"bpifrance fait de la psychologie économique"

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Patrice Bégay, directeur exécutif de bpifrance
Patrice Bégay, directeur exécutif de bpifrance (Crédits : Christine Caville)
Après la publication récente de son bilan 2014, bpifrance annonce une nouvelle salve de projets en direction de l'innovation, des PME en croissance et même du monde sportif. Tour d'horizon avec Patrice Bégay, directeur exécutif de la banque.

Objectif Languedoc-Roussillon : bpifrance vient de révéler les chiffres de son activité en 2014. Quels enseignements en tirez-vous?

Patrice Bégay : Je rappelle que bpifrance est une banque de place, c'est à dire un partenaire, à la fois, des autres banques, des entreprises, des investisseurs et des régions. Nous faisons aussi, désormais, ce que je nommerais de la psychologie économique. Il faut redonner confiance, préparer la France de 2030. La confiance, cela implique d'associer le meilleur du public et du privé, sans a priori, de la start-up à la grande entreprise. Nous parlons "cash" à ces entreprises : c'est oui ou c'est non. Notre rôle est de les accompagner mais seules les entreprises qui innovent et qui se développent à l'international sont celles qui réussissent aujourd'hui. Pour bpifrance, la différence tient aussi à un réseau hors pair de quelque mille chargés d'affaires, qui forment un véritable maillage au niveau national. Notre initiative Bpi Excellence, qui rassemble la crème de la crème parmi nos 80 000 clients actifs, intègre 2 000 entreprises, et sans doute 3 000 en fin d'année 2015. Celles-ci représentent 440 000 emplois en France, et 57 Mds € de chiffre d'affaires.

Objectif Languedoc-Roussillon : Ce message est-il audible dans la conjoncture actuelle ?

Patrice Bégay : En tout cas, il est visible : nous avons choisi la couleur jaune dans notre marque pour cette raison ! Comme le tournesol tourné vers le soleil, c'est une marque optimiste. Elle vise à rappeler qu'il existe de belles aventures en France. L'accompagnement que nous assurons peut aller jusqu'au management d'une entreprise. Un chef d'entreprise est comme un sportif de haut niveau. Et nous, nous sommes l'Intersport des entrepreneurs  : on les équipe et on fonctionne comme un centre d'entraînement. Pour cette raison, nous avons créé, fin 2014, le "Hub Start-Up" pour les entreprises de Bpi Excellence (sur 11 sociétés sélectionnées, deux entreprises l'ont été en Languedoc-Roussillon : 1001Pharmacies et Sensorion - NDLR). Au 4e étage de notre immeuble, sur le boulevard Haussmann à Paris, nous leur réservons des salles de réunion, de conférence, etc. À bpifrance, nous partageons quatre valeurs proches du sport collectif : la simplicité, car il en faut dans la relation de travail ; la proximité, car tout se joue sur l'entraide et le goût du risque ; la volonté, car il faut se battre jusqu'au coup de sifflet final ; et l'optimisme, car dans la vie, il permet d'aller droit au but. À l'heure où les clubs sportifs voient les subventions publiques baisser, on peut leur être utile en les aidant à développer leur écosystème local. Ils ont souvent des clubs entreprises, mais à bpifrance, on en a 80 000... Nous pouvons donc faire de la mise en relation. C'est déjà le cas au Stade français, où le nom du club est accolé à celui de Bpi Excellence. Plutôt que de dépenser 300 000 € dans un spot de pub, une entreprise qui a un budget de communication peut, pour 50 000 à 100 000 €, s'assurer une belle visibilité dans ces clubs. Après le lancement de cette opération en 2014, nous avons déjà signé avec 42 clubs, dans toutes les disciplines, et toutes les divisions. Nous en aurons autant, à terme, que d'implantations territoriales, y compris en Languedoc-Roussillon...

Objectif Languedoc-Roussillon : Avez-vous de nouveaux projets dans l'innovation ?

Patrice Bégay : C'est un sujet à l'intersection de toutes les entreprises. Les aides que nous y avons consacrées en 2014 sont en hausse de 50 %. Pourtant, un problème subsiste en France : les petits ne parlent pas aux gros. Pour tenter d'y remédier, nous avons imaginé une opération baptisée Bpifrance Inno Génération (BIG), qui se déroulera les 10 et 11 juin à Paris. Le but est de rassembler plusieurs milliers de chefs d'entreprise, peut-être 10 000, sur deux jours. Nous aurons un plateau de plusieurs temps forts. "BIG Éco", des séminaires thématiques sur le numérique, les éco-technologies, les objets connectés, l'impression 3D, etc. "BIG Think", un show-room de l'innovation, avec des stands, des happenings, ou la finale de France Digitale (concours national ouvert aux start-ups numériques innovantes, NDLR). "BIG Up", un espace de business et de rencontres, avec un système de puces électroniques pour que les participants se connectent entre eux.  Et enfin "BIG Bang", une nouvelle salve avec une conférence plénière, la "Nuit du Futur", etc. Nous attendons 100 speakers de haut niveau, dont les patrons d'Airbus, de Dassault Systems, d'Accor, de Free, d'Axel Springer, de Sales Force US, de Criteo, de Parrot, ou encore de Cathay Capital, le premier fonds de private equity chinois.

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