fait une ligne TCSP qui emmène les gens en ville, d'accord, mais dans le cadre du SCOT, au cours des discussions qui avaient lieu, on avait inversé le problème : les investisseurs disaient : « Nous, si nous avons de l'accessibilité aux villages de l'agglomération, nous ferons quelque chose. » Donc, je pense que le problème essentiel est le suivant : si on veut aller au bord de la mer, si on veut aller dans nos garrigues tout en protégeant l'agriculture, il ne faut pas agrandir les routes ; il faut prévoir une accessibilité importante et environnementale. Il faut des transports en commun, donc il faut que toutes les autorités territoriales : la Région, le Département, l'Agglomération, se mettent en commun avec le SCOT évidemment. Il faut quelque chose dans ce sens-là. C'est la base de toute arrivée. Pourquoi les gens viennent ici ? Ils ont envie d'avoir un travail, et une qualité de vie. Sinon, ils restent dans leur pays, ils restent partout. S'ils ne peuvent pas se déplacer, s'ils restent dans les bouchons, s'ils mettent une heure pour aller chez eux, à 10 km, dans un village, c'est fini ! Par conséquent, je pose la question suivante : « Mesdames et Messieurs, quels sont vos projets dans ce domaine ? »

M. Philippe Berta
Je vais faire bref ; je ne vais pas parler du maillage extraterritorial nîmois ; je veux juste être un observateur. Là encore, je travaille sur le site des Carmes à la Faculté de sciences, et je travaille à l'INSERM sur le site de médecine. Il m'arrive parfois de renoncer — comme ça m'est arrivé la semaine dernière — à faire le trajet, parce que je suis bloqué à Kennedy pendant une demi-heure et à un moment donné, il est 19 h, et je rentre chez moi.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Je ne me mêle pas de ce que je connais mal, donc je vais à l'information, qui est connue. Aujourd'hui, je ne vous conseille pas, effectivement, de faire un infarctus à 17 h ou 18 h au centre-ville, parce que votre temps d'acheminement au Centre hospitalier universitaire de Carémeau me donne beaucoup d'inquiétude pour vous.
Cela signifie :
- que la priorité, dans une ville qui est bloquée dans le nord par cette colline, était évidemment est-ouest ;
- que, concernant ce grand tramway espéré par les TCN (transports en commun nîmois), qui avait été chiffé et étudié, qui relierait au moins Carémeau avec ses grands parkings relais, jusqu'à Courbessac, en désenclavant les quartiers que nous connaissons qui sont des quartiers qu'il faut réinvestir, et sur lesquels, comme la première ligne de tramway à Montpellier a réinvesti La Paillade, il faut ensuite à partir de cette ossature, repenser organisation.
C'est cette priorité-là, pour empêcher les gens de l'est, de l'ouest, et demain du nord, qui arriveront sur Courbessac avec le cantonnement-nord, de rentrer dans la ville et de la laisser accessible aux piétons et à tous.

M. Franck Proust
Monsieur Berta, je suis surpris, vous qui êtes un homme de dossier...
Le 21 juin 2012 est prévue la mise en place de la première ligne qui part de Nîmes-centre, qui fait boulevard de la Liberté, République, tour de l'Écusson et qui revient, mais en 2017 est prévue l'ouverture de cette fameuse ligne qui est votée déjà à l'Agglomération. Ça a été fait et décidé et cela va coûter près de 250 M€, et elle va partir justement de la plateforme de Saint-Cézaire, qui va monter à Carémeau, avec des parkings-relais, et qui va irriguer la ville d'est en ouest, en passant d'ailleurs par la gare, pour atterrir in fine par le chemin bas d'Avignon sur le futur site Hoche Sernam, où il y aura une transition justement vers l'est. Avant de regarder 2020, regardons ce qui se passe avant 2020. C'est déjà voté, c'est planifié, et donc aujourd'hui, on est déjà avec ces deux lignes pour 2020.

Une intervention dans la salle
Bonjour, c'est un père qui vous parle. Vous avez parlé des personnes âgées et autres. J'ai trois enfants respectivement de 16 ans, 18 ans et 20 ans. Je voudrais savoir en 2020, ou 2030, lorsque mon fils sera obligé d'aller faire ses études à Montpellier — car il y a une autre année et il est obligé d'aller à Montpellier —, si le TER fonctionnera mieux. C'est-à-dire que je voudrais savoir si, le soir, je ne m'inquiéterai pas. Est-ce que le samedi soir, quand ce n'est pas la Feria ou les jeudis de Nîmes, mon fils sera encore obligé d'aller, pour avoir un peu d'activité, sur Montpellier ?
Je demande aussi la chose suivante. Quand mon fils voudra s'installer à Nîmes, est-ce qu'il pourra acheter à Nîmes et est-ce que le niveau des impôts locaux sera encore attractif ? Est-ce qu'il pourra « se payer » Nîmes ? C'est bien que l'on pense aux anciens, mais il faut aussi penser aux jeunes, car ce qui fait la beauté d'une ville c'est sa mixité.

(Applaudissements dans la salle).

Mme Françoise Dumas
Je vais commencer à l'envers. La mixité est effectivement un équilibre social, et il est vrai que cette ville est en train de le perdre. Sans sombrer dans le pessimisme, il faut être extrêmement attentifs à la manière dont la ville évolue. On ne va pas avoir les réponses de partis qui ne sont pas républicains, mais on est en train de faire une ville qui se « ghettoïse » à une vitesse extraordinaire, et là, je pense que nous sommes tous concernés, et la question des transports intermodaux est essentielle ; c'est-à-dire que la question du tramway aurait dû être faite d'emblée. Ce TCSP (transport en commun en site propre) a été déjà construit en dépit du bon sens. L'idée en tant que telle est excellente, mais le trajet n'est pas du tout adapté. Il faut faire de l'intermodalité entre les gares, les autoroutes, le TER... La première chose à faire était de faire passer ces transports par la gare. C'était essentiel. C'est là une responsabilité lourde que vous avez prise — du coup, je me remets à faire de la politique. On est en train de continuer à « ghettoïser » les quartiers de cette ville, et l'intermodalité est essentielle pour l'attractivité de la ville, pour l'avenir de nos enfants — je suis d'accord avec vous —, et même en termes de création d'entreprise. La première chose que l'entreprise va regarder avant de s'installer, ce sont les équilibres sociaux.

(Applaudissements dans la salle).

Une intervention dans la salle
Ce qui vient d'être dit tombe bien, parce que je suis chef d'entreprise, j'habite à Nîmes, je travaille sur Alès, et j'ai travaillé pendant plusieurs années au développement industriel et technologique, puisque je travaillais pour le ministère de l'Industrie ici.
Je ne voudrais pas parler de développement économique direct, mais de sécurité. Je n'ai pas du tout la « casquette » de certains partis que vous venez d'évoquer, mais il y a simplement un énorme problème sur Nîmes qui nuit à l'image de Nîmes, mais qui nuit aussi à la qualité de vie des habitants, ici. Cela devient de plus en plus déplorable, et il faudra bien faire quelque chose avant que ce soit récupéré par certains avec des idées que je ne partage pas du tout. Ça n'empêche pas de prendre ce problème en compte et de le traiter. Ça devient absolument impossible. Alors, que ce soit à Nîmes-ouest où habitent des gens très bien où des femmes de 100 ans se font arracher le sac, que ce soit aux jardins de la Fontaine où des membres de ma famille se sont fait casser la voiture au mois d'août dernier, pendant qu'ils étaient allés visiter les jardins de la Fontaine, que ce soit au centre-ville — et je ne parle même pas du reportage que j'ai vu à la télévision avec les vendeurs de drogue en plein centre-ville de Nîmes —, il faut absolument faire quelque chose. Je dis bien que je ne tiens pas des propos partisans, et j'en parle avec ma « casquette » d'ancien responsable de développement économique.

M. Franck Proust
Je pensais à des secteurs dans lesquels la ville de Nîmes a fait quelque chose et est précurseur — je pense aux moyens de transport en commun et autres, entre autres en doublant les effectifs de la police municipale, en mettant des vidéosurveillances, en essayant d'apporter une réponse —, je crois que nous, à l'échelle locale, n'oublions jamais que la sécurité est un domaine régalien de l'État, et que ce qui se passe à Nîmes se passe surtout dans l'ensemble du territoire national. Il y a une nouvelle forme de délinquance aujourd'hui qui est en train de se produire, et qui n'a pas forcément une réponse adaptée à cette nouvelle forme de délinquance. Il me semble que l'on quitte le débat. Il s'agissait de Nîmes 2020 - Nîmes 2030, on peut rentrer sur des problèmes particuliers, mais il faudrait tout autant, mais sur la sécurité, Monsieur...

(Agitation dans la salle).

Mme Gwenaëlle Guerlavais
S'il vous plaît, ce débat s'est très bien déroulé pendant une heure et demie, nous allons le terminer tranquillement aussi.

L'interlocuteur dans la salle
C'est juste le titre du débat.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
J'ai bien compris : est-ce que c'est une ville où il y aura de la sécurité ?

(Applaudissements dans la salle).

M. Franck Proust
À l'échelle de la Ville, nous essayons de mettre en place la vidéo, et même si vous mettez la vidéosurveillance, même si vous doublez cette équipe de police municipale, il y a un travail de fond avec d'autres organismes sur la prévention de la délinquance et autres, mais que là, on dépasse le statut de la Ville de Nîmes, puisque je rappelle tout de même que la sécurité est un domaine régalien de l'État.

Une intervention dans la salle
Je m'appelle Jean-Marie Cavaillé, j'ai des activités essentiellement judiciaires ; je suis à la retraite depuis le 1er janvier dernier, mais tout cela n'intéresse pas grand-monde. Je voudrais simplement faire un commentaire en tant qu'observateur averti de la ville.
Le premier point consiste à vous remercier, Madame, d'avoir organisé un débat de cette nature. Depuis Jean Bousquet, nous n'avons plus le moyen de nous rencontrer et d'échanger. Nous avons eu des propos les uns et les autres. Parfois, ils sont vifs. Chacun a dégagé sa position, mais tout cela est essentiel et constructif. L'appel que je fais à nos élus, dont beaucoup sont éclairés, consiste à leur demander de renouveler ce type d'intervention. Je confirme que, depuis Jean Bousquet, nous n'avons plus ce type d'échange.
Ma deuxième observation est la suivante. Malheureusement, je réentends ce que j'entendais il y a 15 ou 20 ans. C'est-à-dire que vous qui avez été investis, les uns et les autres, de nos mandats, de nos bulletins de vote, et qui avez utilisé nos impôts pour vous maintenir à des postes parfois enviables, vous avez, en fait, différé les problèmes que nous abordions déjà il y a une vingtaine d'années.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
C'est la fête des élus, ce soir.

M. Jean-Marie Cavaillé
Il faut dire les choses à un moment donné. La société civile, chère Madame, a bien le droit de s'exprimer, dans la mesure où la société qui est issue des urnes est la représentation de la société civile, et que la société issue des urnes vit du produit de l'impôt de la société civile qui travaille. À un moment donné, dans ce pays, il faut qu'on le comprenne. Sans faire d'ailleurs du populisme, il s'agit de poser les choses simplement, clairement, et j'entends simplement les poser ce soir.
Mon troisième point est le suivant. On dit : « Où va Nîmes dans 10 ans, dans 20 ans ? » Les statisticiens ou les conjoncturistes s'intéressent sur ce genre de question en extrapolant les tendances du passé. Qu'ai-je fait, cet après-midi, sachant que je serais dans cette honorable assemblée ? Je me suis précipité sur le site de l'INSEE. Et qu'ai-je observé s'agissant de Nîmes ? Eh bien, j'observe que, s'agissant de la population, elle progresse. Nous en sommes heureux. Mais s'agissant de la richesse, elle régresse.
Savez-vous, chère Madame, par exemple, que le niveau moyen de l'impôt entre 2006 et 2008 se fixe aujourd'hui à 970 € par ménage, et a régressé de 6,9 % ?
Savez-vous par exemple aussi que le revenu moyen des ménages est de l'ordre de 14 734 €, alors qu'il est de 16 000 à 17 000 € au niveau national ?
Et enfin, savez-vous par exemple que la part de gens non imposables est passée de 55 %, progressant de 2 à 3 % ?
Alors, je dis aux élus : « Vos querelles intestines ne nous intéressent pas. » Je crois qu'il y a aujourd'hui concernant Nîmes, un plan Marshall à mettre en place, à structurer, à avoir de grands projets, et c'est le vœu que j'émets ce soir, restant toujours un observateur attentif de la vie locale.

(Applaudissements dans l'assistance).

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Il est 20 h et le principe est de tenir les horaires. En plus, il y a un cocktail auquel vous êtes tous invités. Nous avons une vidéo à faire ensemble avec les élus, et après ils seront avec vous et je pense que vous pourrez discuter...
J'anime le débat dont vous avez accepté certaines règles. On a bien posé le fait que l'on ne pourra pas aujourd'hui répondre à cette question qui est très vaste. Le principe est de lancer des pistes et des réflexions. Je vous demande de répondre brièvement, et je souhaiterais que nous terminions et que nous passions à un moment peut-être un peu plus festif. Il serait bon que tous ces gens ici se rencontrent entre eux et discutent. Je vous laisse le temps de répondre, mais il faut que ça soit structuré et court, s'il vous plaît.


M. Franck Proust
J'ai l'impression parfois, dans cette soirée, que l'on verse dans le catastrophisme, que nous avons une vision négative de cette cité, que l'on a l'impression d'être les derniers partout et que l'on n'avance pas.
Il faudrait tout de même être aveugle pour voir que, sur les 20 dernières années, cette ville n'a pas évolué. J'aimerais apporter un peu une positive attitude, pour reprendre les propos d'un ancien Premier ministre.
Je vous annonce un chiffre, puis je m'arrête, parce que, si ça allait mal, je ne pourrais pas vous annoncer ces chiffres. J'ai reçu, là, dernièrement, les évolutions de taxe professionnelle. On ne peut pas taxer en plus la Ville de Nîmes de jouer sur le taux, puisque, avec la constitution de l'Agglomération, le taux est passé de 29 à 21 %. Néanmoins, je vais vous communiquer deux chiffres qui vont vous montrer tout de même que les choses ne vont pas si mal : 2002 : 37 M€ de taxes, 2011 : 60 M€.
Cela signifie que, entre 2002 et 2011, la DT a progressé de 62 %. Cela montre bien qu'il y a une dynamique, qu'il se passe des choses et tout de même que sur cette ville ça bouge. Quand j'entends, lorsqu'on parle de l'Université, que nous sommes moins bons, que, dans le domaine du tourisme, nous sommes mauvais... C'est tout de même extraordinaire ! J'aimerais montrer que l'on a tout de même des forces, certes, nous avons des faiblesses, mais nous avons un certain nombre d'atouts, et il faut le dire, il faut le crier, parce que c'est ça aussi, et ça fait partie de l'image.

(Applaudissements dans la salle).

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Nous resterons d'abord sur l'appel à travailler ensemble. J'ai retenu un plan Marshall pour revivre, et nous resterons donc sur la positive attitude.
Merci à tous. Il y a un cocktail et j'aimerais bien que vous restiez. Nous y tenons, parce que c'est un moment d'échange entre les uns et les autres.
Je voudrais remercier nos intervenants, parce qu'il est vrai que l'exercice est difficile — nous savions que la thématique serait difficile. Merci donc à Mme Françoise Dumas, à MM. Éric Giraudier, Franck Proust, et au professeur Grassy pour leurs interventions.


Transcription réalisée pour le groupe Ecopresse par Marianne Garcia - http://www.transcrire-corriger.com

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