Municipales : Saurel en tête du 1e tour à Montpellier, mais de peu…

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Le maire sortant de Montpellier, Philippe Saurel, termine le 1e tour en tête, avec 19,11 % des suffrages.
Le maire sortant de Montpellier, Philippe Saurel, termine le 1e tour en tête, avec 19,11 % des suffrages. (Crédits : Anthony Rey)
La capitale languedocienne aura vécu une campagne qualifiée de « folle ». Avec pas moins de 14 listes, un record. Et donc un éparpillement inédit qui annonçait le scrutin le plus incertain de France. Résultats du premier tour à Montpellier et ailleurs, sur l’ex-Languedoc-Roussillon (Nîmes, Alès, Narbonne, Carcassonne, Mende,…).

Comme partout en France, le premier tour du scrutin aura été entaché par la situation sanitaire du pays. Malgré les précautions prises dans les bureaux de vote, la participation a été des plus faméliques... Avec un taux de participation de 43,3%, l'Occitanie s'inscrit dans la tendance baissière nationale de ce premier tour.

Sur l'ex-Languedoc-Roussillon :

  • Hérault : à midi 21,71 % (vs 25,55 % en 2014). A 17 h : 46,83 % (vs 59,39 % en 2014).
  • Aude : à midi 22,11 % (vs 24,21 %). A 17 h : 41,31 % (vs 64,89 %).
  • Gard : à midi 21,54 % (vs 26,57 %). A 17 h : 40,18 % (vs 59,12 %).
  • Lozère : à midi 23,80 % (vs 31,86 %). A 17 h : 57 % (vs 70,05 %).
  • Pyrénées-Orientales : à midi 20,71 % (vs 27,79 %). A 17 h : 42,10 % (vs 64,57 %).

Montpellier, capitale du suspense

A Montpellier, le maire sortant Philippe Saurel (ex-PS, un temps "LREM compatible"), déclaré tardivement (après une opération du genou en janvier) et grand absent de la campagne (il avait annoncé qu'il ne participerait à aucun débat avant le 1e tour, préférant « une campagne de terrain dans les cafés »), affrontait pas moins de 13 autres candidats. Une situation inédite et un record de candidatures en métropole.

Offre politique très fragmentée et possibles volatilités entre les listes... Le scrutin s'annonçait dans l'incertitude la plus totale, avec aucune liste ne passant la barre des 20 % d'intentions de vote (y compris celle de Philippe Saurel) selon le dernier sondage effectué le 6 mars par nos confrères de Midi Libre.

Un tableau confirmé au soir du 1e tour, où, avec un taux de participation très faible de 34,61 %, le maire sortant monte sur la première marche mais ne décroche que 19,11 % des suffrages. Il est talonné de près par Michaël Delafosse (PS-PC) à 16,66 %, et Mohed Altrad, emblématique entrepreneur montpelliérain, à 13,31 %.

Les 11 autres candidats sont en dessous de la barre des 10 % : Rémi Gaillard 9,59 %, Alenka Doulain (collectif citoyen #NousSommes) 9,25 %, Coralie Mantion (EELV) 7,43 %, Clothilde Ollier (EELV) 7,26 %, Patrick Vignal (LREM) 6,10 %, Olaf Rokvam (RN) 4,78 %, Alex Larue (LR-UDI) 3,83 %, Jean-Louis Roumegas (EELV dissident) 1,61 %, Kamy Nazarian (UPR) 0,52 %, Maurice Chaynes (Lutte Ouvrière) 0,41 %, Sylvie Trousselier (extrême-gauche) 0,12 %.

Le suspense est donc entier dans la 7e ville de France. Les positions respectives de ceux qui ne passent pas la barre des 10 % pourraient être décisives, « personne ne gagnera seul », avait déjà annoncé le politologue Emmanuel Négrier. S'il a lieu, le 2e tour s'annonce de haute lutte...

Gard / Lozère : Fournier, en pole position à Nîmes, Roustan, Sanchez et Suau réélus

La faible participation permet une situation inédite à Nîmes où cinq listes sont en mesure de se maintenir pour le second tour. C'est du jamais vu dans la Rome française alors que Jean-Paul Fournier (LR), qui se présente pour un 4e mandat, arrive en tête, comme tous les sondages l'avaient estimé, avec 34,34 % des voix.

La surprise de ce premier tour vient de la fonte de l'électorat semblant acquis à l'ancien patron de Sephora et du WWF, Daniel Richard (EELV, PS, LFI). L'actionnaire majoritaire de Souleiado plafonne à 12,19 % des voix alors que les sondages lui faisaient tutoyer les 20 %...

Ainsi, le centriste, soutenu par LREM, Yvan Lachaud (15,74 %) arrive second juste devant le communiste Vincent Bouget qui affiche 15,69 % des voix, tandis que le candidat RN Yoann Gillet est lui aussi qualifié pour le second tour de scrutin avec 14,35 % des suffrages.

Dans ce contexte, Jean-Paul Fournier a affirmé, à chaud, sa confiance : « Je ne pense pas qu'il puisse y avoir d'alliance entre messieurs Richard et Lachaud, l'un soutenu étant soutenu par M. Macron et l'autre par M. Mélenchon... Le candidat communiste, lui, n'a pas d'intérêt à s'allier avec qui que ce soit ».

« Je suis ouvert à toute discussion pour tourner une page dans cette ville de Nîmes. C'est la priorité. Si on arrive à la tourner avec des gens de droite et de gauche, ça me va », a commenté Yvan Lachaud invitant, au-delà d'un rassemblement politique large nécessaire pour tenter de battre Jean-Paul Fournier, les quelque 7 Nîmois sur 10 qui ne se sont pas déplacés à venir voter dimanche prochain.

« Notre responsabilité, c'est de rassembler », a pour sa part estimé Vincent Bouget semblant tendre la main à Daniel Richard et ses soutiens.

Une situation, semblant profitable, au moins sur le papier, à Jean-Paul Fournier.

Carcassonne, Narbonne : 4 et 5 candidats qui passent la barre des 10 %

Dans l'Aude, les deux grandes villes de Narbonne et Carcassonne, voient leurs maires sortant en tête de ce premier tour. Mais plusieurs listes se maintiennent pour le second tour.

Dans la cité médiévale, le maire sortant Gérard Larrat (DVD) caracole en tête du premier tour du scrutin avec 32,81 % des voix exprimées. Trois autres candidats passent la barre des 10 % : Tamara Rivel (PS) avec 18,25 %, la liste du RN menée par Edgar Montagné, créditée de 16,52 % des votes, et la liste "citoyenne, écologique et sociale" de Xavier Bigot, avec 11,95 % des voix. On s'achemine donc vers une quadrangulaire à Carcassonne, si le 2nd tour est maintenu.

Même scénario à Narbonne : le maire sortant Didier Mouly (DVD) se retrouve en tête au premier tour avec 34,64 % des voix. L'opposant DVG Nicolas Sainte-Cluque est 2e avec 23,81 % des voix. Mais ce sont ensuite trois listes qui atteignent les 10 % et pourraient se maintenir au second tour, laissant entrevoir la possibilité de voir cinq listes s'affronter dimanche prochain : Nathalie Granier-Calvet (DVG) avec 10,93 %, la candidate EEVL Viviane Thivent avec 10,54 % et Jean-François Daraud (RN) avec 10,39 %.

Sur les 226 communes des Pyrénées-Orientales, la majorité des candidats s'était présenté sans étiquette, notamment dans les zones rurales. À part Perpignan, l'extrême droite n'a pas fait de haut score ailleurs. La gauche arrive en tête dans des communes telles que Argelès-sur-Mer où le maire sortant Antoine Parra réunit 59,71% des voix exprimées, Céret où c'est le candidat DVG Michel Coste qui arrive en tête avec 45,81 % des voix, Elne où l'ancien maire Nicolas Garcia obtient 48,86 % voix, Cabestany où le maire communiste sortant, Jean Vila, aux manettes depuis 1977, arrive en tête avec 58,9 %.

Les gagnants du premier tour

Dans de nombreuses communes, les élections sont d'ores et déjà closes, le premier tour ayant déjà enregistré la victoire d'un candidat.

Dans l'Hérault, à Baillargues, les habitants ne pouvaient voter que pour une seule liste, celle du maire sortant Jean-Luc Meissonnier, qui est donc réélu à 100 %. D'autres villes ont aussi leur maire : La Grande Motte avec Stephan Rossignol à 69,2 % ; Juvignac avec Jean-Luc Savy à 50,7 % ; Palavas-les-flots avec Christian Jeanjean à 52,8 %.

Dans le Gard, à Alès, six listes se présentaient face au sortant Max Roustan qui est élu dès le premier tour avec plus 56,8 % des voix. C'est la 5e fois que Max Roustan est élu dans la capitale cévenole. A Beaucaire, (15 000 habitants), 4e ville du département en nombre d'habitants, la liste emmenée par le maire RN sortant Julien Sanchez est élue devant trois autres listes avec 59,51 % des suffrages recueillis.

Dans la préfecture de Lozère, à Mende, seules deux listes s'affrontaient. C'est celle emmenée par maire sortant, Laurent Suau, qui est arrivée en tête (53,2 %) devant celle de Philippe Pouget, avocat de profession, qui se présentait pour la première fois à cette élection. C'est aussi la première fois que Laurent Suau menait campagne sur son nom : en 2016, le secrétaire départemental de la Fédération de pêche avait été installé à l'Hôtel de Ville par le sénateur-maire d'alors, Alain Bertrand, disparu au début du mois dernier.

Dans l'Aude, Didier Codorniou est réélu à Gruissan avec à 66,6 % des voix, ainsi que Michel Py (DVD) à Leucate avec 58,52 % des voix. A Castelnaudary, Patrick Maugard est réélu avec 65,8 % des voix. Même scénario à Quillan pour le maire sortant Pierre Castel qui l'emporte avec 60,36 % des voix, et à Trèbes pour Eric Méssani, réélu avec 59,98 % des suffrages exprimés. Dans la commune de Port la Nouvelle, le maire sortant, Henri Martin, qui briguait un cinquième mandat, obtient également sa réélection dès le premier tour. Sa candidature a rassemblé 87,21 % des voix, un très haut score, alors que son adversaire, le RN Charles Rechagneux termine à 12,78 %.

Dans les Pyrénées-Orientales, la droite se place favorablement dans les villes côtières de Banyuls-sur-Mer où le maire sortant Jean-Michel Solé est réélu avec 64,81 % des voix, tout comme Stéphane Loda à Canet-en-Roussillon (67,37 %), Thierry Del Poso, le maire sortant à Saint-Cyprien (63,56 %), le maire sortant Alain Ferrant au Barcarès (60, 56 %) et Guy Llobet à Collioure (65,42 %).

Lire aussi les résultats de Béziers et Perpignan ici.

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Commentaires
a écrit le 16/03/2020 à 10:52 :
Lachaud paye sa gestion calamiteuse de la gestion de l'eau à Nîmes. Par ailleurs, au niveau de la Métropole, il n'a rien prouvé. Quant à Richard, arrivé de nulle part, il ne faut pas être surpris. Ce "bobo" qui a collaboré à la "financiarisation" la plus abjecte à travers ses différents postes au sein de multinationales, se pare aujourd'hui des plumes de la vertu. Faut-il également rappeler que l'entreprise SOULEIADO, actuellement dirigée par ses Fils, occupe un bâtiment public à Nîmes. Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais", tel est le slogan à cette pâle imitation de Léo Ferré (au niveau des cheveux, mais certainement pas du talent).
a écrit le 16/03/2020 à 9:36 :
"Je ne pense pas qu'il puisse y avoir d'alliance entre messieurs Richard et Lachaud, l'un soutenu étant soutenu par M. Macron et l'autre par M. Mélenchon..."

Houlà, attention avec ce genre de raisonnements puisque l'idéologie des partis politiques passe pour eux bien après leur petits conforts personnels.

Les communards de la Commune de Paris, anarchistes donc, ont été exécutés par Adolphe Thiers, communiste, qui s'est mis d'accord avec toutes les forces politiques européennes, de droite et socialistes, pour une trêve afin de mater cette rébellion interne.

Par ailleurs Mélenchon était ami avec DASSAULT... Bref il vaut mieux oublier la pensée binaire si on veut comprendre ce qu'est la "politique" actuellement..

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