Comment la mobilité verte va contribuer à la Smart City de demain

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Gweltaz Le Coz, expert Smart City chez Matooma.
Gweltaz Le Coz, expert Smart City chez Matooma. (Crédits : DR)
La ville intelligente, tout le monde en parle. Et les mobilités vertes sont devenues un incontournable sujet de la ville de demain. Les objets connectés ont un rôle primordial à jouer dans cette équation du futur qui comment dès aujourd’hui… (*) Par Gweltaz Le Coz, expert Smart City chez Matooma.

Le concept de Smart City, démocratisé en 2005 par Bill Clinton, a bien évolué avec l'arrivée des nouvelles technologies et l'essor de l'IoT. La ville, pour devenir intelligente, passe par plusieurs étapes. La 1ère est de comprendre son fonctionnement. Pour cela, les capteurs et les objets connectés vont permettre de collecter un maximum de données, aussi bien pour des sujets de sécurité, d'énergie ou de santé. Une fois collectées, ces données sont analysées et nous rentrons dans une 2ème étape qui est l'apprentissage. Cet apprentissage affinera les besoins réels de la ville afin d'en optimiser ses services et d'améliorer le bien-être de ses usagers.

La mobilité est, et sera toujours, un sujet particulièrement au cœur de la Smart City en raison de son impact direct aussi bien sur la santé, l'énergie ou la sécurité des usagers. Selon l'ONU, 55 % de la population mondiale vit actuellement dans les villes. D'ici 2050, on prévoit que cette part sera de 68 %. Alors comment gérer ce flux de personnes et de véhicules tout en limitant la pollution au sein de nos villes ?

Des solutions connectées pour alimenter la mobilité verte

L'une des premières problématiques en milieu urbain est le stationnement. En effet, les Français consacreraient en moyenne 30 minutes par semaine à trouver une place, avec une conséquence très importante sur la pollution urbaine. Grâce à l'IoT, de nombreuses solutions de parking partagé et de parking intelligent permettent de trouver plus facilement des places en détectant celles non utilisées, que ce soit au travers de parkings publics ou privés. Ces solutions ont deux avantages : désengorger la circulation et, de facto, diminuer la pollution CO2.

Autre enjeu important, notamment dans les grandes villes : les moyens de transport de courte et moyenne distance. Désormais, les solutions offertes par les collectivités ou acteurs privés sont très importantes : bus, scooters, vélos, trottinettes, tout y passe avec un point commun, favoriser l'électrique. Le but est d'offrir des alternatives au déplacement domicile-loisirs ou domicile-travail. Dans cette optique, on peut aussi évoquer les stations de covoiturage qui restent un bon moyen de limiter la prise systématique de la voiture individuelle.

Des besoins de réglementations et d'infrastructures adaptées

Ces nouveaux moyens de transport rentrent de plus en plus dans les mœurs et les offres commencent progressivement à se structurer avec l'apparition de certaines réglementations par les collectivités, limitant quelque peu les déboires observés dans certaines villes avec les solutions en libre-service. Celles-ci répondent à un vrai besoin et ont permis de favoriser la démocratisation de la mobilité verte.

Pour une collectivité, avoir son offre de vélos ou de trottinettes connectés passent généralement par la mise en place d'une infrastructure spécifique autour de stations connectées. En effet, ces stations permettront de gérer, d'une part, l'utilisation du moyen de transport depuis son emprunt par l'usager jusqu'à sa restitution, avec des outils de géolocalisation et de paiement. D'autre part, elles permettront de gérer la recharge de ces véhicules.

Mais comment gérer la recharge de batterie sans faire exploser la consommation d'électricité des villes ? Les stations connectées et bornes de recharge intelligentes auront la tâche de gérer le « Demand Response », c'est-à-dire de maîtriser les pics de consommation (ne pas recharger tous les véhicules en même temps sur le réseau électrique par exemple). Diverses expérimentations sont déjà en cours notamment au travers de projets tels que FLEXGRID ou SMILE, visant à déployer des solutions énergétiques optimisées sur le territoire français.

Pour améliorer cette gestion de l'énergie, le concept de « vehicule-to-grid » pourra aussi être déterminant. Ce concept permet aux véhicules d'être une source d'énergie lors de pics de consommation et de se recharger lorsque la demande d'électricité est moins importante et moins chère pour la collectivité.  Nous restons encore au début du chemin avant de pouvoir bien maîtriser les aspects de stockage d'énergie.

Tous les aspects de monitoring et de maintenance vont nécessiter la mise en place de moyens et d'infrastructures spécifiques. L'un des principaux enjeux sera l'intégration d'une connectivité IoT résiliente, sécurisée et accessible en temps réel, pour permettre une gestion simplifiée de la maintenance et du monitoring des véhicules, et une gestion des alertes à distance en temps réel, nécessaires pour maîtriser à la fois sa flotte de véhicules et la gestion de l'électricité associée.

Les modifications des habitudes liées au déplacement dans les villes s'accélèrent et semblent nécessaire afin de gérer ce flux grandissant d'usagers. La mobilité verte devient un véritable enjeu dans les grandes villes et les aspects d'énergie seront primordiaux pour ces nouveaux moyens de locomotion verts. Les infrastructures doivent évoluer pour les gérer de façon optimale. C'est là tout l'enjeu de la Smart City de demain, comprendre et apprendre ne sont que la route qui mènera à l'autonomie des villes du futur.

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Commentaires
a écrit le 01/07/2020 à 19:36 :
Cet article est extrêmement intéressant mais truffé d'anglicismes inutiles:les mots français désignant les idées exprimée existants. Certes,dans nombre de ces technologies les Etats Unis possédaient une longueur d'avance mais nos "jeunes pousses" le comble chaque jour. Les lecteurs de La Tribune ne sont pas des snobs avides de distinction par le langage et je suis parfois lassé pour pouvoir lire un article de devoir aller chercher la traduction dont je découvre que le mot français est tout à fait pertinent pour désigner le concept exprimé.
Peut-être La Tribune devrait-elle veiller à demander aux auteurs qui s'expriment dans ses colonnes de faire l'effort de se relire en se posant la question de l'utilité du sabir qu'ils utilisent. "Ecrire pour être lu" n'est-elle pas la première leçon enseignée dans les écoles de journalisme?.

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