À Montpellier, Corinne Lepage évoque la dynamique RSE et digital

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P. Viallet (LeadeR Occitanie) et N. Bigas (Club des Présidents), entourant N. Lepage, ex-ministre et fondatrice du MENE
P. Viallet (LeadeR Occitanie) et N. Bigas (Club des Présidents), entourant N. Lepage, ex-ministre et fondatrice du MENE (Crédits : Vincent Mallard)
Le Club des Présidents et FACE Hérault ont organisé un forum sur la RSE, le 24 novembre à Montpellier, en présence de l'ex-ministre Corinne Lepage. Un constat : la dynamique positive de la RSE dans l'entreprise, même amplifiée par le digital, nécessite encore un travail d'explication visant les PME.

FACE Hérault (Fondation Agir Contre l'Exclusion) et le Club des Présidents, qui rassemble 15 réseaux économiques locaux, ont organisé leur 2e forum consacré à la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), le 25 novembre au Conseil départemental de l'Hérault, en présence de l'ex-ministre Corinne Lepage. La présidente du Rassemblement Citoyen et fondatrice du MENE (Mouvement des Entreprises de la Nouvelle Économie) a insisté sur les bénéfices que la gouvernance des entreprises peut retirer de la RSE.

"À une époque où nous connaissons de très forts bouleversements dans tous les domaines, la RSE permet aux entreprises de répondre à des changements de rapport autour d'elles et d'instaurer de nouveaux modes d'organisation, de nouvelles façons d'être, en interne, explique-t-elle. C'est un vecteur de rentabilité et de performance."

Quel impact social de la digitalisation ?

Le forum posait la question de l'impact des outils numériques en faveur de cette nouvelle gouvernance. Corinne Lepage admet l'importance de la digitalisation comme facteur de transformation de l'entreprise et des rapports avec les usagers ou les consommateurs, sans minimiser toutefois les conséquences sociales de cette évolution.

"La disparition de l'intermédiation aura des conséquences importantes sur le social, comme on peut le voir déjà avec la controverse fiscale autour de Airbnb, juge-t-elle. Toute digitalisation n'améliore pas forcément les choses. De même, la dimension économique, le "E" de RSE, est plus ambivalente. Par exemple, la RSE peut permettre de réduire les impacts environnementaux, mais le digital lui-même est très consommateur d'énergie."

"Les entreprises du digital ont un rôle majeur pour entraîner l'ensemble de l'économie, souligne Pierre Deniset, président du cluster numérique régional FrenchSouth.digital. D'un côté, nous sommes en première ligne des nouveaux usages et des innovations sociétales, et de l'autre, nous avons une fonction d'accompagnement à la transformation digitale et environnementale, car nous proposons aussi des solutions plus économes en énergie."

Transmettre "le virus de la RSE"

Reste la question de la transmission des bonnes pratiques à l'ensemble du tissu économique, PME comme ETI et grands groupes : l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi, en 2017, généralisant la publication d'informations relatives à la diversité par certaines grandes entreprises et certains groupes, devrait accélérer les choses. "Nous avons milité pour ça pendant plusieurs années auprès de la FFB ou d'autres grandes fédérations professionnelles, car en l'absence d'harmonisation sur le plan communautaire, c'est le seul moyen que nous ayons de lutter dans l'arène européenne, estime Clare Hart, présidente de FACE Hérault. La pondération introduite par la RSE permettra de limiter les risques de la concurrence avec les pays à bas coûts de main d'œuvre."

Sur le terrain, des organisations tentent de sensibiliser et d'accompagner leurs adhérents dans cette évolution, à l'image de FrenchSouth.digital ou LeadeR Occitanie, que préside Jalil Benabdillah. "Il faut diffuser le virus de la RSE auprès de tous nos membres, souligne ce dernier. Nous allons par exemple les accompagner sur l'emploi des personnes handicapées, de sorte à les mettre toutes en conformité avec la loi. Mais pour que les PME-PMI s'impliquent dans la RSE, il faut d'abord que le chef d'entreprise soit convaincu de l'intérêt de ce mode de gouvernance."

"Nous appliquons une notation de type "AAA" à tous nos projets, cite pour sa part Jean-François Blanchet, directeur général du groupe BRL. D'une part, pour veiller à leur adaptation aux conséquences du changement climatique. D'autre part, pour être dans l'anticipation, et prévoir des aménagements adaptatifs par rapport à un phénomène qu'on connaît encore mal. Enfin, pour faciliter l'acceptation de ces projets, car s'ils sont mal acceptés, ils se traduisent souvent par de la gabegie. Nous appliquons cette approche globale, par exemple, sur nos appels d'offre récemment lancés."

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