French Tech Montpellier : 18 mois et un satisfecit général

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La labellisation French Tech a été accordée à Montpellier en novembre 2014
La labellisation French Tech a été accordée à Montpellier en novembre 2014 (Crédits : M3M)
Le 6 juin, Philippe Saurel, président de la Métropole, a réuni les acteurs de la French Tech pour dresser un bilan des initiatives 2015-2016 et les perspectives de la French Tech Montpellier. Tous n’affichent qu’enthousiasme et espoir pour cette marque créée par le gouvernement et qui a déjà favorisé l’essor de nombreuses start-ups.

Dans une semaine environ, le 13 juin en théorie, le gouvernement annoncera le renouvellement du label « Métropole French Tech » pour une durée de trois ans, initialement attendu à la fin de l'année 2015. Le président de la métropole montpelliéraine, Philippe Saurel et, derrière lui, tout l'écosystème French Tech espèrent bien obtenir le sésame au coq rose afin de poursuivre un travail entamé de concert et qui, selon tous les acteurs, a déjà largement porté ses fruits.

Philippe Saurel y croit tellement qu'il a déjà lancé l'accrochage du fameux coq rose, symbole désormais bien identifié du label French Tech, sur la façade de l'ancienne mairie de la ville, transformée en hôtel numérique en attendant que soit érigé, d'ici 2018, le futur "bâtiment-totem" du numérique à Montpellier, dans le quartier de la Mogère, en face de la future gare TGV.

L'Hérault, champion de la création d'emplois

Pour mémoire, le gouvernement de François Hollande et son bras armé financier, la Banque publique d'investissement (bpifrance), avait créé en 2014 le label «French Tech», une marque visant à promouvoir le secteur numérique français, à soutenir les start-ups nationales et à attirer les investisseurs étrangers. Un fonds d'investissement de 200 M€ a été créé pour les accélérateurs de start-ups, et un budget de 15 M€ pour promouvoir la French Tech à l'international.

En novembre 2014, Montpellier faisait partie des 9 métropoles labellisées et s'est, depuis, attachée à développer un écosystème à même de faire éclore des « champions » du numérique. Dix-huit mois plus tard, le constat est unanime : c'est une réussite.

« Montpellier et sa métropole figurent parmi les territoires les plus dynamiques en matière de créations d'entreprises innovantes et d'accompagnement, se réjouit Philippe Saurel. Le département de l'Hérault, sur les 13 départements de la grande région, est celui qui connaît la plus grande croissance en termes d'emplois devant la Haute-Garonne, un exploit historique que l'on doit notamment à l'écosystème de la French Tech. »

Montpellier, 2e derrière Paris sur le Pass French Tech

La vice-présidente déléguée au développement économique et à l'innovation, Chantal Marion, qui qualifie ce bilan de « fabuleux », égrène les actions inscrites à la feuille de route et tenues. A commencer par le conseil de la French Tech Montpellier, structure de gouvernance collaborative constituée de 22 membres, qui a été créé en avril 2015.

Mais aussi BigUp4StartUp, un événement permettant la rencontre entre grands groupes et start-ups, qui s'est tenu en 2015 et 2016 ; le lancement du programme collaboratif d'accélération Start2You, du programme Open Cité, de l'événement XtremUp ; les missions à l'international.

Et bien sûr le Pass French Tech, programme national de détection des entreprises en hypercroissance, qui a fait émerger 13 entreprises lauréates sur le territoire, « et qui a permis de classer Montpellier 2e dans le palmarès national, juste après Paris ! », souligne avec satisfaction Chantal Marion.

 « Dès que nous avons été labellisés Pass French Tech, nous avons été convoqués par le cabinet de François Hollande et d'Emmanuel Macron pour faire un déplacement en Hollande, où nous avons signé un accord avec le principal opérateur hollandais, témoigne Frédéric Salles, le P-dg de Matooma, l'une des 13 entreprises du Pass French Tech. Par ailleurs, les conseillers d'Emmanuel Macron nous ont aidés pour accéder à ce dont nous avions besoin pour nous développer. C'est ainsi que nous avons pu ouvrir une filiale à New York, une filiale en Espagne, et sur le financement, ils nous ont mis en relation avec la BPI. On a gagné 2 ans ! »

Mis en contact avec de grands groupes lors du BigUp4StartUp, la start-up montpelliéraine Idéalys (services logiciels) parle d'un « effet boule de neige ».

« On avait alors seulement trois mois d'existence et on a pu contractualiser dans la foulée avec des grands comme la TAM, le Crédit Agricole, la Métropole, raconte Michaël Lalande, l'un des deux cofondateurs d'Idéalys. Maintenant, les autres grands groupes nous reconnaissent. Après une première année rentable sur 10 mois d'exercice, on devrait être sur 300 % d'augmentation en 2016. Cela a été un énorme accélérateur pour nous ! »

« A l'international, on a une labellisation incroyable avec la French Tech, rapporte également Luc Charbonnel, fondateur de l'entreprise ServicesYou et de l'initiative StartupXchange qui a envoyé une douzaine de start-ups montpelliéraines à Austin pendant dix jours en octobre 2015. Oui, c'est un outil de communication mais qui sert énormément pour nos entreprises ! »

140 M€ levés en deux ans

Finalement, peu de chiffres sont donnés pour qualifier le premier bilan de cette labellisation : à défaut de pouvoir dénombrer exactement le nombre d'entreprises engagées dans la French Tech montpelliéraine, la collectivité annonce une augmentation de 80 % des levées de fonds entre 2014 et 2015, avec respectivement 50 et 90 M€ (en 2014 : 25 M€ pour AwoX, entre 1 et 10 M€ pour 9 entreprises ; en 2015 : plus de 10 M€ pour trois entreprises, entre 1 et 10 M€ pour 15 entreprises).

Mais Philippe Saurel ne manque pas également de souligner que Montpellier est la seule métropole française à avoir obtenu le label Retis, réseau français des acteurs économiques qui accompagnent les entreprises innovantes, « reconnaissance de l'action structurante de la Métropole au service de l'innovation et de l'entrepreneuriat ».

Outre le renouvellement de la labellisation, la French Tech Montpellier attend également pour la mi-juin les résultats de sa candidature aux réseaux thématiques. Huit dossiers ont été déposés : santé, agri-agrotetch, IoT, industrie culturelle et créative, smart-city, sportech, sécurité numérique et fintech.

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a écrit le 07/06/2016 à 15:05 :
L'autosatisfaction, un remède à la gouvernance qui semble avoir perdu la boussole du bon sens... Une gare TGV de la MOGERE sans train dont le coût avoisine 200 millions € qui n'a été implantée que pour justifier le tracé irresponsable de la DUP de l'A9 qui en coûtera aux citoyens 850 M€ht et 320 M€ht pour la requalification de l'autoroute A9 actuelle sans oublier le coût environnemental exponentiel.
Quel #FrenchTech d'autant abstraite pour une forte majorité des citoyens parce aveugle à l'urgence sociétale pourra combler un tel déficit et réparer tant de destructions comme celle des Halles Alexandre Laissac?
Illustration: https://m.facebook.com/photo.php?fbid=848901808546981&id=165903733513462&set=a.280024582101376.54364.165903733513462&source=54
a écrit le 07/06/2016 à 9:35 :
C'est formidable. Mais en 1 an, c'est normal que tout soit fantastique ! J'attends de voir dans 5 ans ce qu'il en restera quand ces startups devront grandir et ne seront plus sous perfusion.

Il suffit de regarder dans le passé pour s'apercevoir qu'après 5 ans, 80% des startups sur Montpellier sont en liquidation ou depot de bilan. J'invente pas les chiffres, je me base ceux du LIRMM notamment. Après, je ne suis pas journaliste...

Espérons que cette fois-ci le résultat soit un peu meilleur et pas juste de la poudre aux yeux.
Réponse de le 07/06/2016 à 15:18 :
Par principe le nombre de startups qui ne survivra pas à son 5ème anniversaire sera forcément important (80% me parait un chiffre correct = 1/5 survit). Il faut cependant regarder le nombre de startups qui vont dépasser ces fameux 5 ans et générer de l'emploi direct ou indirect.

Je travaille depuis 25 dans l'informatique sur Montpellier et je suis engagé sur le partage de connaissance à travers l'organisation de conférences techniques et gratuites au JUG de Montpellier. Il est évident que l'écosystème de Montpellier a beaucoup évolué depuis ces 3 dernières années ! Personnellement je m'en réjouis : Montpellier a de beaux atouts pour attirer de nouvelles et jeunes sociétés au soleil de notre région.

La perfusion est un moyen d'amorcer la pompe. Fuyons le pessimisme à la française, les choses changent et Montpellier bouge !

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