« Terres du Midi », une nouvelle IGP pour la grande région ?

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(Crédits : DR)
Sous le nom « Terres du Midi », les viticulteurs des IGP de département en Languedoc ont décidé de réunir leur production pour répondre à la demande du négoce. Après l'IGP Pays d'Hérault et l'IGP Gard, celle de l'Aude a validé ce projet le 8 décembre. L’idée d’étendre cette dénomination à Midi-Pyrénées est déjà évoquée.

"Terres du Midi" est le nom retenu par les responsables viticoles pour la nouvelle IGP régionale qui réunira sous une même bannière les IGP de département Aude, Gard et Pays d'Hérault. Le précédent patronyme choisi, Terres du sud, n'a pas convaincu l'INAO (Institut national des appellations d'origine) du fait de son trop faible ancrage territorial.

Une nouvelle IGP

Les viticulteurs héraultais ont donc validé le nom Terres du Midi lors d'un conseil d'administration de l'ODG (Organisme de défense et de gestion) de l'IGP Hérault, le 27 octobre. Peu de temps après, le 12 novembre, les gardois ont eux aussi approuvé ce choix. Il ne restait plus qu'à recueillir l'adhésion des viticulteurs audois. C'est chose faite depuis le 8 décembre, avec la tenue du conseil d'administration de l'ODG des IGP de l'Aude, à Narbonne.

« Le principe de la création d'une nouvelle IGP baptisée Terres du Midi a été voté par les producteurs, résume Bernard Augé, le directeur de la section IGP du CIVL. Notre objectif est de pouvoir créer une offre volumique importante, environ 1,5 Mhl à terme, qui réponde à la demande du négoce afin que celui-ci évite de tourner le dos à nos produits faute d'un approvisionnement suffisant. »

Les acteurs de l'aval de la filière ont justement été consultés afin d'obtenir leur ralliement au projet. Négoces et courtiers ont ainsi échangé avec la production durant le printemps et l'été par l'entremise de la section IGP du CIVL, le conseil interprofessionnel des vins du Languedoc.

« L'étape qu'il nous reste à franchir est celle de la validation par l'INAO »,  déclare Jérôme Villaret, le délégué général du CIVL. Sur le principe, « l'INAO nous a donné son feu vert », annonce Michel Servage, le président de l'IGP Aude. Il n'en reste pas moins que le passage par la case administrative est obligatoire et que « les procédures réglementaires prendront au moins un an », évalue Jérôme Villaret.

La profession souhaite valoriser l'IGP Terres du Midi dès la récolte de 2016. Le CIVL a d'ores et déjà déposé le nom pour en faire une marque protégée.

Des frontières à respecter

« L'IGP Terres du Midi sera composée de vins d'assemblage dans les trois couleurs, résume Bernard Augé, le directeur de la section IGP du CIVL. En fonction de leurs courants d'affaires, les viticulteurs pourront ajouter la mention départementale, Gard, Hérault ou Aude, aux produits. »

La référence aux vins d'assemblage permet d'éviter la concurrence directe avec les vins Pays d'Oc IGP dont l'offre est essentiellement composée de vins de cépages.

« Il pourra y avoir des vins monocépages comme c'est déjà le cas dans certaines IGP de département mais ça ne sera pas la raison d'être de cette IGP, insiste Michel Servage. D'ailleurs, la mention de cépage ne pourra apparaître que si une mention complémentaire de plus petite zone est spécifiée. »

La concurrence se retrouve sur un autre terrain, celui de Midi-Pyrénées. Des représentants professionnels languedociens ont proposé d'étendre l'aire de l'IGP Terres du Midi à certains terroirs de Midi-Pyrénées. Ils sont dans l'attente de la réponse de leurs homologues. Objet de nombreuses convoitises, la production viticole du Sud-Ouest pourrait également répondre aux défis d'accroissement de l'offre des vins de Pays d'Oc.

« Nous sommes prêts à répondre à toutes ces invitations dès lors qu'elles sont fondées et qu'elles respectent notre identité, déclare Michel Defrances, le président de l'interprofession des vins du Sud-Ouest (IVSO). Ce n'est pas parce que la fusion des régions modifie le périmètre politique que le périmètre économique doit également évoluer. Le vignoble du Sud-Ouest a acquis une notoriété auprès des consommateurs et de la restauration, une place sur les linéaire de la grande distribution et une identité auprès de l'INAO. Nous n'avons pas l'intention des le faire disparaître. C'est de la complémentarité qu'il faut proposer. »

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Commentaires
a écrit le 10/12/2015 à 10:35 :
Encore une idée franco-franchouillarde à la noix :-) qui connait la terre du midi dans le monde ?

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