Réforme territoriale  : l'écosystème montpelliérain sort son "Livre bleu"

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Les auteurs du Livre bleu veulent conserver à Montpellier sa vocation méditerranéenne
Les auteurs du Livre bleu veulent conserver à Montpellier sa "vocation méditerranéenne" (Crédits : reuters.com)
André Deljarry, président de la CCI de Montpellier, a dévoilé "Le Livre bleu de l'économie" rédigé par des grands patrons du Languedoc-Roussillon, le 1er juillet. Il sera remis sous peu au préfet préfigurateur de la grande région, Pascal Mailhos, avant que celui-ci ne rende son rapport, le 10 juillet.

Lors du bureau réuni le 1er juillet, le président de la CCI de Montpellier, André Deljarry, a dévoilé les grands axes du "Livre bleu de l'économie" destiné à être remis à Pascal Mailhos, préfet préfigurateur de la grande région qui verra le jour le 1er janvier 2016 en unissant Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon.

Ce document a été rédigé par plusieurs personnalités du monde économique montpelliérain et régional dont, notamment, Marie-Thérèse Mercier (Medef Montpellier), Max Ponseillé (OC Santé), Serge Constantin (Clinipôle), Dominique Guérin (FDI), Patrick Ceccotti (FFB 34) ou encore André Brunel (Barreau de Montpellier). Plusieurs d'entre eux se rendront à Toulouse, le 3 juillet, pour le soumettre à Pascal Mailhos avant que celui-ci ne rende son rapport au gouvernement, a priori le 10 juillet.

Les auteurs du "Livre bleu" prennent soin de présenter leur démarche non comme la défense d'intérêts partisans, mais comme "un signal d'alarme et une force de propositions (...), considérées comme les points d'appui d'un territoire qu'il s'agit d'inventer". En cause : les inquiétudes suscitées à Montpellier par un processus de préfiguration assurée par des fonctionnaires qui sont tous "basés à Toulouse".

Comme l'indiquait Objectif Languedoc-Roussillon en révélant la création d'un Collectif pour Montpellier initié par des grands noms du secteur santé, la première revendication exprimée dans ce document concerne le statut de Montpellier dans la future région.

"Revendiquer le chef-lieu de région à Montpellier avec localisation de l'administration du Conseil régional nouvellement élu, de certaines directions des services administratifs de l'État et des grandes entreprises publies est certes ambitieux. Mais cette ambition est à l'échelle des enjeux d'une coopération équilibrée entre Toulouse, capitale économique, et Montpellier, capitale administrative."

Sept axes forts identifiés

Plusieurs points d'équilibre à trouver entre les deux métropoles sont identifiés par les auteurs du Livre bleu : l'organisation du territoire, la transition énergétique, l'eau, l'université et la recherche, la santé, la justice, le logement et l'économie présentielle.

Sur le volet territorial, le collectif milite pour "confirmer la métropole en réseau du développement économique" et pour "faire des villes moyennes les leviers de l'organisation des entités de territoire, en relais de la Métropole". Il souligne aussi "l'organisation spatiale de l'appareil judiciaire languedocien" et la présence du port de Sète comme "interface vers le Maghreb" : "cette voie est source de trafics en tout genre qui nécessitent un traitement spécifique, d'où la légitimité d'une demande de juridiction d'instruction régionale spécialisée"... qui supposerait notamment le maintien de la Cour d'appel de Montpellier.

Sur la transition énergétique, le Livre bleu recense les points forts du Languedoc-Roussillon (solaire, éolien, biomasse, nucléaire à Marcoule, et système de transport de l'énergie), en demandant que ces options soient confortées "en ce qui concerne les capacités d'expertise et la recherche de solutions intelligentes", en demandant de "reconnaître le rôle moteur du complexe industriel rhodanien autour de Marcoule", et de confirmer le rôle d'interface de la région entre les systèmes électriques de l'Espagne et de PACA.

La CCI se rapproche de Toulouse

Lors de ce même bureau, qui associait 26 représentants de syndicats professionnels et syndicats de branche aux élus consulaires, André Deljarry a rendu compte de ses propres démarches auprès d'Alain Di Crescenzo, son homologue à la CCI de Toulouse. Tous deux travaillent sur la création d'un cluster de la franchise en Méditerranée, dans le but "de créer des franchises nationales et internationales et d'aider les entreprises de nos territoires à atteindre cette échelle".

"Nous pourrions lancer officiellement un incubateur sur ce sujet à Paris, à l'occasion du prochain Salon de la franchise en mars 2016", indique André Deljarry.

S'agissant de l'initiative récemment lancée par la CCI de Montpellier pour favoriser une nouvelle économie productive, André Deljarry a rappelé les différents secteurs visés : numérique, design et création, santé et primo-dépendance, bâtiment du futur, oenotourisme et industrie viti-vinicole, nautisme. Pour booster et valoriser les démarches innovantes dans ces domaines, la CCI s'apprête à lancer une nouvelle marque : "CCI Innovation Montpellier".

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