Métiers du numérique : près de 400 offres d’emploi à pourvoir en Occitanie

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Meetups, speed coaching et autre job dating ont émaillé la journée du 14 novembre 2018, lors du forum JobsTIC à Montpellier.
Meetups, speed coaching et autre job dating ont émaillé la journée du 14 novembre 2018, lors du forum JobsTIC à Montpellier. (Crédits : La Mêlée Montpellier)
JobsTIC, le forum des métiers du numérique et de l’innovation qui se tenait le 14 novembre sur le campus de Montpellier Business School, rassemblait entreprises et candidats à l’emploi dans les métiers du numérique. Environ 400 offres étaient proposées par les entreprises présentes.

« Dix-huit entreprises qui recrutent, quelque 400 offres d'emploi à pourvoir dans la région Occitanie, et environ 500 participants ». Ainsi Jean-François Sales, vice-président de l'association régionale La Mêlée Occitanie, qualifie-t-il JobsTIC, le forum des métiers du numérique et de l'innovation se tenait le 14 novembre sur le campus de Montpellier Business School.

L'urgence à mieux former et mieux recruter dans les métiers du numérique est la raison d'être de cette manifestation, organisée par la commission Emploi et Formation de La Mêlée Montpellier, en partenariat avec Montpellier Business School (MBS), la Région Occitanie, ou encore Pôle Emploi. Au programme de cette 2e édition montpelliéraine : tables rondes, meetups, speed coaching et autre job dating.

Car dans ce secteur en tension, les enjeux régionaux sont stratégiques.

« On compte plus de 20 000 emplois dans l'Hérault pour ce secteur, ce qui représente 1/4 des emplois de la région Occitanie, observe en préambule Eve Deloffre, représentant le préfet de l'Hérault, directrice adjointe de l'Unité départementale de l'Hérault à la Direccte. Nous sommes sur un champ très dynamique, avec une importante croissance de l'emploi. L'écosystème héraultais, et notamment l'écosystème montpelliérain, est très reconnu. Mais c'est un secteur qui a des difficultés à recruter. »

« Le marché est en retard »

Jean-François Sales confirme : « Le problème, c'est qu'il n'y a pas assez de gens formés aux métiers du numérique, comme développeur, codeur, community manager, data-scientist, data-analyste, etc. Parce que les entreprises du numérique recrutent, mais c'est toute l'économie qui a besoin de compétences numériques. Le marché est déjà en retard... Il faut dire aux collégiens, aux lycéens, aux femmes aussi de se lancer. Il faut aussi que les étudiants des filières traditionnelles se forment en complément au digital. On est là pour tirer la sonnette d'alarme. Dans les écoles, il faut continuer de battre le pavé pour sensibiliser aux besoins. Nous souhaitons que l'Observatoire du numérique que nous lançons crée l'alerte sur des métiers émergents et que les écoles s'en emparent pour former des étudiants ».

Les candidats à l'emploi (étudiants, demandeurs d'emploi et tout autre personne intéressée par les métiers du numérique) avaient la possibilité d'échanger avec les 18 entreprises venues pour recruter, parmi lesquelles on comptait Dell, Septeo, Sopra, CGI, Netheos, BuroStation ou encore Kaliop.

« Parmi nos critères de recrutement figurent les compétences techniques bien sûr, mais aussi le savoir-être, relate Aurélie Armand, directrice RH chez Kaliop (solutions open sources). Nous avons deux manières d'attirer nos futurs collaborateurs : donner à voir la qualité de la relation de travail et la qualité du contenu du travail. Nous avons privilégié une organisation de façon à ce qu'ils soient autonomes et se tirent vers le haut en matière de compétences et d'expertise technique. Nous favorisons la formation mais aussi la transmission informelle. »

Sans expérience

Selon Pôle Emploi, sur le bassin de Montpellier entre septembre 2017 et septembre 2018, les métiers de la maintenance informatique et bureautique ont recruté 36 % de CDI, 4 % de CDD, 8 % en intérim et 14 % en contrats aidés. Il est à noter que 67 % étaient sans expérience (la plupart des étudiants fraîchement diplômés), 23 % avec une expérience de moins de 3 ans, et 10 % avec une expérience de plus de 3 ans.

Dans les métiers du développement, 89 % des recrutements l'ont été en CDI, 3 % en CDD, 1 % en intérim et 10 % en contrats aidés ; 40 % étaient sans expérience, 35 % avec une expérience de moins de 3 ans, et 25 % avec une expérience de plus de 3 ans.

Enfin, les métiers d'administration réseau ont recruté 55 % de CDI, 3 % de CDD, 8 % en intérim et 7 % en contrats aidés ; 33 % étaient sans expérience, 37 % avec une expérience de moins de 3 ans, et 31 % avec une expérience de plus de 3 ans.

« La culture business doit intégrer la culture numérique »

La manifestation se proposait aussi de décrypter les évolutions des métiers et des modes de travail, et de mettre en relation les écosystèmes de l'emploi, des nouvelles formes de travail, de la formation et de l'éducation numérique et d'innovation.

« Les évolutions technologiques, ne serait-ce que sur les derniers mois, donnent le vertige, rien que dans l'intelligence artificielle par exemple, souligne Charles Pourreau, directeur associé chez Investisseurs Dirigeants Experts Associés, et enseignant en stratégie à MBS sur la table ronde "La formation et l'innovation managériale : les clefs vers le plein emploi dans le digital". La transition numérique bouscule les usages, crée de la donnée, mais aussi beaucoup d'incertitudes. L'expérimentation permet de réinventer de nouvelles offres et les outils numériques sont une bonne façon d'inventer de nouveaux modèles. Faut-il recruter des gens expérimentés ou pas ? Ce concept d'expérience peut être remis en cause... L'essentiel, c'est l'adaptabilité... À MBS, le numérique est intégré comme une matière d'enseignement avec des cours de programmation ou sur le big data, ce qui signale qu'il y a une vraie prise de conscience du fait que la culture business doit intégrer la culture numérique. Le numérique est aussi un support d'enseignement et fournit des outils collaboratifs pour les projets sur lesquels les étudiants travaillent en réel. »

Ludovic Charbonnel, cofondateur de ChallengeMe, plate-forme d'apprentissage par le partage de pratiques, souligne de son côté que « le numérique a amené beaucoup de changements. Aujourd'hui, l'information est disponible en masse pour se former, même si c'est avec des qualités inégales. Mais je ne crois pas au 100 % digital, le présentiel est toujours très important. Le digital est un accélérateur d'apprentissage ».

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